‹ La politique expérimentaleChapitre 77 sur 122 · HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE. S · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'ASTRONOMIE. S

èe iNktre connaissance parlent en politique, comme le père Budée.

La méthode scientifique ne sert pas seulement à découvrir les lois de la nature, celles de la politique^ aussi bien que celles de l'univers matériel et du monde organique; elle sert également à les démontrer. Posséder la vérité ne suffit pas pour la faire admettre. De tout temps, certains groupes, certains hommes ont cherché à l'imposer par la force; c'est se servir d'un fusil qui recule ou plutôt qui éclate entre les mains. Quant à la persuasion, elle n'est obtenue que si les raisons et les moyens pouvant la faire naître sont susceptibles d'être compris. A cet égard, l'histoire de l'astronomie, dont nous allons retracer les principales phases, est pleine d'enseignements essentiels à méditer (i).

Les anciens considéraient la terre comme un disque plat, et l'univers comme un dôme solide tournant en vingt-quatre heures d'un mouvement uniforme autour de la terre. A cette voûte cristalline les étoiles étaient fixées •comme des clous de diamant.

Certains corps célestes ne se conformaient pas dans leurs mouvements à cette loi si simple : c'étaient le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, ceux •qu'on appelait en ce temps-là les sept planètes. On obser-

is'apercevant que depuis Dioscoride la science des végétaux n'avait fait aucun progrès, demandait à un professeur de faculté Vil n'existait pas d'autres livres où les propriétés des plantes fussent expliquées. Celui-ci répondit que sur cette matière « Galien et Âvicenne n'avaient rien laissé à désirer ». (Voir L. Figuier, les Savants iUustres.)

(1) Voir J. Bertrand, les Fondateurs de l'astronomie. — H. Paye, Sur Vorigine du monde, — Delaunay, Traité d'astronomie, — Confiict of religion and science ^ by Draper.

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9«8 LÀ MÉTHOBE 8'ÀPPUIE SUR L HISTOIRE.

vait que Theure du lever et du coucher de ces astres variait chaque jour : ils paraissaient décrire des cercles différents de celui du mouvement diurne. Pour expliquer ces anomalies, on supposa que chaque planète était fixée à une sphère transparente qui tournait autour de la terre eo sens contraire de la sphère des étoiles, tout en étant entraînée par celle-ci.

Quand de nouvelles observations sur les mouvements du soleil et de la lune, sur les stations et les rétrogradations des planètes, rendirent cette théorie insuffisante, on fut conduit à compliquer l^hypothèse. Eudoxe de Gnide, qui vivait au quatrième siècle avant notre ère^ attribua au soleil et à la lune trois sphères concentriques, animées de mouvements particuliers ; chacune des cinq planètes en eut quatre. Aristote porta plus tard le nombre des sphères à trente-six.

Ces rouages étaient par trop nombreux ; aussi Tastronomie grecque revint-elle à des idées plus simples. Avec Apollonius de Perga, Hipparque et Ptolémée apparaissent, entre le deuxième siècle avant et le deuxième siècle après Jésus-Christ, deux théories qui dans la suite se combinent ensemble. Dans la théorie de Texcentrique, la terre n'occupe pas le centre du cercle décrit autour d'elle ; dans celle de Tépicycle, chaque planète se meut sur une circonférence, nommée épicycle, dont le centre parcourt luimême la circonférence d'un autre cercle nommé dé férent .

Vains efforts 1 ces diverses constructions de l'esprit s'écroulent les unes après les autres. Il faut reconnaître toutefois que, dans leurs recherches, les astronomes grecs, demeuraient assez fidèles à la méthode scientifique ; s'ils n'ont pas abouti, c'est que le nombre des observations, les procédés de calcul et les instruments leur ont fait défaut. Le nombre des observations, l'expérimentation et la méthode font également défaut à la politique.

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Les astronomes grecs, comme nos moralistes et nos politiciens, s'efforçaient de sortir d'embarras par la complication des hypothèses ; mais, dans le labyrinthe où ils ^'engageaient, ils ne pouvaient réussir à trouver Fissue désirée. Les disciples de Zenon, les stoïciens, crurent atteindre d'un bond à la simplicité. Leur tentative fut plus vaine encore; car ils abandonnèrent, comme fit Platon, la méthode scientifique pour recourir à une entité. D'après eux, chaque planète serait conduite par une âme, qui la dirige dans sa route et qui Ty maintient. De telles explications sont fort simples, il est vrai ; mais elles sont trop faciles, et elles ont le défaut de ne rien expliquer du tout.

Et cependant, la théorie du système solaire était déjà pressentie depuis le sixième siècle avant notre ère. P^thagore disait que la terre est sphérique, qu'elle tourne sur elle-même en vingt-quatre heures d'occident en orient, et que le soleil est immobile au centre du monde, tandis que les planètes circulent autour de lui. Cette doctrine allait contre les apparences et choquait les idées religieuses du temps. Pythagore n'osa l'enseigner publiquement tout entière : il se borna à professer la rondeur de la terre, et ne s'expliqua sur son mouvement de translation qu'en présence de quelques initiés. Aristarque de Samos se fit le promoteur ardent de la théorie pythagoricienne (1). Il fut de tous les anciens, diaprés Laplace, celui qui posséda les idées les plus justes sur la grandeur de Tunivers. Pour lui, la terre n'était qu'un point dans l'espace. C'était faire déchoir la terre de son rang, et, par suite, dégrader l'homme lui-même, ce qui contrarie les cosmogonies de tous les pays et de tous les temps. Aussi, la persécution vint- elle l'atteindre : le stoïcien Cléanthe d'Assos l'accusa d'impiété pour avoir troublé le repos de Cybèle.

(1) 280 ans avant Jésus-Christ.

set Là MÉTHODE S'APPUIE SUR t^HISTOIRB.

Le système de Pythagore ne jouit d*aucuiie faveur^ tandis que celui de Ptolémée fut généralement accepté; L'heure de la théorie héliocentrique n'avait pas sonné en<^ core ; les hypothèses subjectives avaient pris un grand essqr avec Platon, et le moyen âge devait tout leur sacrifier. Cit^ question astronomique était-elle soulevée, on en cherchait la solution dans les écrits des Pères de TÉglise. La Bible ne disait-elle pas que Josué a arrêté le solei), que le ciel oit en haut et la terre en bas? Qu'étaient auprès de sembla^ blés '^témoignages les découvertes de la science ? Il fallait pourtant à la fin en tenir compte. Plutôt que de comprô»mettre la légende sacrée, Fracastorio expliquait encore, au seizième siècle, les mouvements des astres par la combi* naison de soixante-dix-neuf sphères transparentes emboîtées les unes dans les autres.

11 fallut à la fois une forte conviction et une grande prudence à Copernic pour reprendre une doctrine entiichée d'hérésie. Cette conviction, il l'avait acquise en étudiant en Italie sous des maîtres célèbres ; cette prudenée, il la poussa au point de garder son ouvrage inédit pendant trente années. On raconte que le premier exemplaire deia Révolution des corps célestes qui sortit de la presse lui Ait apporté en 1543 à son lit de mort. Dans cet immortel ^ouvrage, Copernic démontra que les mouvements des corps célestes par rapport à la terre peuvent n'être considérés que comme des apparences ; il établit que le soleil est immobile, que les planètes décrivent des cercles autour de lui, que la lune tourne autour de la terre et est emportée avec elle dans son mouvement de translation autour de Tastre central, enfin que notre globe tourne sur lui-même en vingt-quatre heures. Le livre des Révolutions fut condamné par la congrégation de ri ndex. -vy^

Il se trouva un moine dominicain, plein d'ardeur eli^lle

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