‹ La politique expérimentaleChapitre 85 sur 122 · LA DIVISION BU TRAVAIL. S · texte numérisé non relu

LA DIVISION BU TRAVAIL. S

sieurs segments qui grossissent après leur séparation et constituent autant d'individus identiques au premier : c'est ce qu'on appelle la fissiparité. Par le second procédé, il se forme à la surface de Torganisme des bourgeons qui se développent, de façon à ressembler au parent ; tantôt ces bourgeons restent fixés à leur souche, tantôt ils s'en détachent pour vivre d'une vie indépendante : c'est la gemtniparité,

La division du travail commence à se montrer chez divers polypes, ainsi que chez des bryozoaires et des ascidiens, lorsque la faculté de produire des bourgeons se localise en certaines parties du corps. En s'élevant dans la série animale, on voit la reproduction asexuelle disparaître (1); le développement du germe n'a plus lieu que sous l'influence d'une matière vivante, différente de ce germe. Dans le cas le plus simple, la conjugaison^ la génération sexuelle consiste dans la fusion de deux masses de matière protoplasmique, issues de parties différentes d'un même organisme ou de deux organismes de même espèce ; la masse unique qui résulte de cette fusion forme l'organisme nouveau.

Si Ton s'élève encore davantage, on aperçoit une différence morphologique marquée entre les deux facteurs du procédé sexuel, dont l'un devient l'élément mâle et l'autre l'élément femelle. Les deux organes, qui fournissent ces deux éléments, se trouvent d'abord réunis chez le même individu ; l'hermaphrodisme est complet : les ovules peuvent être fécondés par les spermatozoïdes appartenant au même animal. Tel est le cas pour les mollusquesj bi-

(i) Olte reproduction subsiste encore par atavisme, mais est de plus en plus limitée. Les salamandres reproduisent des membres, les lézards leur queue; les mammifères ne peuvent plus que reproduire des tissus pour réparer certaines blessures.

valveBy fixes et immobiles, cas assez restreint, c< la na^ ture, dit Darwin, ayant horreur d'une perpétuelle autofécondation ».

Souvent, sans que les sexes cessent d'être réunis, la di* vision du travail s'introduit parmi les individus delà même espèce, et Fanimal doit, pour se reproduire, agir tantôt comme mâle, tantôt comme femelle, à Tégard d'un autre individu. C'est la fécondation croisée de beaucoup de molr lusques gastéropodes.

En s'élevant encore davantage dans les séries zoologtques, on reconnaît que le même individu n'est plus à la fois mâle et femelle; il n'y a plus d'hermaphrodites, et l'activité génésique se concentre, chez la femelle, sur la production des ovules ; chez le mâle, sur l'élaboration des spermatozoïdes.

La différenciation continue à se faire de plus en plus entre les instruments chargés de créer ou d'employer les produits de Tun et l'autre appareil sexuel : on voit apparaître les organes de la reproduction, l'utérus destiné à nourrir l'embryon et l'appareil mammaire pour l'alimcn* tation des jeunes. En somme, la spécialité plus ou moins grande des instruments reproducteurs coïncide . avec le degré de perfection auquel doit atteindre le produit à créer (I).

Si certaines espèces animales ont atteint à la vie en société, à quoi le doivent-elles? A ce qu'elles ont eu spontanément recours à cette loi de l'organisation du travail, qui est une loi de Torganisation biologique. La solidarité et la prévoyance se manifestent chez les abeilles, chez les fourmis, avec une énergie dont beaucoup de sociétés hu-

(1) Voir MiLNE-ËDWARDS, fluxLBYj Carpenter^ Geoenbauer, etc.

Page 1