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LA DIVISION DU TRAVAIL

maines primitive» sont loin de fournir l'équivalent. Le soin de la prospérité publique a même dominé à un tel point r instinct sexuel, que la reproduction est devenue, par division du travail, une tâche affectée à certains individus seulement.

Ce sont surtout les fourrais qui sont remarquables à cet égard. « Les unes creusent, les autres sculptent, les autres bâtissent, les autres accumulent, un grand nombre chassent, quelques-unes récoltent et emmagasinent (1), celles-ci sucent le suc des fleurs^ celles-là broutent leur corolle; nous les voyqns ici se faire esclavagistes (2), là élever des pucerons, et tous ces actes divers sont susceptibles «de modifications sans limites, suivant les tendances héritées et les circonstances particulières (3). »

Si Téconomie politique est devenue une science, c'est parce que ses plus importantes lois ne se révèlent pas seulement dans la sphère de la production et qu'elles existent eneore dans le monde de la vie. Elle a donc édifié sur une base solide, et les politiques ne sauraient mieux faire à cet égard que d'imiter les économistes.

La division du travail n'existe pas à l'origine des sociétés humaines ; alors, comme au début de Tanimalité, la confusion des fonctions est la règle.

L'homme primitif exécute tous les travaux nécessaires

(1) Les fourmis laissent tomber quelques-unes des graines qu'elles vont chercher dans les environs. Dès que les jeunes pousses apparaissent mêlées à d^autres végétaux, elles coupent avec leurs mandibules, autour de leur nid, toutes les autres espèces de plantes, ne laissant pousser que l'espèce dont elles emmagasinent les graines.

(3) Mot^impropre écarté par l'auteur lui-même : les fourmis ne semblent pas reconnaître de chefs.

(3) Alfred Espinas, Us Sociétés animaUii p, 376.

à son entretien.il se nourrit, c'est le premier besoin ; il se défend contre rinclémence des saisons en se construisant un abri et en se couvrant de vêtement». Dans les climats torrides, la vie matérielle est plus facile; les superflus, c'est-à-dire les provisions, se forment plus aisément ; les échanges deviennent bientôt possibles, et^ à l'aide de ces échanges, la vie sociale s'établit. Elle se diffuse ensuite de proche en proche, et il n'est pas téméraire d'affirmer, comme le fait M. Paul MougeoUe, que la civilisation remonte vers le nord, c'est-à-dire que^ non seulement elle s'étend peu à peu vers les pôles, mais que son siège prin^ cipal se déplace, en raison de la supériorité que procurent aux races boréales de plus grands efforts pour triompher des obstacles naturels (1).

Les échanges ne sont pas toujours volontaires : les groupes de familles, de tribus, ont à défendre contre les voisins soit leurs provisions, soit le territoire de pêche ou de chasse qui les fournit. Chaque homme est ainsi, à la fois, guerrier, chasseur, pécheur, fabricant d'outils, char* pentier, maçon, etc. La seule différence tranchée entre les fonctions est celle qui accompagne la différence des sexes ; mais toutes les femmes accomplissent^ de leur côté, les mêmes travaux. La société ressemble donc à une masse homogène, dont toutes les parties jouent le même rôle^ et dont chaque partie peut se séparer sans dommage, parce qu'elle se suffit à elle-même.

Plus la civilisation se développe, plus la division du travail industriel augmente ; plus aussi les parties deviennent dissemblables et solidaires. Cette division se mani-> feste de différentes manières : les hommes appartenant à un même milieu se partagent les occupations industrielles ;

(1) La Statique des civilisations.

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