ENVOI DE ROSSO ET DE CAPINO
couper court aux négociations en annonçant aux Vénitiens que son collègue et lui allaient en écrire en Espagne (1).
Cependant, toutes les précautions avaient été prises. Les Vénitiens avaient renforcé leurs garnisons du Frioul et armé des vaisseaux ; le bruit courait même qu'ils avaient sollicité l'appui des Turcs ; le Pape avait fortifié les places du Parmesan et de la Toscane (2). En même temps, on avait dépêché des ambassadeurs auprès d'Henri VIII et de François I^r. — Dès le 2 mars, la Seigneurie écrivit à L. Orio que le secrétaire A. Rosso venait de partir pour la France (3) ; de son côté, Clément VII accrédita le capitaine de ses galères, P. Vettori, et, comme cet envoyé mourut subitement à son passage à Florence, il le remplaça aussitôt par un gentilhomme du marquis de Mantoue, Capino da Capo (4) ; enfin le pro-
(1) Doge à Lor. Orio, 2 mars, Brown, m, 1226. — Sanchez et Caracciolo à Charles V, 6 mars, Gayangos, m, 356. — Les mêmes au même, 8 mars, ibid., 357.
(2) L'abbé de Najera écrit à la date du 14 février que les Vénitiens ont augmenté leurs forces dans le Frioul, craignant sans doute d'être attaqués de ce côté par l'Archiduc. Gayangos, m, 337. — Le 22,' Caracciolo et Sanchez rapportent que la Seigneurie a envoyé des courriers à son ambassadeur à Constantinople, afin de demander aux Turcs des secours contre les Impériaux. IbicL, 344. — Le 10 mars, Najera avertit l'Empereur que les Florentins ont formé un corps d'observation sur la frontière gé)ioise et que le comte Guido Rangone est arrivé à Parme avec de l'infanterie. Ibid., 358. — Le commandeur Herrera est d'accord avec Najera : « Como la negociacion no le contento (le Pape), hizo hazer gente de pie y gente de cavallo para en guarda de Parma y Plazencia y Modena y algunos lugares de Florentines. » Let. du 16 mars, B. M. Add. ms. 28575, f" 152 v", et Gayangos, m, 363. — Le 14 avril, Najera dit qu'on s'occupe encore de fortifier Parme et que trois à quatre mille pionniers travaillent aux défenses de Plaisance; il ajoute que les Vénitiens arment des galères. Ibid., 385. — De son côté, Lope Hurtado avait écrit dès le 12 mars que le Pape et les Vénitiens avaient amassé de l'argent pour faire la guerre aux Impériaux et qu'ils ne manqueraient pas de les attaquer dès qu'ils en trouveraient l'occasion. Ibid., 359.
(3) Doge à Orio, 2 mars, Brown, ni, 1226. — Sanchez et Caracciolo à Charles V, 6 mars, Gayangos, m, 356.
(4) Guicciardini, liv. xvi, p. 355. — Clément VII à François l", h Madame et à Duprat, l'^^"' mars, Balan, n"' 169 à 171. — Giberti à Montmorency, 1" mars, Molini, Doc. Stor., i, p. 200. — Ghinucci à Wolsey, 4 mars, B. M. ms. Cott. Vitel. B viii, f" (20) 25 et Buewer iv, 2008.— « Su Sanad despacho para el christianissimo Rey a Paulo Vittor, capitan de sus galeas, con color de yr a visitar y darle la enhora buena de su libertad..; y llegado el diclio capitan a Florencia adolecio y murio, alli despues enbio su Sanad en su lugar uu gentilonbre del marques de Mantua que se dizs Capin, el quai a ydo dos vezes a V. Mad por parte del dicho marques e vino poco a de alla ; Ileva lo mismo que el otro y aqui se sospecha que hay mas de aquello. » Herrera à Charles V, 16 mars, ut sup., f'* 151 v et 152 r". — Ce Capino était en effet