‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 124 sur 225 · FRANÇOIS 1^1' A BAYONNE (17 MARS · texte numérisé non relu

FRANÇOIS 1^1' A BAYONNE (17 MARS

Madril où s'est faicte la conclusion de la paix » ; elle en prit prétexte pour n'en pas dire davantage sur les particularités de la paix et « pour remectre toutes choses » à l'arrivée de son Maître d'hôtel (1). D'ailleurs, en dépit de ces assurances, elle différa encore l'envoi de ce dernier : aux représentations que lui fit Taylor quelques jours après, elle répondit une fois de plus qu'elle ne connaissait pas le traité, et qu'aussitôt instruite de ses clauses elle se ferait un devoir de les communiquer au gouvernement anglais (2).

Le 18 février, la cour se rendit à Amboise où se trouvaient les enfants de France, et Madame emmena avec elle les deux aînés qu'elle allait échanger contre leur père. A Bléry, Taylor fut admis à les visiter ; tous deux l'embrassèrent et lui demandèrent des nouvelles du roi d'Angleterre et du Cardinal, auxquels ils le prièrent de les recommander (3).

Tandis qu'on s'acheminait lentement vers Bayonne, à cause de la goutte qui tourmentait Madame, cette princesse promit plusieurs fois à Vaulx, désespéré des délais apportés à son départ, qu'elle le dépêcherait à Barbczieux ; puis, une fois dans cette ville, elle prétendit qu'il fallait attendre Robertet. Comme celui-ci, fort incommodé de la cataracte, ne devait joindre la cour qu'à Bayonne, J. Joachim mit à profit ces loisirs forcés pour se rendre à Bordeaux et y presser la signature de l'obligation du Corps de ville (4).

Le 15 mars au soir. Madame fit son entrée dans Bayonne à la lumière des flambeaux et au bruit du canon. Taylor la vit le lendemain. Elle lui demanda de prendre patience pendant deux ou trois jours encore, l'assurant qu'elle n'attendait plus que la délivrance du Roi pour donner son congé à M. de Vaulx (5).

Ce fut le 17, à trois heures du soir, que François I^r arriva à Bayonne. L'ambassadeur anglais, qui s'était porté à sa rencontre jusqu'à un quart de mille de la ville, lui fut présenté par le Chancelier. Le Roi l'embrassa, et, après avoir reçu ses félicitations et lui avoir promis de l'entretenir plus à loisir, l'assura qu'il n'oublierait jamais les bontés d'Henri VIII pour lui. A Jean Joachim, il dit qu'il vénérait Wolsey à l'égal d'un père. Il fut convenu que le Maître d'hôtel allait être dépêché en diligence avec une appro-

(1) Madame à Briiion, 16 févrior, P. J., lviii.

(2) Taylor à Wolsey, 28 février, ut sap.

(3) Ici.', ibid.

(4) Taylor à Wolsey, 4 mars, Rec. Of. Brewei!. iv, 2009.

(5) Taylor à Wolsey, 18 mars, Ei.lis, 2d Ser.. t n, pp. .331.332.

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