INSTRUCTIONS ANGLAISES DU 4 MAI
nécessaires pour en passer le traité seraient envoyés incessamment à leurs représentants à Londres. Il était cloue expédient que le roi de France n'y mît pas davantage de retard et qu'il en envoyât sa commission à ses ambassadeurs en Angleterre.
Enfiuj lorsqu'il se serait déclaré, Henri VIII serait content de s'unir plus étroitement au roi de France et de conclure avec lui une ligue offensive et défensive valable pour tous les pays situés en deçà des monts et destinée à poursuivre à la fois la délivrance des otages, le paiement des dettes anglaises et la satisfaction de ses droits sur la Castille et Léon.
Voilà les décisions auxquelles s'était arrêté le Conseil d'Angleterre et qui, après avoir été déclarées aux ambassadeurs français a Londres, durelit être communiquées directement au roi de France par sir Thos. Cheyney et son collègue Taylor. — Mais, outre ces ouvertures officielles, les représentants anglais eurent l'ordre d'en insinuer d'autres, qu'il leur fut recommandé de présenter comme de simples offres de service de Wolsey.
Un de ces conseils officieux se rapportait à la négociation d'un traité solennel destiné à régler tous les anciens différends pendants entre les deux Rois ou leurs prédécesseurs et à établir un accord perpétuel des deux royaumes. S'il venait jamais de France des propositions raisonnables à ce sujet, le Cardinal se faisait fort d^assurer le succès de l'affaire ; il ajoutait qu'une fois les conditions discutées et convenues, il ne serait pas impossible que les deux souverains n'en achevassent en personne la conclusion dans une entrevue sans cérémonie.
La question du mariage de François 1er avait aussi éveillé la sollicitude du ministre anglais. A l'entendre, une femme plus jeune qu'Éléonore, d'un meilleur caractère, mieux élevée, plus belle et plus vertueuse conviendrait mieux au roi de France ; s'il savait jamais que ce fût là son désir, il s'emploierait très volontiers en sa faveur. — A moins de la nommer, il était impossible de désigner plus clairement la princesse d'Angleterre (1).
François 1er, quj j^'^^t sans doute pas hésité à rompre avec ses alliés, si l'Empereur eût consenti au sacrifice de la Bourgogne,
(1) A rapprocher de la lettre (I(> Wolsey h Madame coiiJiée vers le même temps à Briuoii. P. J., lxi.