‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 134 sur 225 · HOSTILITÉS EN ITALIE (.JUIN 152G · texte numérisé non relu

HOSTILITÉS EN ITALIE (.JUIN 152G

Les Italiens n'avaient pas attendu l'accomplissement de ces formalités pour engager les hostilités. Depuis longtemps déjà, le Pape et les Vénitiens s'étaient préparés à marcher au secours du duc de Milan, toujours assiégé dans le château de Milan et réduit aux dernières extrémités (1). Tandis que le châtelain de Mus et Tévéque de Lodi faisaient des levées dans les Cantons, le comte Guido Rangone avait assemblé dans les duchés des fantassins et des hommes d'armes, auxquels Jean de Médicis avait joint ses bandes noires ; c'était là le noyau de l'armée pontificale, dont devait être commissaire l'historien Fr. Guichardin, président des Romagnes (2). En môme temps, des troupes vénitiennes s'étaient réunies dans la Lombardie orientale sous le commandement du duc d'Urbin (3). 11 ne manquait plus que les secours en hommes et en argent promis par le roi de France (4). Sans les attendre, les deux armées eiïectuè-

Rosso, 11 juillet, n» 1350, et de la mention consacrée à cette publication par CicoGNA {Isa. Venes., t. iv, p. 20).

(1) Ghinucci à Wolsey, 26 mai, B. M. ms. Cotton. Vitell. B vm, ï° (53) 64, et Brewer, iv. 2202, et le même au même, 1" juin. Rec. Of. Brewer, IV, 2221. — Le ms. italien 14S8 de la B. N. contient sous le n° 24 une pièce intitulée « Provisioni per la guerra che disegnô Papa Clémente VII contra rimperatore Carlo V ». Ce document non daté doit être rapporté à cette époque, aux derniers jours de mai ou aux premiers jours de juin 1526.

(2) Ghinucci à Wolsey, 1" juin. Rec. Of. Brewer, iv, 2221.— J. Casai à Wolsey, 5 juin, Rec. Of. Brewer, iv, 2227. - « El Papa ha andado todos estos dias provehiendo dearmarse, enbiando a Suyça al obispo de Lodi yâlVerulanoyfecho quantas provisiones le parecian necessarias, continuando al solito la intelligencia con Venecianos... El conde Guido tiene ya en Modena seys mil infantes y haria mas...,; Joanin de Medicis haze otro très mil infantes... El Guarchardino parte de aqui oy y va por commissario del exercito, de que afîrman que seran cabos el conde Guido y el duque d'Urbino... El coude Guido haya cavalgado y tomado la buelta de Plazencia, y Venecianos dizen que mueveii la via de Milan vernanse entreteniendo fastâ que lleguen Suyços ; todo el dinero que agora corre por la parte del Papa sale de Florencia, los quales dizen que pueden gastar quatrocientos mil ducados y Su San=* réservera el suyo para mayor necessidad. » Sessa à Charles-Quint, 7 juin, B. M. Add. ms. 28575, f" 232 r» à 236 r», etGAV.,iii,447.— Cf. aussi GuicciARDiNi. 1. xvii, t. II, p. 370; Sanga à Gambara, 19 juin, LetL l>rinc., t. I, f- 209 à 212; Mignet, t. ii, p. 211, d'après Nie. Raince à François I", 9 juin, B. N. ms. fr. 2984, f" 17.

(3) GuicciARDiNi, ut su/)ra. — Seigneurie à Spiuelli, 27 juin. Rec. Of. Brewer, iv, 2285. — J. Casai ;i Wolsey, 5 juin, ut saji.

(4) Il parait qu'au milieu de juin François l'^' autorisa Capino ii touchiM' ù Lyon de l'argent pour lever les Suisses (cf. Taylor à Wolsey. 18 juin, ut supra); mais il refusa de se rendre en personne dans celte ville pour y assembler une armée, ainsi que le lui demandaient les Italiens. Cf. Rosso à Seigneurie, 27 juillet, Brown, m, 1365.

Jacqueton. Louist' iJf Saroir. 19

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rent leur jonction le 28 juin à Lodi, enlevé peu de jours auparavant par les Vénitiens, et marchèrent sur Milan, dont quelques milliers de soldats mal payés contenaient difficilement la population toute dévouée à Sforce et excédée de la tyrannie des Impériaux (1). Réduits par les désertions et les maladies, sans solde et sans chef, dispersés par petits groupes dans le Piémont et dans la Lombardie, dont les habitants les exécraient, ceux-ci semblaient voués à une défaite certaine et Charles-Quint était menacé de perdre en quelques semaines ce duché de Milan qu'il avait mis plusieurs années à conquérir.

(1) GuicciAHDiNi, loc. cit., pp. 373 à 376. — Giberti à Garabara, 30 juin, Lett. Princ, t. i, P 221 r". — Caïupeggio à Wolsey, 8 juillet, B. M. ms. Cotjjon. Vitel. B viii, i° (92) 110, et Breweu, iv, 2304. — Sur les soulèvements qui éclatèrent alors à Milan et sur l'état de dénuement de l'armée de Charles-Quinl, cf. dans ÏArc/u'rio Storiro Italiano, ni, pp. 449 et suiv., le journal du bourgeois milanais Burigozzo, et dans Gayancos les lettres des agents impériaux, spécialement les n"" 462, 464, 465, 467, 468, 470. 471, 472, 473, 475, 479, 481, 485 et 489.

Le moment est venu de conclure, c'est-à-dire de déterminer et d'exposer les résultats pratiques auxquels étaient parvenus, après ces deux ans de négociations, les gouvernements de France et d'Angleterre.

Et d'abord, quels sont ces résultats au point de vue français?

Une première impression se dégage nettement, c'est que Louise de Savoie sut acheter la paix à bon marché, et que, cette paix faite, elle sut tirer de l'alliance anglaise un merveilleux parti.

Avant la bataille de Pavie, elle fut sur le point de traiter sans bourse délier ; sa fermeté aidant, tout se serait borné à la reprise du paiement des vieilles dettes. La défaite et la captivité du Roi étant survenues, la négociation fut rompue. C'est ici qu'il faut admirer la sagesse de la Régente. Cette rupture, elle eût pu l'éviter en faisant aux Anglais des concessions, en leur livrant des places en Picardie. Dans des conjonctures aussi graves, une semblable conduite eût été excusable; on aurait pu voir dans l'abandon de quelques lieues carrées de territoire un sacrifice nécessaire. Madame en jugea autrement. Chez elle, pas d'affolement sous le coup du désastre, pas de précipitation, pas de résolution désespérée. Tout bien pesé, l'amitié d'Henri VIII ne lui parut pas valoir un pouce de terre française. Elle laissa renvoyer ses ambassadeurs.

L'événement lui donna raison. Après deux mois perdus en vains efforts, les Anglais furent réduits à lui faire des avances. Elle no les repoussa pas, mais elle affirma de nouveau son intention bien arrêtée de ne pas accorder autre chose que de l'argent. Henri VIII et Wolsey cédèrent. La paix de Moore fut conclue sur les bases indiquées par la Régente. Deux cent mille écus environ, à peine quatre cent mille livres, le sixième du principal de la taille, voilà tout ce que coûta au royaume l'alliance de l'Angleterre. Ce n'était vraiment pas trop cher.

D'autant que, grâce à Louise de Savoie, la France en eut pour son argent. Le traité n'était pas encore signé qu'il était déjà escompté. La diplomatie de Madame en faisait son profit en Italie et en Espagne : ici, on en menait grand bruit pour affermir le Pape et les Vénitiens dans leurs velléités de résistance à l'Empereur; là, on en parlait plus haut encore pour arracher aux Impériaux des conditions moins dures, — La Régente joua ce double jeu jusqu'à la délivrance du Roi. Se servant des Anglais, tantôt comme d'auxiliaires et tantôt comme d'épouvantails, elle trouva en eux les instruments les plus dociles'et lés plus puissants de sa politique.

Il en fut de même après le traité de Madrid. L'espoir d'être soutenus par l'Angleterre pesa d'un grand poids dans la détermination à laquelle s'arrêtèrent alors les Italiens. La Ligue de Cognac peut être considérée comme l'œuvre commune delà diplomatie anglaise et de la diplomatie française ; l'appui persévérant que la première prêta à la seconde compta pour beaucoup dans le succès final.

A cette date, en mai 1526, l'Europe occidentale, comme en 1521, est unie contre un seul État, mais cet État a changé. C'était alors la France qui se voyait l'objet de toutes les méfiances et de toutes les attaques. A présent, c'est l'Espagne. François I^r, auparavant au ban de l'Europe, l'a maintenant derrière lui dans sa lutie contre la maison d'Autriche. — Sans l'alliance anglaise. Madame eût-elle été à même de bouleverser aussi promptement et aussi complètement le groupement des forces dans l'Europe occidentale?

A considérer la situation au point de vue anglais, on arrive à des conclusions qui sont l'exacte contre-partie des précédentes. — Autant la politique de Madame a été ferme et habile, autant celle d'Henri VIII et de Wolsey a été inconsistante et maladroite. Des deux idées dominantes et directrices qu'on y peut démêler, aucune ne fut réalisée d'une manière satisfaisante.

La première, qui mérite, à peine le nom d'idée, était de vendre la paix au plus haut prix, de tirer de France des rentes toujours plus grosses. — On a vu quel misérable avantage ils remportèrent de ce côté.

La seconde avait une tout autre valeur politique. C'était l'idée de médiation et d'arbitrage dont nous avons parlé plus d'une fois. Pour la faire triompher, il fallait se tenir sur la réserve et éviter soigneusement de s'engager à fond avec un parti ou avec l'autre ; il fallait en même temps assurer l'équilibre des forces des adversaires en présence et empêcher que l'un des deux parvînt à écraser l'autre. En appliquant ce programme avec quelque esprit

de suite, il était à espérer qu'une médiation deviendrait, non seulement possible, mais nécessaire. Après s'être épuisés en entreprises stériles, les belligérants seraient enfin réduits à subir les conditions que leur dicterait, à son plus clair bénéfice, le courtier honnête resté en dehors de la lutte.

A n'en pas douter, Henri VIII et Wolsey aspirèrent à jouer ce rôle d'arbitres suprêmes. Ils s'y essayèrent à diverses reprises. Mais ils avaient affaire a forte partie. Ni les Impériaux, ni les Français ne se souciaient de leur soumettre leurs différends ; des deux côtés, on éluda par des défaites leurs offres empressées de bons offices. Charles-Quint qui n'avait rien à ménager, les repoussa assez brusquement. Madame y mit plus de façons; elle protesta de sa reconnaissance et assura .que son fils et elle attendaient tout des bontés du roi d'Angleterre ; mais le résultat fut le même ; en dépit de ces belles paroles, elle ne tint pas plus compte que l'Empereur de ses bons amis les Anglais. Dans les négociations qui précédèrent le traité de Madrid en particulier, la diplomatie anglaise essuya un échec éclatant. L'accord du 14 janvier 1526 se fit malgré les Anglais et sans qu'ils y eussent été appelés. En Italie, où ils lui étaient utiles, la Régente ne jurait que par eux ; en Espagne, où ils l'auraient entravée, elle les écarta de propos délibéré.

La rupture de la paix ainsi conclue sans eux fut, à dater de ce moment, le but de la politique d'Henri VIII et de Wolsey. Pour la précipiter, ils n'épargnèrent rien. François 1er et sa mère la désiraient trop eux-mêmes pour résister longtemps à leurs sollicitations. Mais ils eurent l'adresse de compromettre leurs nouveaux alliés. Lorsqu'ils refusèrent de mettre à exécution le traité de Madrid, ils pouvaient alléguer pour excuse la consultation en forme élaborée par le Conseil privé d'Angleterre, dont nous avons donné l'analyse.

Quoi qu'il en soit, vers la fin du mois de juin 1526, le but poursuivi par les Anglais semblait atteint. Le danger, un moment imminent, d'une alliance étroite de l'Empereur et du roi do France n'était plus à craindre ; le traité de Madrid, qui avait paru consacrer l'union des deux plus puissants souverains de la chrétienté, était déchiré. Au lieu de former la vaste fédération d'États vassaux de son empire, que Charles-Quint avait sans doute rêvée, et qui eût été si menaçante pour l'Angleterre, l'Europe continentale était divisée en deux partis de forces à peu près égales, et prêts à se faire une guerre acharnée. Seuls, les Anglais restaient libres de tout engagement. Bien qu'ils n'eussent cessé d'encourager sous

main les Italiens et les Français, ils ne s'étaient pas encore officiellement démasqués ; la conclusion de la Ligue de Cognac avait eu lieu sans qu'ils y prissent part. Spectateurs désintéressés de la lutte, et faisant profession de l'amitié la plus sincère à la fois pour les confédérés et pour Charles-Quint, Henri VIII et Wolsey apparaissaient comme les médiateurs indispensables de la paix future.

Mais ce succès était plus apparent que réel. La situation privilégiée de l'Angleterre ne pouvait être maintenue que par l'observation de la neutralité la plus stricte. — Or, le gouvernement d'Henri VIII ne sut pas conserver son indépendance. Il tomba du côté vers lequel il penchait ; il fit en 1526 et en 1527 au profit des ennemis de l'Empereur ce qu'il avait fait pour celui-ci en 1521 et en 1522 : il abandonna peu à peu la neutralité et devint partie au débat dont il eût voulu rester le juge. — La chose ne tarda guère.

Dès l'hiver de 1526, anxieux de prévenir tout projet d'alliance matrimoniale entre François I^"" et Charles-Quint, Henri VIII fit un pas décisif et se découvrit irrémédiablement. Il offrit au roi de France la main de sa fille Marie et chargea son ambassadeur auprès de lui de négocier un traité de ligue offensive et défensive contre l'Empereur. Au cours du printemps de 1527, une ambassade extraordinaire, composée de l'évèque de Tarbes, du vicomte de Turenne et du président le Viste, passa le détroit pour arrêter les termes de l'alliance. Le traité en fut signé le 30 avril à Westminster. On convint que la princesse Marie épouserait François I^r, ou, à son défaut, le duc d'Orléans, son second fils ; la paix entre les deux royaumes fut déclarée perpétuelle et Henri VIII renonça, en échange d'une redevance annuelle de 50.000 écus, aux droits qu'il prétendait sur la couronne de France. Quant à Charles-Quint , il fut décidé que des ambassadeurs anglais et français iraient le sommer de rendre les princes français contre une rançon de 2.000.000 d'écus d'or et de payer les sommes empruntées au roi d'Angleterre; s'il répondait par un refus, les ambassadeurs lui déclareraient la guerre au nom de leurs souverains et ceux-ci engageraient aussitôt les hostilités aux Pays-Bas et en Italie. — Moins d'un mois plus tard, une nouvelle convention, celle du 29 mai 1527, modifia ce plan de campagne. On renonça à envahir les Pays-Bas, et au lieu d'envoyer des soldats sur le Continent, Henri VIII promit de payer une contribution mensuelle de 32.000 couronnes pour l'entretien de l'armée d'Italie, que

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François P"" dut renforcer de 1000 hommes d'armes et de 80.000 fantassins.

L'Angleterre était dès lors engagée sans retour. Ce fut en vain qu'au cours des négociations poursuivies en Espagne durant l'hiver de 15.27, ses représentants, Ghinucci et Poyntz, affectèrent de se tenir à l'écart des autres ambassadeurs et de jouer le rôle de médiateurs impartiaux entre les Impériaux et les confédérés. L'attitude de l'Empereur déconcerta sans peine ces efforts suprêmes de la diplomatie anglaise, dont les déclarations de Westminster, bientôt sanctionnées à Amiens par Wolsey en personne, montraient assez le peu de sincérité. En dépit de leurs résistances et de leurs atermoiements, les ambassadeurs anglais se virent contraints de céder aux instances de leurs collègues et de déclarer solennellement, de concert avec eux, la guerre à l'Empereur.

Le désir de mettre obstacle au triomphe menaçant de Charles- Quint n'aurait pas suffi pour déterminer Henri VIII et Wolsey à s'unir publiquement aux ennemis de l'Empereur. Cet abandon de leur ancienne politique et l'adoption d'une ligne de conduite nouvelle, moins flatteuse pour leur amour-propre et plus onéreuse pour leur trésor, avait une autre cause, qui était le dessein formé par le roi d'Angleterre de rompre son mariage avec Catherine d'Aragon et d'épouser Anne Boleyn. Que l'idée de ce divorce ait été inspirée à Henri VIII par les agents français ou qu'elle soit née spontanément dans son esprit, c'est là une question controversée et dont la solution ne nous offre qu'un assez mince intérêt. Ce qu'il importe de constater, c'est qu'à compter des premiers mois de 1527, cette considération semble dominer la politique anglaise. S'assurer à tout prix l'alliance de la France contre l'Empereur, qui ne manquerait pas de s'opposer au renvoi de sa tante, et ses bons offices auprès du Pape, qui aurait à juger l'affaire, tel paraît avoir été depuis cette date le but constant de la diplomatie du roi d'Angleterre.

Parla, François I" et sa mère, qui avaient été jusqu'alors dans la dépendance d'Henri VIII, devinrent maîtres de la situation. Ils profitèrent de leur avantage. Après lui avoir arraché de grosses sommes pour les armées d'Italie, voyant les défaites succéder aux défaites, las de la guerre, et trouvant l'Empereur disposé à accepter les conditions qu'ils n'avaient cessé de lui offrir depuis la délivrance du Roi, ils n'hésitèrent pas à traiter avec Charles en lui abandonnant tous lem^s alliés. Henri VIII, toujours préoccupé de ne pas s'aliéner le gouvernement français, n'eut garde de s'opposer

à celte paix, bien qu'elle dût mettre le Pape à la discrétion de Charles-Quint. Il envoya des plénipotentiaires à Cambray, et, lorsque l'accord franco-espagnol eut été signé sans que ces commissaires eussent pris part à sa négociation, il se vit contraint d'accepter toutes leurs exigences. Bien plus, désireux de se concilier l'appui de François P' auprès des Universités de France, dont il voulait obtenir des avis favorables sur la nullité de son mariage, il ne recula pas à faire en sa faveur de lourds sacrifices pécuniaires.

Servis par les circonstances, François I"'' et Louise de Savoie réussirent ainsi à tirer de leur entente avec l'Angleterre tout le profil qu'ils s'en pouvaient promettre. Tant que dura la guerre, le gouvernement anglais mit à leur service l'influence de sa diplomatie et les ressources de son trésor ; à la paix, ils se dégagèrent sans difficulté de l'alliance d'Henri VIII, dont ils conservèrent l'amitié en dépit de leur accord avec son ennemi.

Le concert anglo-français, qu'un si rude coup n'avait pas ébranlé, devait durer longtemps encore. L'œuvre de Madame lui survécut pendant bien des années. La paix qu'elle avait signée fut de beaucoup la combinaison diplomatique la plus durable du règne de François l'^r. Elle ne fut rompue qu'en 1543, dix-sept ans après sa conclusion. Outre les bénéfices très appréciables qu'ils procurèrent sur le moment au royaume, les traités du 31 aoiît 1525 eurent donc un autre avantage ; ils furent le point de départ d'une longue période de relations pacifiques et de libre commerce entre la France et l'Angleterre. Loin de consacrer un rapprochement de circonstance, sans conséquence et sans avenir, ils créèrent une entente cordiale d'une portée et d'une durée considérables. Voilà ce qu'il ne faut pas oublier lorsqu'on veut pleinement apprécier leur importance historique.

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