XI. — 26 JUILLET
que, avant que ceste lectre soit jusques à vous, vous, Chancellier, serez arrivé en Angleterre et que, tout après, vous aurez entièrement arresté et conclud ce que vous avez en charge et. commission de faire, j'ay bien voullu vous faire savoir de mes nouvelles. Et, pour le premier, commenceray à vous prier tous deux que le plus tost que vous pourrez vous mectez fin et totalle conclusion en ce traicté que vous avez en main, en manière que, ladicte conclusion faicte, incontinent après la publicacion d'icelle se face entre les roys et royaumes de France et Angleterre ; et que de tout vous me donnez adviz par courrier exprès, et vous me ferez plaisir.
Au surplus, je vous ad vise que j'ay envoyé aux ambassadeurs d'Angleterre qui sont en la court de l'Empereur le paquet de lectres que vous, S^' de Vaulx, avez envoyé, et donné tel ordre qu'il leur a esté seurement porté et qu'il n'y a point eu de faulte.
Au demeurant, en tant que touche les praticques d'Ytallye, tant de Venise, de Romme, que duc de Bar, elles sont en très bons termes, et, par ce qui m'en est venu de l'évesque de Bayeux, du comte de Carpy, de Mess" Laurens Tuscan et d'ailleurs, je voy tous ces potentatz résoluz et délibérez d'entrer en ceste Ligue et confédéracion, qui se praticque, comme savez, pour la defïence d'Ytallye et réprimer la grandeur dudit Empereur et des Espaignolz ; les insolences desquelz, avecques les pilleries et autres innumérables maulx qu'ilz ont faitz et font par tous les lieux où ilz passent, ne se pevent plus tollérer ne souffrir pour estre insupportables; désirans que ceste paix où vous estes ordonnez se vnyde le plus tost que faire se pourra, espérant que le roy d'Angleterre pour l'intérest commun qu'il pourroit avoir en la ruyne d'Ytallye y entrera facilement après.
Messes, en faisant la présente, j'ay eu lectres et nouvelles du S"" Douarty, qui est devers Madame Marguerite, de l'abstinence de guerre et deppost d'armes qui a esté faicte, conclucte et accordée par les depputez d'elle et luy. Et, affin que vous voyez la forme d'icelle, je vous en envoyé le double, affin que vous le monstrez à Mons'' le Cardinal, luy faisant bien entendre que ce que fait a esté est principallement pour mieulx et plus facillement ayder et assister à ritallye que pour nulle autre cause. Et oultre cela, semble que l'Empereur de sa part désire que pareille abstinence de guerre se face, dont vous l'advertirez pareillement. Priant Dieu, Mess''-^ qu'il vous ait en sa saincte garde.
Escript à Lyon, le xxvi'^ de juillet.
LOYSE. ROBERTET
xii. — 29 JUILLET 1525 323
29 Juillet 1525.
Br'lnon et Jean-Joachim à Madame.
Ar. Nat. J 965, 3, 4; Biiewer, IV, 1525. — Original. Au dos : A Madame.
Madame. Jeudi dernier xxviime de ce mois vinsmes de Londres en ce lieu de Richemont où Mons^" le Révérendissime s'estoit retiré pour le danger de la peste, et de relevée vers les deux heures luy présentâmes premièrement voz lectres de créance, laquelle nous lui exposâmes par une harengue latine bien au long, et à part luy déclarasmes que avyons aultres voz lectres secrètes à luy adressantes que luy présenterions en temps et lieu. Sa responce plaine de bonnes et gracieuses paroUes randue, entrasmes au principal propos et continuasmes le jour d'hier.
Prenïièrement, quant aux deux milions de couronnes, luy persuadasraes par plusieurs raisons de se contenter des trois parties, c'est assavoir, de la reste du milion de Londres, de la partie de Tournay et de l'obligation des généraulx ; desquelles troys seroit faicte une masse payable l™ couronnes xxx jours après la publication et c"^ couronnes par an à deux termes, c'est assavoir, aux jours premiers de novembre et de may, payables en escuz sol. à xls. l'escu. — Secondement, de vouloir estre content, si aucune chose restoit à payer de la masse après le trespaz du roy d'Angleterre son maistre, il fût payé à raison de xxx^ couronnes pour le regard du milion de Londres et de Tournay, et, quant à l'obligation des généraulx, les aultres parties perpayées, se pàyast à raison de vu™ escuz sol. par an, jusque à l'entière parpayé, selon la teneur de l'obligation desdits généraulx, et qu'il fût content que l'obligation des marchans, sur laquelle auret esté fondée ladicte obligation des généraulx, nous fût cédée et ce qui restoit à payer nous fût délivré.
Sur lesquelz deux pointz, qui ont esté par deux jours et longuement débatuz, quant aux deux millions de couronnes, il nous a dit pour résolution qu'il avoit fort labouré et travaillé, plus que en affaire qu'il ait jamais mené, de divertir son maistre de nous faire la guerre et que de ce faire il avoit esté et estoit solicité de toutz coustés, et encores plus de appointer avec nous sans avoir terres ; que pour y parvenir, il avoit fait fondement de ladicte somme de deux milions