XII- — 29 JUILLET
de couronnes et qu'il avoil estraint jusquesau bout et qu'il ne falloit parler de moindre somme. Quant à la somme payable content xxx jours ou aultre peu de temp^ après la publication, veu que des arréraiges deuz et esclieuz de Londres et de Tournay nous debvions bailler au Roy son maistre quatre cens cinquante six mille couronnes, il nous faisoit grâce de se contenter de cinquante mille couronnes content et que le reste fût mis en masse. Quant à l'estimation des escuz sol., nous a dit que par les derniers traictiés prochain précédens, et nous en a monstre deux lectres, ilz estoierit estimés à xxxvin solz; pour riens il ne haulseroit l'estimation et que plustost il perderoit le braz et que se le faisoit on le tiendroit pour ung rêveur et auroit-on cause de le faire, veues les estimations précédentes; et que à la vraye valleur et purité de l'or l'escu sol. ne valloit plus ne debvoit estre évalué à plus haulte somme; et que en luy baillant en escuz à la couronne le nombre convenu, c'est assavoir lesdits l™ content et cm escuz couronne par an^, il se contenteroit, et si ne s'en trouvoit eu France que on en feroit bien forger. Sur ce point a esté longuement et par plusieurs raisons et remonstrances insisté, sur lesquelles nous avons laissé dormir ledit Révérendissime. Et fînablement ne a esté possible de y riens gagner, ne à la sonmae que resteroit payable aux successeurs après la mort du Roy moderne qu'elle ne monstast l^ couronnes par an ; et à la vérité, tant que les payes du milion de Londres et de Tournay dureront, par les traictés précédens la France estoit redevable par an en cent cinquante mille francs.
Après longues disputations, l'accord a esté aux deux milions de couronnes, qui est la somme de laquelle avoit esté pourparlé et depuis escript par moy, Joachin, payables cinquente mille couronnes ung mois après la publication et c™ couronnes par an à deux termes, c'est assavoir, au premier jour de novembre prochainement venant l^ couronnes, au premier jour de may ensuivant Lm couronnes et ainsi de an en an jusques à fin de payement, lesdictes couronnes à estimation de xxxv solz monnoye de France, qui se payent en escuz sol. à xxxvin solz l'escu qui est la valuation des contractz précédens. Ladicte masse persolve, ladicte somme de cm couronnes seroit continué à la vie de ce Roy et par sa mortseroit lîidicte pension extainte, de laquelle pension et continuation au cas dessusdict seront faictes lectres à part; et, si ledit Roy moderne de Angleterre décédoit avant ladicte masse persolve, ce que resteroit à payer à ses successeurs seroit réduit à ladicte raison de l^ couronnes
par an.
En quoy faisant, Madame, vous croissez en argent, sans bailler