XIX. — 28 AOUT
esté envoyée, mais pour mon acquit et devoir, et ne voulant que aucune chose luy soit cellée, j'ay bien désiré qu'elle luy feust communiquée.
Au demeurant, Messï"^, je vous advise que ma fille la Duchesse est partie pour commancer son voyaige d'Espaigne; qui n'a esté à autre fin que celle qui vous a été escripte, qui est principallement pour veoir, visiter et consoler le Roy son frère, luy faire entendre Testât et disposicion en quoy sont ses affaires tant en ce royaume, Angleterre, Itallye, que ailleurs et que, grâces à Dieu, toutes choses sont réduictes en telz termes par toute la chrétienté qu'il n'a matière, ne cause, ny doyt avoir de précipiter sa délivrance et liberté, de sorte qu'elle doyve estre vitupérable, dommageable et à jamaiz reprouchable par son royaume et subgectz et que, à l'ayde du Créateur, prenant les choses par la raison et usant de sa magnanimité, vertu et hauteur, sadicte délivrance s'en trouvera plus prouchaine que autrement^ sans l'onneur et réputacion qu'il en acquerra.
Et, quant à moy, je m'en retourne vers le Lyonnoys et ceste frontière d' Ytallye pour tousjours la conforter et assister de tout mon povoir, continuant à donner ordre et remède à toutes choses ainsi qu'elles surviennent; par façon que je vous puis certainement asseurer que les affaires de ce royaume vont très bien et en obéissance et unyon si grande qu'il ne se peut dire de plus, avecques contentement de tout ledit royaume. Vous priant après tout continuer à me faire savoir de voz nouvelles le plus souvent que vous pourrez, et, oultre le plaisir que ce me sera, vous me ferez plaisir le plus grand que vous pourriez faire; et, sur tout, n'obliez à me mander de la bonne santé et prospérité du roy et royne d'Angleterre et de Madame la Princesse, sans oblier celle de mondit seigneur le Cardinal. Et, sur ce, je feray fin, priant Dieu, Mess»'^, qu'il vous ait en sa saincte garde.
Escript à Montélymart, le xxvni™'^ jour d'aoust.
LOYSE. ROBERTET
23 août 1525.
Brinon et Jean-Joachim à Dupvat.
B. N. ms. Dupuy 462, i" 67. — Original delà main dn Hrinon.
Au dos : A Monsr, Mons»' le Chancellier, arcevesque de Sens et abbé de S^ Benoist sur Loire.