XXXIX. — 18 NOVEMBRE
Espaignolz, tanthaïz et tant hodiez en Testât de Millan qu'il n'est possible de plus et jusques à les hascher en pièces s'ilz pevent, et, comme chose aisée, le feront s'ilz le veullent entreprendre. Le Moron est tousjours prisonnier. Maiz ledit duc de Bar n'a jamaiz voulu bailler le chasteau de Millan audit Marquis, lequel l'a recherché par tous les moyens qu'il a peu ; et, voiant sa fin et son intencion, ledit Duc l'a très bien pourveu de gens et de vivres pour ung long temps. Vous advisant que pour la conclusion de la ligue s'est fait et fait continuellement tout ce qui se peut et doyt fère, et me semble que, continuant mondit seigneur le Cardinal à conforter le Pape et la Seigneurie, qu'elle se parfera promptement, et mesmement qu'ilz font grand fondement sur le roy d'Angleterre et luy.
Mess^'s, je vous envoie plusieurs pacquetz qui m'ont esté envoiez de Venise pour leur ambassadeur ; je vous supplie les luy faire bailler et me commander voz bons plaisirs pour les acomplir.
A Sainct Just, hastivement, ce xviii° de novembre, de vostre humble serviteur.
ROBERTET
18 novembre 1525.
Uévèque de Bayeux à Madame.
B. N". ms. Dupuy 452, f' 16i — Original. Au dosi : A Madame.
Madame, jeudy mattin, qui fut le ix^e de ce présent, arriva par devers moy en Véronne Mons»' de Rabodanges, et, veu ce qu'il me portoit et de luy entendu ce que de la part de Vostre Majesté il me commandoit, tout soubdain j'é envoyé en ceste ville le pacquet adressé à Mons'' le conte de Carpy, affin que il luy fust incontinent envoyé, par ainsy que à toute diligence fust fait, à celle fin que sa Seigneurie peussist disposer le Pape et entendre le vouloir et résolution de sa Saincteté, sans laquelle j'estoye certain que ceste Seigneurie ne se vouldroit totallement résouldre.
Ce fait, je m'en vins en ceste ville, oîi je arriviz dimenche dernier passé, et le lundy matin ensuivant me présenté alladicte Seigneurie. Alla quelle me efforcé, avec toutes ycelles parolles et raisons que je sceuz alléguer, leur donner à cognoistre combien fust la malignité des Espaignolz et pareillement combien fust la bonté et foi de