‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 195 sur 225 · XXXIX. — 18 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXXIX. — 18 NOVEMBRE

Vostre Majesté et de toute la nation françoyse, non obstant que tout ce cy est assés évidentment aperceu, tant par les expériences passées que par ycelles qu'on voit à présent. Et ne leur teuz chose qui me vensist en faintésie pour leur donner bien entendre en quel dangier se trouvoit Italye et quelle obligation ilz doibvoyent avoir à Vostre Majesté pour les bonnes et grandes offres que elle faisoit pour deffendre ladicte Italye. Et leur exposé en soubstance les offres et demandes de Vostre Majesté en ycellc manière qui me sembla le mieulx et plus à propoz.

Geste Seigneurie, après avoir dit tout plain d'honnorables et amyables parolles du Roy très chrestien mon souverain seigneur, de Vostre Majesté et de vostre royaume, concleust alla fin que je leur baillasse par escript voz offres et demandes et pareillement les pouvoirs, affin que ilz peusissent le tout bien considérer et le faire voir à leur députés qui ont à délibérer sur ceste matière. Et, par ainsy, la matinée suivante leur f ust le tout baillé, réservé que ne me sembla bien de faire aucune particulière mention des choses de Gennes, et ce car je suis certain que ycy et à Romme eust donné grand suspecon et eussent creu que vous eussiés encor envie de travailler pour l'advenir Italie.

Ne ay-je faicte aussy particulière mention des Lt« mille ducatz que voulés pour an d'ycelluy qui sera duc de Millan, car, en estant le duc de Bar assieigé en le chasteau et en si grand dangier comme il est de perdre la duché dudit Millan, il seroit possyble d'en avoir par aventure plus grosse somme. Suffist, que si une foys je auray à capituler, que je ne concluray de Millan pour moins de L^^ mille et de Naples C™. Le conté d'Ast ay demandé résoluement. Ne a esté faicte aucune mention de renoncer aux tiltres desdits Millan et Naples, et ce pour faire du tout le mieulx qu'on pourra s'il fauldra venir à la capitulation. Et Vostre Majesté soit asseurée que s'on aura à venir ycy à capituler que je fairay tout mon pouvoir pour faire les conditions de France meilleures qu'il me sera possyble. Je ne scay sy mondit seigneur le conte de Carpy aura esté de mon oppinion touchant lesdits articles ou vrayraent il les aura monstres en la fa(,'on qu'ilz ont esté envoyés de France. J(> lui ay escript ce que j'ai fait ycy et les raisons qui ni'on indr.ict ;\ ainsy faire.

Madame, à la Seigneurie ne sembla que fust point à propos de la matière qui setraicte.ne à moy aussy, que mondit S'" de Rabodanges se présentast ù elle; car telle chose on ne pouvoil faire sy non publicquemenl, et ce quesetraicte, tant plus on le faira secrètement, il en vauldra mieulx pour chascun des parties. Mais, affin que la

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