‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 55 sur 225 · PROJETS DE LIGUE EN ITALIE · texte numérisé non relu

PROJETS DE LIGUE EN ITALIE

Henri VIII n'avait pas été sans recevoir depuis déjà plusieurs semaines des sollicitations à rompre avec l'Empereur et à s'unir à ses ennemis.

Les princes italiens avaient vu avec terreur la victoire de Pavie livrer l'Italie à Charles-Quint : la plupart, qui venaient d'abandonner son alliance pour se tourner du côté de François P"", avaient à craindre sa vengeance ; tous redoutaient sa domination désormais sans contrepoids ; il n'était pas jusqu'à Sforce, pour lequel les Impériaux avaient pris les armes, qui ne trouvât leur protection trop lourde et qui ne fût prêt à se déclarer contre eux. — L'ambassadeur anglais auprès du Saint-Siège, Clerk, écrivait à Wolsey à la date du 28 février, quatre jours après la bataille, (( qu'on était très heureux à Rome de la défaite du roi de France, mais qu'on y craignait fort la domination espagnole ; seul, l'espoir que le roi d'Angleterre contiendrait les Impériaux empêchait encore les princes italiens de se liguer contre ces derniers d'accord avec le Pape et de se mettre activement en état de défense » (1). On donna bientôt suite à ce projet de confédération. Afin de se soustraire à la suprématie impériale et sur l'initiative des Vénitiens, les États de la Péninsule jetèrent les bases d'une « ligue pour la défense et les libertés de l'Italie » ; dès le milieu de mars, l'union italienne était assurée du concours de Clément VII, de Venise, de Florence, du duc de Ferrare, des seigneuries de Sienne, de Lucques, de Mantoue, et même, dès qu'une occasion favorable se présenterait, du duc de Milan (2) ; enfin, on comptait sur le corps d'armée français du duc d'Albany, que la nouvelle du désastre de Pavie avait arrêté dans sa marche et qui était campé non loin de Rome (3).

subside et déclara qu'il se contenterait de ce que ses sujets voudraient lui octroyei de bonne volonté ; mais les gens de Londres et ceux des comtés refusèrent également de rien accorder de cette manière et une insurrection éclata dans le Suffolk. Henri se 'résolut alors à abandonner tout projet d'impôt. Hall termine par une phrase des plus significatives et qui vient à l'appui de ce que nous avons dit plus haut de la position du Cardinal et des responsabilités qu'il assumait : « Now hère is an ende of this commission, but not an ende of inward grudge and hatered tliat Ihe commons bares to the Cardinall. «

(1) B. M. ms. Cotlon. Vitel. B vu, f^ (67) 65 et Braiwiiit, iv, 1131. — Cf. aussi LoT^e de Soria à Charles V, 2 mars, Gav., ni, 24.

(2) Clerk à 'Wolsey, 19 mars, Ellis, 2'! ser., i, 305 et Guicciardini, I. xvi, t. II, 303.

(3) Guicciardini. ut sup. — Effectivement, le duc engagea des pourparlers avec les Italiens, ainsi qu'en témoignecet avertissement de Venise du 5 mars: « Si dicevache ai (Albany) mandava il Datario a Vcnetia pcr intendcrsibene

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