‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 86 sur 225 · LES TRAITÉS A TOULOUSE · texte numérisé non relu

LES TRAITÉS A TOULOUSE

le temps même qu'elle les requit de passer l'obligation. Elle leur envoya d'abord des lettres closes en date du 14 septembre contenant simplement l'injonction de fournir cette pièce : ce furent des ordres ainsi libellés que les Lyonnais reçurent le 22 septembre, les Parisiens le 25, les Tourangeaux le 28, les Toulousains le 30, les Rémois le 2 octobre, etc.... (1) Puis, cette première mise en demeure n'ayant pas suffi auprès de la plupart des Villes, elle prit le parti de leur fournir, en leur intimant derechef ses volontés, des garanties en forme authentique propres à les rassurer: le 24 octobre des lettres patentes d'indenniité furent expédiées en faveur de toutes les Villes (2).

Ces tardifs ménagements n'eurent pas le succès qu'on s'en promettait. Trois villes, Toulouse, Lyon et Amiens avaient passé l'obligation sur le vu des premières lettres; une seule, Reims, dont les habitants avaient décidé en principe d'obéir dès le 3 octobre, souscrivit cet acte à la réception des secondes lettres ; les cinq autres, Paris en tête, s'y refusèrent aussi énergiquement après qu'avant. Ainsi, des neuf villes, quatre seulement satisfirent aux exigences des traités dans le délai de trois mois convenu à Moore.

La plus docile de toutes fut sans contredit Toulouse. Les lettres du 14 septembre y parvinrent aux Capitouls le 30. Une assemblée fut aussitôt décidée pour le lendemain : elle devait comprendre, outre les notables bourgeois, des représentants du Clergé et de l'Université. Cette dernière, sous prétexte que les Capitouls ne l'avaient pas convoquée, n'envoya pas de délégués, et, des ecclésiastiques, il ne vint que le Vicaire de l'Archevêque; quant aux bourgeois, ils se rendirent à la Maison de Ville au nombre d'une trentaine environ.

Un des Capitouls, M. de Villion, exposa le cas à ces quelques assistants. Madame, par une habileté dont elle usa aussi à l'égard des autres Villes, avait écrit que « desjà la ville de Paris » avait accordé l'obligation, el, à l'appui de cette assertion, elle avait envoyé « ung doble de la émologation faicte par ceulx de Paris ». Villion en informa ses auditeurs, mais il fit observer en même temps que ce double n'était « pas signé ny en forme deue ».

(1) BoNNARDOT, 292 ; Arcb. de Lyou, B B 44, f"^ 118 r" et v° ; de Tours, Délibérations, xviii, el de Toulouse, Délibérations de 1524-1543, f"" 11 v- 12 r"; de Reiras, Conclusions, vi, p. 579, etc...

(2) BoNNARDOT, 301; Arch. de Lyon, inv. Chappe, 1" partie, titre iv, n" 10; de Toulouse, ut sup., f° 17 r" ; de Reims, ut sup., pp. 585-587, etc...

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