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III. Densités faibles (au-dessous de 2,000 habitants

L'Espagne a 1,828 liab. par mille carré.

La Grèce » 1 , 602 hab. »

La Turquie » l,4'o6 hab. »

La Russie d'Europe » 766 hab. »

La Suède , . . . . » 526 hab.

La Norvège « 303 hab. »

Le rapport entre la population urbaine ou industrielle et ia population rurale ne peut pas être donné aussi exactement; les limites sont plus vagues; les grandes villes s'étendent dans la campagne, et les villages deviennent des centres d'industrie. Il est clair cependant que la population rurale forme le fond primitif de la nation, et qu'elle en garde mieux la marque originelle. La population urbaine représente plutôt la culture et la civilisation de l'ensemble, la direction politique et intelligente.

Il n'est point à désirer que la population urbaine soit relativement très faible, du dixième seulement, comme en Russie. Mais il n'est guère meilleur de lui voir absorber la population agricole, comme cela a lieu jusqu'à un certain point en Angleterre, où les villes comptent autant d'habitants que la campagne, et en France, où l'augmentation de la population urbaine (elle a monté de 24.72 p. 100 à 27.31 p. 100 de 1848 à 1856) se produit aux dépens de la population rurale. Là l'État sera grossier ou peu cultivé; ici, le capital naturel, les forces premières, menacent de manquer, et l'Etat peut tomber dans une situation artiflciellle, d'autant plus dangereuse qu'il ne trouve plus à puiser dans la source vive et féconde des campagnes.

Les conditions les meilleures pour l'Etat européen moderne semblent être dans une proportion de 25 à 34 p. 100 de population urbaine. Les forces naturelles de la nation conservent ainsi leur vigueur, et sont assez riches pour remplacer celles que dévore l'activité nerveuse des villes. En même temps, la culture urbaine peut prendre un vigoureux élan, et satisfaire et féconder l'esprit public.

Les grandes capitales sont devenues aujourd'hui de la plus haute importance dans la vie des Etats. Tous les efforts de l'industrie, du commerce, des sciences et des arts, coulent à flots

pressés vers leur sein. La civilisation la plus élevée dont un peuple soit capable y étale ses magnifiques richesses, et en transporte la vie jusqu'aux extrémités du pays. La puissance de l'Etat s'y concentre avec une énergie suprême.

Mais ces grands centres ont aussi leurs périls. Des classes hautement cultivées, toujours en minorité, s'y pressent à côté de masses ignorantes, facilement agitées. Leurs habitants aiment à critiquer et à railler; ils ont peu le respect de l'autorité; ils rient volontiers de tout; leur bonne opinion d'eux-mêmes ne connaît pas de bornes. Les passions grandissent, et s'arment de tant de ressources accumulées. La populace peut y devenir une puissance.

Aussi l'expérience nous apprend-elle que l'intelligence politique des grandes cités est parfois médiocre, et que les représentant.s qu'elles nomment sont trop souvent, ou parfaitement insignifiants, ou signalés seulement par leurs opinions extrêmes. Elles deviennent ainsi plus dangereuses qu'utiles dans l'Etat moderne, qui cependant ne peut s'en passer. La grande ville doit être le cerveau de la vie commune, le miroir de la pensée et des sentiments de la nation. En grandissant démesurément, elle prend au corps sa vitalité, et 1 Etat est menacé de mort à la première faiblesse de sa tête, au premier triomphe des masses aveuglées de sa capitale.

Les grandes villes provinciales servent de complément et de contre-poids à la métropole, et sont également très utiles à l'Etat.

Ïj Empire allemand compte 32 villes ayant plus de 50,000 habitants, mais 10 seulement d'entre elles dépassent le chiffre de 100,000; Berlin est la seule qui en ait plus de 500,000 (826,351 en 1871, aujourd'hui un million sans doute).

L'Autriclie-Honfjrie n'a que 10 villes avec plus de 50,000 ha-'' bitants, que 3 villes avec plus de 100,000; Vienne en avait 901,380 en 1872. Jl

UAnglelerre a par contre 40 villes de plus de 50,000 ha-«l bitants, 18 villes de plus de 100,000, et Londres en a plus do 3 millions (3,254,260 en 1871).

La France compte 23 villes dépassant les 50,000, 9 dépassant

les 100,000 habitants ; Paris en compte près de 2 millions (1,851,792 en 1872).

En Italie, sur les 24 villes qui ont plus de 50,000 habitants et les 10 d'entre elles qui en ont plus de 100,000, aucune qui atteigne le chiffre de 500,000.

La Russie d'Europe ne compte que 12 villes du premier genre, 6 du second, et 2 villes dépassant 500,000 âmes (Saint-Pétersbourg, en 1869, 667,963; Moscou, en 1871, 611,970).

En Belgique, 4 villes de plus de 100,000 âmes, dont Bruxelles, 314,077 habitants en 1869; dans les Pays-Bas, 4 villes de plus de 50,000, et 2 de plus de 100,000 habitants ; en Espagne, 9 villes du premier genre, 3 du second; en Portugal et en Suisse de même, 3 villes seulement de plus de 50,000 habitants; en Danemark, une seule, mais elle en compte 181,291. La Turquie a 6 villes de plus de 50,000 âmes, dont une de 600,000 (Constantinople). Les Etats-Unis comptent 23 villes de plus de 50,000 habitants et 13 villes de plus de 100,000; New-York a près de 1,500,000 habitants a).

o) Voici, pour compléter ce chapitre, quelques chiffres plus récents tirés de V Annuaire des longit.y 1878 :

Accroissement de la populatioD

Belgique 5.4 181

Franco 37.0 62

allemand 43 5 79

iiisso 2.8 Ci

lIoDgrio (

Espagne 10.7 33

llalio 27.9 91

Russie 85.0 13

Europe 325.7 32 7

Afrique 206.4 C.9

Asie 784.4 18.8

Octianio 36.5 3.4

.Xmc'rique du Nord 58.6 2.4

— du Sud 26.8 1.4

ItapportA la pnpiil.lnt.iln <1ii glnbo = 22

98 I.\ rOLlTIQUK.

Population actuelle (1880-1885) de quelques prand»e villes capitales, en milliers d'iiabilants : Lond rcs, 3,814 ; Paris, 2,300 ; Berlin, avec les communes suburbaines, 1,124 ; Vienne, 731 ; Saint-Pélcrsbourg, GG7; Constanlinople, GOO; Bruxelles, 407; Madrid, 400; Budapest, 370; Rome, 234; Copenhague, 233; Lisbonne, 224; Bucarest, l';7; Dresde, 197; Municb,î'34; Stokbolm, 152; Sluttgard, 107; La Haye, 100; Kristiana, 75; Berne, 41,

Émigration annuelle, d'après le Correspondant du 25 juillet 1878 : France, 20,000 âmes; Angleterre, 109,000; Allemagne, 150,000. Ces chiffres ne sont pas rigoureux. Le nombre des Français résidant à l'clrtinger, en 18G1, n'est évalué qu'à 31G,000.

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