Fonctions publiques
A. Polilique extérieure. Sa diplomatie a un caractère pins modeste que celle de la monarchie. Elle est moins instruite des idées des princes et des mœurs des cours; elle se meut moins habilement dans les cercles distingués de la société. Mais elle entend mieux les vœux et les opinions des classes populaires, et ses relations avec la ^^oci été civile en général sont plus faciles et plus libres.
La politique étrangère d'une république peut être entreprenante et conquérante, comme à Rome; ou amoureuse de propagande, comme dans la première république française. Cependant la république démocratique cherchant avant tout la liberté, la sécurité, le bien privé, sera plus naturellement pacifique. Une politique de conquête la menace, car le général victorieux peut songera se faire roi. Au contraire, les défaites éprouvées dans une guerre défensive ne mettent pas directement sa forme en péril. Le peuple les attribue aux fautes de ses généraux, les change, et se fie à ses forces pour ramener le succès.
B. Polilique intérieure.
a) La législation républicaine se distingue surtout par l'absence du facteur monarchique. Les majorités des chambres font librement la loi, sans que le gouvernement ait à sanctionner ou à s'opposer. Elles ont un même champ d'activité que dans la monarchie; mais elles s'aveuglent plus aisément de leur prétendue toute-puissance.
b) L'administration à tous les degrés ressemble davantage à la selfadministration d'une société anonyme qu'à un système élevé de fonctions publiques professionnelles (comp. vol. I, p. 411 et suiv.). Elle est plus populaire, mais moins savante et moins puissante que dans la monarchie.
c) La justice est assez semblable dans les deux formes. Mais les juges républicains dépendent de leurs électeurs, et leurs fonctions sont moins stables.
2. Les classes gouvernantes sont plus près des gouvernés, elles s'élèvent peut au-dessus d'eux, et seulement dans l'exercice de leurs fonctions; en dehors elles sont éclipsées par les classes élevées et riches delà société.
La forme se rapproche de l'unité monarchique lorsque le gouvernement général se concentre dans la personne d'un président comme en Amérique. Il se peut même que ce président ait des pouvoirs, et par suite une action personnelle aussi étendue qu'un prince. Mais il n'est pas entouré de l'éclat de la majesté, et il sait qu'il doit bientôt redevenir l'égal de ses concitoyens. Son traitement est relativement faible, très inférieur aux revenus d'un particulier opulent , et ne lui permet ni d'avoir une cour ni même de se faire le patron des arts.
Le caractère républicain se marque davantage là où, comme en Suisse, le gouvernement est confié à un collège ou conseil. Mais la pluralité des membres affaiblit les responsabilités, ouvre la porte aux divisions de parti, aux entêtements personnels, et nuit souvent à une action sûre et prompte.
La république n'a pas à craindre de voir un homme très incapable ou méchant garder longtemps le pouvoir; l'élection et la courte durée des fonctions éloignent ce danger. Mais il est d'expérience que les hommes les plus considérables et les plus capables y sont souvent écartés systématiquement par l'envie des
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classes moyennes ou leur haine contre quiconque s'élève audessus d'elles.
Le président de la république est responsable. A-t-il mal gouverné, on l'écarle à l'expiration de ses fonctions, sans révolution, sans que l'ordre légal soit troublé. Cette sanction facile donne plus de force au devoir et plus d'autorité au droit'.
Le changement fréquent des chefs empêche un despotisme durable, mais affaiblit le pouvoir et nuit à une politique suivie et prévoyante.