CHAPITRE PREMIER
LES OUIG£NES
L'element europeen ne commeiica a coloniser le Bresil qu'une trentaine d'annees apres la dccouverte du pays.
Clairsemees le long du littoral, isolees, relativement faibles vis-a-vis des nombreuses peuplades de la cote^ les factoreries •* fondees vers 1530- 15.40 n'etaient que des avant-postes portugais pour la conquete du nouveau continent. La rapidite de la penetration dependait de la plus ou moins grande habilite des chefs dans leurs rapports avec les indigenes.
Adosses a I'ocean, n'ayant a lear libre disposition que I'espace enclos par les palissades de leurs etablissements, continuellement sur le qui-vive contre les attaques inopinties, la domination de la contree ne resta aux Portugais que par une'gageure de ruse et de diplomatie, autant que par les combats avec les autochtones.
Le principal facteur du triomphe furent les metis, les mamahicos, issus des conquerants et des femmes indiennes. Grace a eux, la population asservie aux envahisseurs se developpa considerablement, etde nouveaux champs d'exploitation furent ouverts a I'activite civilisatrice. Ce fut la nourriture assuree pour les colons, et, circonstance ccononiiquement plus importante, de vastes regions pleines d'essences Hprestales precieuses purent etre mises en valeur.
Le commerce du bois de Bresil, objet des efforts des flibustiers de tous pays, devint sous peu le monopole des dominateurs lusitaniens, ayant comme auxiliaires non seulement les
peuplades reduites a I'esclavage, mais aussi les tribus libres avec lesquelles de veritables traites d'alUance avaient ete celebres. Get appui indispensable et decisif, rendu plus facile par les sang-meles des deux races, fit des nouvelles terras decouvertes une colonie du Portugal, a I'exclusion de toute autre nation. Le commerce exterieur, grace au meme concours, resta entre • les mains des vainqueurs.
Tel fut le premier siecle de la conquete.
Dans ce meme laps de temps, de nouvelles cultures avaient ete essayees avec succes. La canne a sucre, introduite de Pile de Madere, se multipliait a I'envie et fournissait la matiere premiere a de nombreuses usines primitives, dont la production, de beaucoup superieure aux besoins de la population locale, etait exportee en Europe. Le colon, de meme, fournissait des excedents. Les oiseaux, les plumes et d'autres curiosites exotiques trouvaient un marche sur Tautre bord de I'Atlantique. Les essences precieuses, les resines, les fruits se vendaient couramment a Lisbonne ; le bois de Bresil y etait I'objet d'une regie.
De telles marchandises negociables presupposent I'existence d'une organisation du travail relativement complexe. L'esclavage en etait la base, mais la collaboration des indigenes testes libres contribuait a produire les richesses envoyees a la metropole. De salaires ou de paiements dans I'interieur du pays il n'etait pas question, sauf pour les employes de 1 'administration portugaise. La compensation des valeurs echangees se faisait par simple troc.
Le Bresil se trouvait en pleine phase d'economie naluriste.
Les marchandises importees s'echangeaient contre des commodites produites dans le pays ; celles-ci represeritaient I'efFort des esclaves et de certains auxiliaires libres payes en outils, cotonnades, verroteries importees ; la vente sur les marches portugais des importations du Bresil soldait I'achat des objets exportes en Amerique, et de la sorte le cycle de I'echange se piirfaisait.
Untel mecanisme ne pouvant durer longtemps en son ctat de purete, la rupture de IMquilibre entre les deux courants commerciaux tot ou tard devrait se traduire par des differences qu'il faudrait liquider en numeraire.
Le Bresil avait decu les esperances de ceux qui comptaient Y trouver les richesses en metaux precieux si abondantes sur la cote occidentale du Continent. A. peine, dans la capitainerie de S. Vicente (I'Etat actual de S. Paulo) un peu d'or avait eie decouvert, mais il ne circulait pas; lespossesseurs thesaurisaient le metal, et I'enfouissaient dans des cachettes d'ou il ne venait au jour que pour paver les rancons exigees par les pirates qui infestaient les mers du Sud et attaquaient les etablissements de la cote, ouaToccasion des inventaires, quand des legs ou des partages avaientlicu. Ce n'etait pas une monnaie, mais une marchandise precieuse .
La metropole, d'un autre cote, avait un stock metallique restreint que les apports de la cote africaine et des Indes Orientales n'augmenterent pas au point de rendre facile Texporlation de lingots ou de monnaie au Bresil, lesquels, d'ailleurs, n'y auraient pas trouve d'emploi courant. Ce fut I'annexion temporaire du Portugal a la Couronne d'Espagne (1580-1640) qui fournit la premiere solution, insuflisante, partielle et transitoire, en permcttant Pexode vers les nouvelles provinces acquises des pieces frappees avec les metaux envoyes parl'Amerique Centrale et les Etats du Pacifique. II en reste des preuves dans la legislation posterieure au retablissement de la monarchie portugaise, lois par lesquelles le cours legal etait accorde aux monnaies espagnoies frappees a Segovie, au Mexique et au Perou (i).
Le developpement du commerce entre les deuK rives de rOceancreade nouvelles exigences. Les exportations americaines depassaient la valeur des marchandises importees ; les
(1) Loi portugaise du 6 Juia loy, reuJu; obligatoire au Bresil par la Leitre Royale du 13 Scptembre 1654.
fonctionnaires devaient rccevoir leur solde en argent. La crise devenait chaque fois plus aigiie. Deux ordres de faits le prouvent clairement. En 1649 fut fondee \a.Companhia Geral do Commercio do Brjsil, monopole qui duna 71 ans, et dont Porganisation provoqua les plus vehementes reclamations du commerce de la Colonic, a cause des abus commis, et aussi parce qu'il ruinait tout I'armemerit qui se livrait a la navigation au long cours entre le Portugal et sa possession americaine, double symptdme de Timportance des echanges et, comme consequence, de la valeur des navires emplo\'es a ce commerce. En 1645, furent frappees les premieres pieces speciales au Bresil, par la Compagnie privilegiee des Indes Occidentales, afin de faire face aux besoins de leur colonie de Pernambuco; I'occupation batave (1624-1654) fut done le premier gouvernement a creer une circulation metallique regionale.
La restauration dynastique de 1640 et I'expulsion des Hollandais du territoire de Pernambuco, quatorze ans plus tard, vinrent done retablir au Bresil les errements seculaires de la monarchic portugaise au sujet de la monnaie.
Des D. Affonso III (•! 253), les rois de Portugal se trouvaient aux prises avec d'ine\tricables difficultes financiercs, qu'ils tentaient resoudre moyennant I'application de la doctrine selon laquelle la valeur intrinseque de la monnaie peut etre fixee par acte d'autorite. La consequence en etait evidenie : a chaque embarras linancier nouveau correspondait une emission de pieces moins lourdes et de titre plus bas, une circulation de fausKe-monnaie. Le marc d'argent, ii ii/r2de fin, unite pour la circulation interieure du royaume, augmentait de valeur de 12 lih'as^ sous D. Affonso III, a 29.325 //bras., sous D. Joao I (1433). La plus parfaite unite de raisonnement avail regne pendant deux siecles pour avilir de facon progressive le cours de la libra. Le temps d'arret marque
par le regne de D. Duarte {^33- 143S), qui substitua a la Ubr\r^ simple monnaie de compte, le m?/, piece reelle d'^nt 700 devaient parfairc la valeur du marc, quoiqu'en realite cette unite valCit pres de Soo reaux ; ce temps d'aiTct dura peu, cl, deja sous son successeur, D. AfTonso V, les nouvelles frappcs, de titre avili, avaient hausse le marc a 1 . 100 reau\ el plus tard a i.SqG reaux. La baisse du real continua sous Dom Joao II, malgre les eftbrts faits pour Penrayer moyennant la frappe intensifiee de I'argent achete avec I'or de la Costa da Mina, en Afrique ; le marc arriva ainsi a valoir 2.280 reaux.
Du moins, sous ce roi, le poids et le titre de la monnaie ne varierent pas. Pour contrebalancer et annuler une tradition multiseculaire d'alteration frauduleuse des moyens d'echange, les deux exceptions citees, D. Duai te et D. Joao II, n'etaient pas assez fortes, et la depreciation continua par suite de manoeuvres basees sur les memes priacipes. La banqueroute officielle etait erigee en systerae de gouvernement, pour faire face au\ exigences financieres du pays.
II n'est pas etonnant, par consequent, que les memes me^ures se retrouvent, comme expedient financier, en d'autres periodes de la vie nationale, notamment aux epoques de crise. AinM, peu apres la guerre de I'indepeiidance (1640), les ressources fournies par le commerce de I'Afrique et de rOrient etant presque taries par les croisieres espagnoles, le roi D. Joao IV, a cause des granJes difficultes de sa situation, ordonna d'augmenter de 25 % la'valeur nominale des pieces d'or en circulation, de 5o % la vale .irde la monnaie d'argent(2). Le delai donnepour le poinconnage des anciennes pieces etait d'un mois pour la ville de Bahia et de deux mois pour le reste du pays, ce qui montre bien que le peu de monnaie existant dans la Colonie se trouvait concentre dans les villes du littoral.
(2) Alvai a du 2M Fcvrier 1O4J rendu oblii,';Uoire .iii Bresil par Ordro Royal du 3 Aoiil r&i3.
De nouveau, en i663, le Gouvernement portugais pratlqua la meme operation ; la Imusse sur la valeur nominale de I'argent fut de 25 % (3).
Derechef, en ibyS, une nouvelle hausse fut ordonnee de 12 7a°/o -po^r I'o"^ monnaye et de 25 % pour I'argent (4) ,
Trois ans plus tard, les pieces d'argent de 600 reaux furent poinconnees a 640 reaux, et celles de 3oo reaux a 320 (5); une nouvelle loi, de 1681, annula la precedente (6) .
Toute cette periode est encore insuffisamment eclaircie pour que I'on puisse tirer des deductions precises. Les seuls faits a retenir sont la persistance des agissements coupables du Gouvernement portugais sur la depreciation monetaire et la confusion regnante en cette matiere.
Or, vers les dernieres annees du xvn' siecle, le Bresil s'etait developpe beaucoup: la surface reellement occupee avait beaucoup augmente ; les cultures s'etendaient ; les echanges entre les capitaineries se multipliaient; les excedents d'exportations devenaient chaque jour plus importants ; de nouvelles exigences sur les salaires se faisaient jour ; sur la liste des marchandises envoyees a la metropole des noms nouveaux commencaient a figurer. Autant de causes nouvelles pour le developpemenr de la circulation .
La ville de Bahia, capitale de la Colonie, etait le centre principal des rapports d'affaires. Ce fut elle qui recut le premier etablissement pour la frappe (7) . Jusqu'alors les gouvernements locaux des capitaineries s'etaient limites a poin- Conner la monnaie en cours, seloa les ordres recus de la metropole. Cela n'augmentait pas la circulation. Les dispositifs legaux nouvellement etablis prevoyaient I'envoi de lingots d pour eviter les grands inconvenients causes par le manque de
(3) Loi du 23 Mars 1663.
(4) Reglement du Comte d'Oi?idos, yicc-roi du Bresil, en date du 7 Juillet 1(173 rendant la mesure obligatoire — au Bresil.
(5) Alvara du 13 Mars 1676 ; decision du Concelho Ultramarino du 23 Mai 1679. (OJ Alvard du 17 Novembrc 1681.
(7) Loi du S Mars 169-1.
nmonnaie provincialei), selon les propres termes de la loi. Pour localiser sa circulation, la valeur nominale des pieces etait tarifee lo % plus haut que les pieces correspondantes en cours en Portugal, et leur emploi etait exclusivement limite a la Colonie, celui des monnaies metropolitaines etant formellement defendu (8).
Get etablissement fonctionna pendant trois ans, jusqu'en 1698. A cette epoque, ordre fut donne d'installer une Monnaie a Rio (9"), alin de subvenir aux besoins du commerce local; celui-ci devait payer les frais du personnel. Elle commenca ;\ fonctionner le 17 Mars iGqc). La Monnaie de Bahia ne recommenca a travailler qu'en 1714 (ro).
Les memes reclamations furent faites par les habitants de Pernambuco, et, par Lcttre Royale de 20 Janvier 1 700, le Roi de Portugal conceda le transfert de la Monnaie de Rio a Recife, oCi elle ne resta que deux ans, car le 3i Janvier 1702 radministration portugaise ordonnason retour a Rio de Janeiro. Mais cette fois-ci ce n'etait plus un simple acquiescement a des demandes locales : un fait s'etait passe d'importance capitale pour revolution economique du royaume — la decouverte des mines d'or de Minas Geraes et leur mise en valeur (1699 - 1700). Aussi la Lettre Roj'ale de 1702 ne se limitait-elle pas a prendre une simple mesure administrative: elle ordonnait la frappe, non plus de pieces coloniales, m.ais de monnaies nationales .
Le billon de cuivrc, n'ayant valeur liberatoire que jusqu'a concurrence de 100 reaux (11), nc fut frappe au Bresil qu'a partir de 1729 (12).
La legislation nionetaire, a partir de 1 702, subit I'influence preponderante de la productivite fiscale des mines d'or.
(8) Alvari du 19 Decembre 1693.
(9) Lettres Royalcidu 2j Janvier i6)7, cl du 12 Janvier 1698.
(10) Lettre Royale du 18 -Mars 171.4. (ij) Loi du 17 Fevrier 16:/).
(12) Ordre du 8 Juillet 1729.
Les modalites tributaires, les formes de perception des taxes furent les elements predominants des decisions relatives a la monnaie .
Au commencement de I'exploitation, I'impot de 20 % etait percu sur le metal extrait ; la contrebande de la poudre d'or etanttres intense, lesysteme fut change, et onadopta successivement un impot par batia (sebiUe de bois ou chaque mineur lave les residus denses de la concentration des minerais), et un impot global reparti ulterieurement entre les exploitants. Cette derniere taxe produisit de 30 arrobas d'or par an (45o kilogrammes), en 1715, a 37 arrobas (555 kilogrammes) en 1725. Le Gouvernement portugais, mecontent de ce S3rsteme, qu'il trouvait trop peu productif, fit installer des fonderies d'or (i3), OLi tout le metal produit devrait ctre presente, fondu, verifie a la pierre de touche, et poinconne sur la barre fondue, afin d'y marquer le fin, le poids, le numero d'ordre, la date et le nom de la fonderie, ou les operations avaient ete faites.
Ge nouveau procede provoqua I'etablissement de fonderies clandestines.
On revintainsi a I'impot de capitation, abandonne en 1715, tres pi-oductif cependant, mais ruineux pour les mineurs (14), abhorre par touts les habitants des mines, mais qui subsista jusqu'en 1751, epoqueouil fut substitue par un impot de repartition, eleve cette fois-ci a \oo ai'robas d'or par an ( 1 .500 kilogrammes) (i5). Cette situation dura jusqu'au transfer! au Bresil du siege du Gouvernement portugais, en 180S.
Pour ne pas subir le contre-coup de ces variations fiscales, de certaines mesures devenaient necessaires dans la circulation .
Ainsi, le systeme des fonderies, substitutif de la capitation et de I'impot global de repartition, se basait sur I'apport in-
(13) Loi du II Fcvrier son execution fut interronipue en 1720 et retablie en 1725.
(1=)) Decision du i"' Juillet i^ij.
(i5)Alvara du 3 Decerabre 1750.
tegral de tout Tor extrait aux etablissements officials, sous peine de devenir aussi peu productif que las anciens precedes condamnes par le Gouvernement portugais. La consequence en etait la creation d'un atelier de frappe de monnaies, qui vinssent subvenir aux besoins d'echange qui ne pouvaient plus etre satisfaits par les versements de poudre d'or, dent la circulation venait d'etre interdite. Cela fut fait en 1720 (i 6), at lemonnayage continua jusqu'en 1734(17). Ce dernier acte de prohibition iut encore une consequence de lalegislation tributaire, car a la meme date il avait ete etabli une contribution globale annuelle de 100 arrobas, ce qui rendait indiiferent au fisc la liberte du commerce de la poudre d'or, mais exigeait la suspension de la frappe, afin d'eviterune duplicata de paiementd'impot, comma taxe de repartition d'abord, comma deduction du poids monna\'c ensuite. Quoique cet accord ne fut pas admis par la metropole, la methode de la capitation, retablie sur le champ, exigeait les memes mesures: liberte de circulation de la poudre d'or et I'arret des frappes. En lySijComme consequence de la decision ro3'ale de I'anneeprecedente, la contribution annuelle des 100 arrobas fut acceptee; la circulation devaitdonc obeir aux memes principes qu'en 1734; les pieces d'or etaientexclues, etseuls etaient admis les monnaies d'argent coloniales, le billon de cuivre, la poudre d'or et les barres de metal. En pratique, la poudre. d'or etait presque le seul mo3'en d'echange. Comme il fallait echanger les pieces en circulation, dont le cours venait d'etre defendu, contre de I'or en barre ou en poudre, les fonderies durent etre retablies (18).
Ainsi.a partir de 1734 et jusqu'en i8o8,il n'y eut au Bresil que deux etablissements pour monnayer I'or : a Rio et a Bahia.
En 1756 la frappe de pieces coloniales fut nouvellement ordonnee, le Gouvernement da Lisbonne faisant sentir aux
([6) Loi du 19 Mars 1720.
(17) Accord du 20 Mars 173^.
(18) Decision du 3 Decembre 1750! Reglemelit du/| iMars I73r.
ateliers de Rio que les ordres anciens sur la difference de lo "/o entre la valeur nominale de la monnaie metropolitaine et celle dela Golonie avaient encore force de loi. Malgre cela, ces ordres, quant a I'argent, ne furent executes qu'en 1 789 a Rio eten iSioaBahia.
Entre-temps, la valeur du marc d'argent avait ete haussee en Portugal, de6.36o a 7.000 reaux (ig) et a 7.500 reaux (20); par consequent au Bresil la valeur da marc devait etre de 7.700, en 1734, et de 8.250 reaux, en 1747. Pratiquement, le resultat etait insignifiant a cause de la rarete du metal blanc dans la Golonie. II faut remarquer, toutefois, que des maintenant deux rapports differenis coexistaient entre I'argent et I'or, Les pieces nationales cotaient I'ozWa d'or a i $600 ; les pieces coloniales la cotaienta i$777 '/ai \''oitava d'argent cotait $128 dans les monnaies metropolitaines ; d'oii les quotients de 1 2 '/, et de 1 3 7, dans les deux cas.
Des monnaies d'argent speciales existaient encore pour le rachat de I'or dans la region miniere, a partir de 1752 ; vu que I'imp&tde 20 % avait ete substitue par les contributions globales, le rachat se faisait sur la base de i . 200 reaux Voiiava d'or.
Le metal blanc etail toujours rare au Bresil, et les pieces correspondantes manqiiaient beaucoup aux transactions, de sorte que par concession royale il fut permis aux ateliers de frappe d'acheter les pesos espagnols a raison de 6$400 le marc etde les poinconner a raison de 7$6oo (21).
Le billon subit aussi des changements, et son poids fut reduit sans changement de valeur nominale (22).
Telles furent les principales modifications des monnaies depuis la decouverte da Bresil jusqu'a I'arrivee de la Famille Royale a Rio en 1808. En ce moment, la circulation monetaire se composait de la faqon suivante :
(19) Ordre du lo Fevrier 1754.
(20) Lettre Royale du 7 Aoflt 1747.
(21) Decision du 6 Mai 17S6.
(22) En 179Q.
Monnaie d'or : Pieces Rationales :
Valour de I'oit^va d'or ig6oo.
De
valant
s$ocm:>
2$4W (meia moeda)
S-joo
loSooo
i2j8oo
(meia dobra ou pega).
(meia pega)
i?6oo
(escudo).
( meio escudo)
Dont la frappc cessa de • 1727 a i?33-
Pieces coloniales :
Oitava a 1^777 7/9.
De 4$ooo
B 2$O0O » IgOOO
Monnaie d'ai^gmt : Pieces coloniales :
Valeur du marc d'argent 7^600.
De S6-J0 {iu.is p.ilacas)
$320 ipjljca>
* $iu> fmeia paiacaj
» SoS'j iqujtro viiileiisj
» $040 (dois vintens)
Valeur du marc d'argent 9*250.
De $'.40
» f,VO
. I frappes cessant en 1702, ' sauf pour les nieces de ' , h\n r>. Irappees A Ba- . I hia iusqu'en 1810.
Valeur du marc 7*600.
De *6oo (seiscentos rHs) \
. , J monnaie circulant seu-
S300 (tre^en\os rixs) ( ,ement dans la region
n $150 (centoe cincoenla reis) 1 miniere.
" ?073 (setenta e cUicor^s]
Billon : Pieces coloniales :
Valeur de VoiUm 5 reis.
Do
S'l^o fdnis viiitcnsi $020 (viittem), . .
IVappocs jiisqu'en i^gg.
Valour de I'oilJVii in rcis.
De
frappees en 1722 a Lisbonuc, circulation !iinitcc a Minas Geracs,
Valeur dc I 0(7.1 iM 10 reis.
De
Ifo^n $020
$nlo
foo5
Quellei sommes en avaient ete frappees ? Quelles sommes circulaient ?
Autant de problemes auxquels il est impossible de repondre dans I'etat acluel de nos connaissances. Tout au plus peut-on risquer de; hypotheses. Les donnees statist! jues du monnaj'age que nous publions plus loin ne permettent pas de repondre de facon absolument certaine.
Les impots sur Tor avaient produit jusqu'en 1808 pres de 135.000 Idlogrammes de metal, pour une extraction total e de pres de 880.000 kilogrammes. Cela representerait, a raison de i$6oo Voilava, une valeur de pres de 60.000 coiilos de reis en monnaie portugaise du temps. Quelle fraction en avait ete monnayee? De celle ci, combien circulait en Portugal ? Combien au Bresil? Combien avait pris le chemin de Petranger, par suite des guerres peninsulaires ? D'un autre cote, le commerce de la Colonie avec la metropole n'exigeait pas des sommes trop consider'ables de numeraire ; les statistiques en donnent la preuve. Le tableau suivant," emprunte a une etude de Mr. VieiraSouto sur le commerce international du Bresil, n'a qu'une valeur scientifique restreinte. car d'autres renseigne-
ments, encore inedits, citent dcs chillres dilTerents. Nous ic transcrivons, toutefois, a titre documetitaire.
ANNEES
EXPOUTATIO-V
IMl'ORTATIOS
TOTAL
ll.475:».»,55