‹ La politique monétaire du BrésilChapitre 21 sur 86 · i6:<i45Jooo · texte numérisé non relu

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Les saines pratiques de ce commerce special n'etaient pas toujours observees- par la Banque. II ne fallut pas moins que Popposition du Cabinet pour empecher deux alterations importantes des statuts, demandees en 1854 par la propre interessee : rien moins que la permission d'escompter des effets a six mois au lieu de quatre, et d'abolir toute limite de temps pour les fonds places en comptes-courants, quand le delai statutaire minimum etait de bo jours ; cette derniere restriction serait substitute par une limitation des sommes, dont le total ne pourrait s'elever au dessus du sixieme du capital realise de la Banque.

La defense d'emettre au dessus du double des fonds disponibles fut bientot levee (14), a la soUicilation de la Banque,

(14) Decret du 2 Avi il 1855,

et remission au triple de ces fonds fut adoptee, sous pretexte d'envoi de numeraire au Nord du Bresil pour achat d'esclaves et de recoltes. Cette nouvelle attitude, provisoire et limitee a un an, devint definitive ct permanente par decret du 5 Fevrier de I'annee suivante, lequel aggrava I'erreur en etendant la mesure aux emissions des agences et considerant comme hors de cette restriction la somme specialement emise pour le rachat des lo.ooo coh/o$ de papier-monnaie oiSciel.

Ces actes de faiblesse du Gouvernement, suivis d'autres que nous citerons, le rendent, tout autant que la Banque, responsable de la crise survenue en iSiy. La Banque n'avait pas de limites dans ses pretentions. En 1 856, elle demanda et obtint du ministere des finances que le papier-monnaie du Tresor, destine au retrait par les lois du 6 Octobre i835 et du ii Octobre iSSy, fut echange contre des billets desa propre emission , fournis directement par elle a la Caisse d'Amortissement et par ses agences aux Tresoreries Provinciales. Cette operation, qui fortifiait ses fonds disponibles tout en lui permettant une emission triple, se reduisait a faire le Tresor pa}'er le retrait de la circulation de la Banque. Et ie Gouvernement y consentit.

L'effet de ces emissions a jet coniinu, qui avaient double en trois ans la circulation fiduciaire des banques sans un developpement correspondant du commerce et des transactions, se produisit alors comme toujours: la speculation devint chaque fois plus effrenee, les nouvelles entreprises, de viabilite douteuse pour la plupart, pullulerent; les demandes d'argent se faisaient entendre de toute part, la disette apparente de numeraire, employe a des fins souvent infructueuses, forcait a imprimer de nouvelles series d'assignats. Et bientot Tunite d'emission fut substituee par la piuralite, dont la premiere victoire fut le decret du 3i Aout iSSy, faisant la concession au Banco Commercial e Agricola de Rio. Nous reviendrons sur ce point.

CHA.PITRE Vni

LA CRISE DE 1S57. LA PLURALITfi d'^MISSION. LA LOI DE i860.

L'annee de iSSy fut pour PEurope et les Etats-Unis une periode de grave crise financiere. Les rapports commerciaux de ces marches avec le Bresil etaient trop etroits pour que le contre-coup ne s'en fit pas sentir en ce pays. Les creanciers europeens ou americains, genes pour leurs paiements locaux, exigeaient de leurs debiteurs bresiliens le solde immediat de la balance en leur faveur, d'ou de tres nombreux envois de metal draine des places de cette derniere contree.

La crise, provoquant une restriction considerable de la consommation, surlout pour les denrees coloniales de luxe exportees par nous, nos marchands ne trouvaient aucune facilite pour vendre nos produits en Europe ou en Amerique, d'oii baisse des prix de nos exportations.

II en resultait plusieurs consequences graves :■ I'essai de solder nos dettes a I'etranger par des envois de marchandises fut liquide avec pertes, a cause de.la chute des prix, et exigea un envoi complementaire de numeraire ; notre actif interna^ tional diminua de valeur, en face d'une exigence croissante de monnaie.

Une periode de sortie d'or etait done inevitable.

Les seuls moyens de la combattre ou d'en attenuer Pintensite eussent ete I'existence d'une circulation saine, I'eievation de I'escompte, une productivite generale telle, creee par la situation economique anterieure, que ce drainage n'alilectat que legerement les transactions interieures.

Or, rien de cela n'existait.

Le mouvement fictif d'affaires nouvelles, cause par le couraat inflatioaniste, etait, soit trop recent, pour les affaires serieuses, soit trop illusoire, pour les speculations de Bourse, pour que I'on put en faire etat ; d'ailleurs, toute expansion d'industrie et de commerce importait a creer de nouvelles necessites d'argent imposees a la circulation locale. La retraction subite du credit, causee par le devoir de faire face au remboursement des billets par la Banque, devait done produire de nombreuses faillites. En effet, le rapport de la commission speciale de 1859, sur la crise de I'annee antecedente, evalue a i5.ooo conlos le chiffre des partes dues a ce chef, rien que sur le marche de Rio .

Quant a I'escompte, et cette observation condamne la capacite technique des directeurs de Finstitut d'emission, au lieu d'en elever la taxe, ce fut le contraire qui arriva. L'annee de i856, ayant montre cette activite fievreuse qui precede de tres pres les crises comnierciales, celle de iSSy s'ouvrit avec un taux d'escompte inferieur a celuide I'annee d'auparavant. Et cependant des le mois de Novembre et jusqu'au 14 Decembre, des nouvelles precises lui arrivaient sur la gene financiere des marches de' I'Ancien Continent et de I'Amerique, sans que la Banque prit aucune mesure pour defendre et fortifier son encaisse metallique.

EUe fit plus : malgre la crise franchement declaree, elle abaissa son taux d'escompte progressivement de 1 1 a 10 "/^ en Janvier, et de 10 a 9 % le 10 Fevrier i858, quand le change etait deja tombe a 24 pence, et, manque de traites, la Banque exportait deja du numeraire. L'annee d'avant, au mois d'AoQt il etait a 8 °/o pour ne remonter a 10 et i i % qu'en Decembre. La faute en incombait directement a cet etablissement, certes ; mais comment en separer la responsabilite du Gouvernement qui y avait deux representants comme president et vice-president ?

Quant a la circulation, il est inutile de dire quelles ctaicnt ses defauts, apres avoir public les tableaux des pages preccdentes, ou se trouve photographice la veritable orgie des emissions, dont les consequences commencaient a se faire sentir. Mais il faut mettre en lumiere una nouvelle cause perturbatrice de la situation deja si troublee des changes : les petites banques rivales du principal institut d'emission, vis-a-vis de I'efFort fait par celui-ci de restreindre la circulation pour Paccrediter pendant la periode de crise, profitaient du vide cree par cette politique financiere abstentionniste pour le combler avec leur propre papier.

D'ou une nouvelle cause d'elTondrement des cours.

La crise de 1857 fut done hatee par le meme phenomene sur les marches de vente des exportations bresiliennes, et rendue plus grave par les vices de la monnaie courante. Les abus de remission creerent les abus de credit, la speculation sans base reelle dans les progres definitivement acquis du pays ; la chute des prix de nos produits, les exigences monetaires des creanciers etrangers drainerent la monnaie metallique hors du Bresil ; la faiblesse et le manque de resistance de Pencaisse de la Banque rendirent cette tache relativement facile ; le manque de valeur professionelle de sa direction fit le reste. Elle serait probablement survenue plus tard, en consequence des vices inninseques de la politique monetaire de I'epoque ; mais au moment de I'explosion, ce fut le marche europeen qui declencha la crise de Rio.

Des les premiers instants de la debacle, le Gouvernement s'etait empresse de faire savoir a la Banque qu'il Paideraita vaincre les difficultes du moment. Au mois de Novembre 1857, les billets affluaient a ses guichets pour etre convertis en metal ou en papier-monnaie du Tresor, et.cela a tel point que le 1 1 du mois le remboursement fut arrete . La proposition du rninistre des finances, datee de cette occasion, fut d'ouvrir a Londres un credit de 3.000 coh/o^, d'accord avec le decret

d'organisation de la Banque, lequel prevo3'ait ces operations a I'etranger. L'offre fut refusee le i"' Decembre, comme etant insuflisante, car 1: 600.000 au inoins etaient necessaires pour maintenir le cours du change, et le Gouvernement n'en oft'rait que ii 337.500 ; comme contre-p reposition, la Banque demandait a etre autorisee, par decision secrete, a emettre jusqu'au quadruple de ses disponibilites.

Le Cabinet reflechit ; il fitsentir de nouveau son intention d'empecher la ruine de I'instiiut d'emission, et tout en ne repoussant aucune des suggestions faites, declai-a qu'il ne les realiserait qu'en temps opportun, sous la pression inevitable des faits.

Effectivement, les agents financiers du Tresor a Londres recurent I'ordre de payer les traites de la Banque, s'elevant a £ 35i.25o a la mi-Janvier i858 ; la Caisse d'Amortissement fournit i . 000 contos en papier officiel pour augmenter les fonds de cet etablissement et permeltre la continuation de I'escompte et de remission.

Cette situation, tout artificielle, ne pouvait durer,et des la fin Janvier i858, convaincue de cette impossibiliie, la Banque arreta tous les envois de fonds en Europe et ne s'occupa que de Pescompte sur place'. Les metaux avaient presque entierement disparu de la circulation, Tor tout le premier, et maintenant I'argcnt le suivait.

La nouvelle solution proposee fut I'ouverture d'un nouveau credit, illimite cette fois-ci,afin que les traites trouvassent toujours couverture . Le Gouvernement prefera agir independamment.

A cet effet, il fit savoir que, si la Banque, moyennant les memes garanties oft'ertes a I'occasion des dernieres transactions, acceptait de tirer des traites jusqu'a concurrence de £ 600.000 aux changes de 25 '/^ pence pour un tiers des envois et de 26 j!?e»ce pour le restant, elle aurait la couverture necessalre a Londres, fournie par le Tresor,

Cette nouvelle offre, si avantageuse pourtant, I'ut refusee .

Le Tresor se tourna vers un nouvel allic, le B.vico Maud, qui accepta de cooperer au maintien du change, le mcme jour du refus du Banco do Brasil, le 12 Mars i858. De la sorte, £ 810.000 furent tirees contre la succursale a Londres, au change moyen de 25 pence. Le second semestre de Pannee est, par la nature des recoltes, au Bresil, celui oil I'or, ou les traites qui le representent, afflue sur les marches locaux. La crise a3''ant eclate en Novembre et se trainant jusqu'en Mars, la decision prise ce mois-ci permit d'attendre les rentrees de fonds par les exportations de nos produits . Celles-ci vinrent, a partir de Juin, alleger la charge du Tresor. II est a noter une coincidence: les derniere3£ 60.000 tirees par le Banco Maud som]asiemsnt dumois de Juin. En Mai i858, un nouvel emprunt fut negocie avec la maison Rothschild, pour un capital de ;t 1.526.300, fi 95 7, "/o , portant 4 % d'interets. Cette operation avait pour butpermettre au Gouverncmcnt de prendre des actions du chemin de ferD. Pedro IL

La tension du marche financier cessa peu a peu, grace a cette cooperation. La confiance renaquit, et lescours remontereilt progressivement de 23 'I, en Decembre 1857, a 25 en Janvier i85S, 25 '/, en Avril avec, tendance a la hausse, a plus de 25 7» en Juillet, a 26 en Aout et meme aupair. Le 12 Aout, un avis ofliciel fit scntir ii la Banque du Bresil que, la crise 'etant enrayee et vaincue, il lui incombait de retablir la normalite du remboursement de ses billets. A partir du 25 de ce mois, la Banque reprit le eoramerce des traites, en tirant a 26 '/^ pence a. 90 jours.

A ce taux, au dessus du gold-point de sortie, Tor afBua de nouveau et I'encaisse se retablit peu a peu . La confiance revint sur le marche.

Le cours des changes I'indique, el la conversion faite au pair a Londres en 1859, portant sur le restant de I'emprunt

6 % de 1829, reduit maintenant a 5 °/o. le prouve une fois de plus, quoique ce fut la premiere operation de ce genre tentee au Bresil.

La convertibilite de la bank-note n'etait cependant pas aussi assuree qu'on voulait le croire . Un grand peril la menacait, a cause de I'abandon de Punite d'emission pour la pluralite des banques investies de ce privilege.

Pour le mieux comprendre, revcnons en 1857.

Toute emission inconsideree porte en soi le germe d'une emission nouvelle. Cela se verifia une fois de plus, lorsque le chifFre du papier du Banco do Brasil, s'elevant demesurement et ne servant qu'a alimenter la speculation, les plaintes se firent entendre sur la disette de monnaie, et les reclamations se multiplierent pour que I'on rendit Techange plus facile, moyennant de nouvelles series de papier-monnaie.

Une politique plus averlie eut resiste a ces sollicitations, et maintenu scrupuleusement le plan de la loi de 1853, mais les idees avaient varie et les anciens errements sur le papier dominaient de nouveau, d'apres lesquels ces signes representatifs de la monnaie se confondaient avec celle-ci et avec les valeurs produites par le travail et I'economie.

Deja le Gouvernement s'etait montre d'une faiblesse injustifiable dans ses decisions sur remission du Banco do Brasil. II ne sut pas resister aux clameurs de la speculation, et le 3 1 Aout 1857 approuva les statuts du Banco Commercial e Agricola, dans lesquels la faculte d'emettre etait stipulee.

Ce qu'il }' a de curieux dans cette nouvelle phase c'est qu'elle se trouvait entierement hors de la Constitution et des lois. La competence en matiere de legislation monetaire appartenait exclusivement aux Chambres, et celles-ci ne furent saisies d'aucun projet modifiant la loi de i853. Le Pouvoir Executif avait agi seul, sans autorisation et par voie dictatoriale. En relisant les rapports du ministere des finances de I'epoque, on voit que ce changement radical d'orientation

avait pour but soulager les embarras de la circulation, crees par les consequences de Pemission cxageree du Banco do Brastl . Comme le faisait ironiquement remarquer Salles Torres Homem, en 1859, tel fut le remede que Pon proposa : combaltre le manque de capitaux par la fondation de nouvelles banques d'emission, dont le papier rembouriable en papier officiel inconvertissable et deja excessif devait servir d'instrument merveilleux d'une plus ample distribution du credit createur de capitaux ! . . .

C'etait le chaos financier. Le Banco do Brasil, des que ces etablissements concurrents furent fondes, perdit le pouvoirderegler la circulation parle retrait de ses propres billets ; a chaque vide ainsi cree correspondait una emission du papier de; concurrents. On se figure ce qu'il pouvait en resulter.

La Banque protesta de suite contre Pinfraction de son privilege : le monopole cree par la loi de i853 etait viole par mesure administrative, non autorisee legislativement. Elle avait en ce moment a sa tete le propre auteur de cette loi, Pancien ministre vicomte d'ltaborahy, dont Pautorite financiere, generalement respectee, etait renforcee par le fait d'avoir propose et mis en marche la loi d'unite d'emission .

Des le 23 Avril 1859, il presenta au Gouvernement, au nom de Pinstitut de credit, un long expose de la situation.

Ses nouveaux devoirs lui inspirerent quelque? lignes destinees a defendre les administrations precedentes des reproches d'incapacite technique qui leur avaient ete adresses; par lui-meme, notamment, dans son celebre rapport comme membre de la section de finances du Conseil d'Etat. En lisant ce document avec attention, on voit bien que la defense etait difficile et que son meilleur argument etait que la Banque avait cede aux clameurs de I'opinion, ou plut&t de la speculation, contre le relevement du taux d'escompte de 8 a q 7o, effectue en Mai iSSy, pour fortifier et defendre Pencaisse metallique . C'etait done une confession de faiblesse.

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L'expose continuait a donner des renseignements sur I'aspect economique du marche, et concluait de la facon suivante :

« La direction de la Banque fait tous ses efforts et conti- « nuera a les faire pour remplir son devoir, en employant « tous les moyens a sa disposition pour restreindre son emis- « sion ; mais elle reconnait que tous ces efforts seront « vains, tant que la diminution du papier en cours ne depen- « dra pas exclusivement de la restriction de son propre « papier et du rachat de celui du Gouvernement, dans les n termes auxquels la Banque s'est obligee de le faire par ses « statuts, sous la condition, virtuelle sinon expresse, de ce « que le papier ofiiciel serait la seule monnaie fiduciaire k 1 faire concurrence a ses propres billets.

« En effet, c'etait la la seule facon de permettre a la « Banque, remission officielle n'augmentant pas et devant « progressivement diminuer, grace au rachat, de maintenir « la parite de Tor et de ses propres billets, en faisant varier « la somme en circulation ; vu que la quantite existante en « 1 853 eiait insuflisante pour les transactions interieures du « pays.

« Les circonstances ont entierement change : outre 4 le papier du Tresor et celui de la Banque, six autres « banques independantes en emettent, et cette nouvelie « monnaie peut substituer les emissions precedentes pour « tous les besoins des transactions privees, c'esl-a-dire, la plus « grande partie des transactions interieures du pays ; en d outre elle peut s'elever au double de la circulation exis- « tante en i853.

« En pareil cas, il pourrait arriver, comme cela se pas- « serait en ce moment, que, meme en operant le retrait de « la totalite de ses billets, la Banque du Bresil ne serait pas « a meme de remplir le but principal du vote de la loi « de t853ii .

Cette allusion au privilege exclusif dont jouissait laBanque d'avoir son papier recu avec cours liberatoire ;\ tous les bureaux de perception, avail aussi pour but montrer que I'avantage etaitinferieur au peril de laisser en circulation le papier des autres etablissements, emis avec des garanties moindres, quand meme, par le remboursement total, ni Tresor, ni Banque du Bresil n'auraient aucun billet en cours.

Ces observations, extremement judicieuses, avaient double poids, partant de celui qui avait mis sur pied le systeme adopte en i853, loi dont les mecomptes etaient dus a la violation des principes qui en avaient dicte le vote .

Heureusement, elles etaient adressees a un ministre des finances capable de les comprendre, et d'agir de concert avec le vicomte d'ltaborahy. Les resultats de cette collaboration furent visibles des le rapport ministeriel de iSSg, redige par Salles Torres Homem.

Aussi la situation s'annoncait-elle pleine de gravite.

Les nouveaux instituts d'emission fonctionnaient deja et la reussite de leurs operations traduisait le plus ou moins de sagesse de leur personnel dirigeant.

Le Banco Commercial e Agricola, au capital de 20.000 contos, reunis difScilement a cause de la tension des aifaires due aux avant-coureurs de la crise, pouvait etablir des agences en tous points des provinces de Rio, Minas et Sao Paulo. L'emission, surveillee par un agent du Gouvernement, se basait sur les regies suivantes de ses statuts, approuves le 3i Aout 1857 :

a Art. i5. La Banque pourra emeltre des billets au jporteuret a vue jusqu'a concurrence de son capital effectif. <t Ces billets seront remboursables en monnaie metallique ou (c en billets du Tresor ; seront garantis par le dep6t d'une « somme egale d'apolices (titres de la Dette Interieure) de « 6 %, ou de celles de 5 ° 'o, en quantite equivalente, et d'actions « de chemins de fer, jouissant de la garantie d'interets du Gou- « vernement ; tous ces titres figureront a leur valeur nominale.

« Tous ces titres appartiendront a la Bmque et resleront en « depot dans ses caisses. Tant que remission garantie par « les titres cites n'aura par atteint le capital effectif de la « Banque, celle-ci pourra, pour tout I'excedent de 50 a 100 % « du capital realise, emettre des billets au porteur et a vue, dont « le remboursement en metal ou en billets du Tresor sera « garanti par une encaisse de ces especes, de 50 "jo au moins « de remission. La coupure minima sera de 20$ pour la «; Banque centrale et de 10$ pour les filiales et les agences. »

L'emission commenca en Mars 1858, et continua jusqu'a la liquidation, le 9 Octobre 1862.

Le Banco do Rio Grande do Sul, au capital de i .000 contos, obeissait aux memes idees. Le decret d'approbation des statuts, du 24 Octobre 1857, n'avait introduit que de legeres modifications au type precedent. L'emission etait garantie par le dep&t d''apolices de 6 °/o ou 5 et 4. , en quantite correspondanie, et d'actions de societes ayant une garantie de 7 "jo au moins, donnee par le Gouvernement imperial ou celui de la Province; la coupure minima etait de io$ooo. Get etablissement commenca a fonctionner en Juin i858; le maximum de son emission fut de 14:090.$ en Aout de cette annee ; c'est-a-dire qu'il renonca volontairement a I'exercice de cette faculte.

Le Banco de Pernambuco, au capital de 2.000 contos, commenca a travailler en Mai 1858. Les statuts, approuves par decret du 11 Novembre 1857, avaient une nouvelle stipulation pour garantir remission : 5o°/oSeraient garantis comme pour lesautres banques, et les 50 % restants par les titres en portefeuille; la coupure minima etait de io$ooo.

Le Banco do Maranhao eut ses statuts approuves le 25 Novembre 1857 et commenca a travailler en Mai i858, sur les memes bases deja citees pour la Banque de Pernambuco.

Le Banco Rural e Hypothecario obtint la faculte d'emettre par decret du 27 Fevrier 1858. Son capital de 8.000 contos

fut eleve au double; ses operaf'ons commencerent, pour remission, en Fevrier i85j.

Le Banco da Bahia, identique a ceux de Pernambuco et de Maranhao, emit ses premiers billets en Novembre i85S. Le capital etait de 8.000 co.ilos. La coupure minima fut de 20$ooo.

Outre toutes cei banques, une foule d'etablissements privesinondaientles marches de pales, promesses de paiement, coupures circulant comme monnaie, troublant les cours, introduisant panout le plus complet desordre. Le Gouvernement se vit oblige de se\'ir contre ces emissions illegales (i).

Les six banques susnommees eurentdes durees variables. Laloide iSobenleva le droit d'emission a celles qui avaient resists jusque la.

Le resume de leurs operations se trouve dans le tableau suivant :

Tableau synoptique de remission de six banques ind6pendantes

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