ooo$(XX
-Comptes-courants. . . . 26.711 151 3$Roi
Compte.de caution . . . 38.o22:663$930
Compte de rachat. . • » 2q,822!Ooo$ooo
Compte de credit agricole. 5.9oo:ooo$ooo
Portel'euillo hypotliecairc et credit agricole. . . .
Solde de comptes divers
D6p6ts
Des 66.5oo conlos, effectivement verses, par les actionnaires pour constituer le capital do Banco do Br-jsil, 52.3oo environ avaient ete engloutis dans le gouffre cree par la mauvaise direction de cet institut de credit.
Au Bjiico da Republics cios h'!sLi.1')s Um'dos: do Ih-jsil les affaires allaient encore plus mal, et ne pouvaieiit s'equilibrer que grace aux libtralites oflicielle > dans revaluation des depots en or servant de garanties au\ emissions. C'etait, en derniere analyse, la nation qui se chargeait de valoriser, aux dcpens des contribuables, I'actif compromis par la mauvaise gestion des directeurs choisis par lesactionnaires.
Au 28 Fevrier i8q3, les chiffrcs figurant au bilan se presentaient de la facon suivante ;
Actionnaires : versements a eflectucr 69-:433$40o
Effets escomptes et a toucher 66.oi3:si2$i32
Comptes-courants garantis i7'>-S('7-(^-$39^'
Comptes-courants n-6neraux (sans g-arantie). . . . 1 3 . 1 47 : 565$68o
Mobilier de la banque 61 -SYW^^ '
Fends publics (j/>o/iVes et titres des litats) . . . . 23 . 89 1 : 256$'365
Actions et obligations 4' .4'io=3^7$9fto
Titres en liquidation 9W:372$9''50
Portefeuille hypotliecaire (compte de capital) . . . 334:039$63S
Actions amorties 90:ooo$ooo
Succursales et agences '7 . 288 : 043$532
Cauticin au Banco do Brjsil 11 .825:ooo$ooo
Dipi'ti sp&ial au Tresor i9.856:ooo$ot)0
Trcsor — Garantie de I'cmissiou:
En or 74.5i4:o90$ooo
En apolices 53.50o:ooo$oa) I28.oi4:090$non
Valeurs deposfSes ;
En gage commercial . . . 273.470:596$22O
Appartonant a des tiers . . 9.98S:778$840 283.456:37S$o6o
Charges de I'emission 10. 060 1 0521070
Soldes crediteurs comptes divers 281 :752$i6(i
Encaisse :
7o/t>s dii Tresor et de la Caisse d'Amortissement . . 55i:633$ooo
Total. 7fi7-S24:495$689
Les effets escomptes et a toucher etaient devalorises pour plus des deux tiers: leur valeur reelle maxima serait de i9.8o4:o53$639. Les comptes-courants garantis valaient tout au plus 5o °/o des chiffres pour lesquels ils etaient portes au bilan .
Les comptes-courants generaux, avances faites sans garanties, ne paieraient que 40 °/o de leur total, et encore une telle liquidation serait providentielle, declarait le rapport tetrospectif des directeurs en 1 902 .
Les fonds publics se maintenaient aux chiffres inscrits.
Les actions et obligations appartenant au Republica figuraient pour 41 . 46o:327$98o ; selon la cote du jour, leur valeur exacte etait de i3.997:i7o$3io, 62 % de depreciation .
Lestitres en liquidation auraient du etre portes a Profits et Pertes, car ils ne valaient absolument rien.
Les valeurs deposees en garantie montaient a la somme de 273:47o:59D$22o, mais les chiffres rectifies d'accord avec la cote actuelle des titres etaient inferieurs de beaucoup a cette somme. Pour augmenter les difficultes, un assez grand nombre de ces valeurs n'etaient pas integralisees, de sorte que la Banque se trouvaii encore sujette a Peventualite de faire face a des appels de fonds.
Rectification faite, les chiffres probables de Pactif seraient :
Actionnaires, versements ii effectuer 697:433$400
Effets csconiptOs et a toucher . i9.8o4:n53$63q
Comptes-courants garantis 89.783:83i$i9c)
Comptes-courants gcnSraux ,5.259:026$272
Mobilier de la Banque 6i:379$6n
Fonds publics .' . 23.891 :256$o63
Actions et obligations 15-997: i7o$3io
Portefeuille hypothecaire (compte de capital) . . . 334:039$635
Succursales et agences. 7.288:043$S32
Caution au Banco do Brasil ii.82S:ooo$ooo
Depot special au Tresor I9.856:ooo$ooo
Tresor :
Garantie dcs Emissions— en or
Garantie des emissions — en
''polices 53.5(»:ooo$ooo 2o8.24o:686$593
Tous les chapitres avaientdonc subi une forte diminution, deux d'entre eux meme avail disparu (titres en liquidation, et charges de I'emission), sauf un seul : la valeur des garanties deposees au Tresor.
Le decret dictatorial du 17 Decembre 1892 avait stipule une chose curieuse: au lieu de calculer I'or au change du jour, pour le substituer par des titres-papier, ce qui eut donne la valeur exacte, reelle, du metal, ce document officiel avait etabli que les nouveaux titres seraient des apolices-or, emises sur la base precedente, de sorte que cela equivalait a plus que doublet la valeur actuelledu depot. Ainsi les £8.38 1.787-8-0, or, deposees au Tresor, qui, au change de 1 3 pence adopte pour la conversion, representaient 154.740:6^68593, papier, furent transformees en apolices-or, dont les cours s'etablissant d accord avec Pagio du metal produisirent des benefices considerables pour la Banque, aux depens de la nation devenue responsable pour une emission de titres sans contre-valeur, une donation injustifiee faite a cet etablissement de credit.
La difference entre For calcule au cours du jour et les chiffres portes precedemment en compte, etait effectivement une propriete de la Banque, en tant que banque de depot.
L'etait-ce encore, comme banque d'emission, devant par consequent repondre pour le remboarsement a vue et en or de ses billets ? Cette somme, de 8o.22b:596$593, vint cependant bonifier I'actif.
Valeurs deposees
Soldes crediteurs, comptes divers Encaisse
2a3.456:37.=;$o6o 2O7:858$20O 55i:633$ooo
Total
Le Republica disposait done, au maximum, de
687. 253 :786$5 16 pour faire face a uii passif compose de la facon sui\'ante :
fimission de billets. '277.042:27o$ooo
Emission de cheques en or i .709:2o8$g42
Traites de la Lxinqne, comptes couraats et a tcrme . 5.455:8r2$635
Tresor :
Compte de caution. . . . i2.S95:72i$5oo Compte de vente d'or. . . 7 •570:301 $970 Compte spdcial ... . 24.743:445$03i Compte de commande de
billets 29:765$n70
Compte de prets a liquider . 11 . ii2:5oo$oi»
Compte de caution speciale . i9.8.56:ooo$oon 75-907:733$S7i
Caution au Banco do Brasil 1 1 . 825 :ooo$ooo
BtTWco ito BnTSjV : compte de caution 9.25S:402$98o
Effets ;'i payer 57:858$2O0
Succursales et ag-ences 7 . 167 : 732$844
Dcp(^ts 283.456:375$o6o
Banco da Republica do Bwuil 864: 501 $003
Comptes divers i .839: 1441580
Dividendes 648;77i$320
Exc6dent de I'actif sur le passil':
/?e/i?Ma/du capital verse. . 1 1 .326:541 $981 Actionnaires, \'ersenicnta a
cll'ectuer 697:433$4oo ]2.o23:975$38i
Total 687.253:786$Si6
En resunie,du capital initial de 90.000 co«/os la presque totalite avait ete perdue, laissant un solde de I2.023:975$38r, dont 697:433i4oo n'avaient pas ete verses.
Les partes du Republica etaient done de 180.497:305.1766 ainsi distribuees:
Escompte.
42 2<.9:45lj$493
?.lt8«:5r,9$4ot> 25-46.Vi57$t'70
Comptes-couraiits garantis .
Comptes-courants giincraux .
Actions et obligations . . .
Comptes divers
Charges de I'limission . .
io.o69;o52$o7cj i.oo9:372$96u
Titres en liquidation et action amortios,
Total des pertes
iito.497:3n5$766
Ces chiffres absarbaient les benefices et le capital jusqu'ii concurrence des sommes suivantes :
Difference sur les d6p0ts do garantie. . f!o 226:596$593
De cet examen de la situation reelle des deux banques, il resulte que, au moment de la fusion, les capitaux des actionnaires ne pouvaient etre evaluei globalemtnt au dessus de 59.7i5:o!4.S282, dent 34. 197 43 3^400 n'avaient pas encore ete verses, et ne pouvaient I'eire, vula crise generale des places commerciales du Bresil .
Le capital realise se trouvait done rcduit a 25.ai7:58o$882.
Banco du Brasil 47.691 :o3R$qoT
Banco da RepiMica dos Esladits Unidos do Brazil . i::.n23:07.=;$38i
A d6duire:
Versemonts k effectuer au Banco
do Brasil 33 . 500 : ni wifooo
Vcrsements a effectuer au Banco
da Republica dos Estados
Unidos do Brasil . . . . 697:433$4oo 34. i97:433$400
Fonds de reserve special Une partie du capital .
Total
Total
5Q.7iS:ui4$282
Restc
Tel etit du etre le capital reel de la nouvelle Banque resultant de la fusion, majore tout au plus de la valeur commerciale des privileges concedes a Pinstitut de credit qui allait etre fonde. G'etait bien different des 156.500 cowtos qui furent adoptes comme capital de I'etablissement nouveau, 90.000 pour le Republka {oi\ 6g-j : 43i$^oo dt versements non realises furent ainsi bonifies) et (i6.5oo du Banco do Brasil.
C'etait exactement la verification de cette situation qui avait fait reculer le Gouvernement devant la reorganisation loyale de ces deux banques, car revaluation des engagements et des disponibilites, selon Popinion d'un haut fonctionnaire du Tresor, charge de cet examen, avait fixe un maximum de 40.000 contos pour le capital reel effectivement represente par le solde final descomptes.
D'autres graves erreurs allaient rendre impossible la vie du nouveau Banco da Republka do Brasil.
La premiere etait la faculte de recevoir ses propres actions en paiement de dettes. Cela equivalait a diminuer les garanties des creanciers pour depots et autres, en faveur des actionnaires, a diminuer les moyens de fortifier I'encaisse, trop faible deja, en recevant des titres au lieu de numeraire, surtout si I'on pense que ces actions etaient recues a leur valeur nominale, quand leur cote etait de 20 "/„ de celle-la, a peine. C'etait done un acte malhonnete, envers tous les deposants.
La seconde erreur grave etait le systeme, suivi depuis longtemps et que I'on continua a observer, de distribuer systematiquement des dividendes de 6 °/o s'ur un capital fictivement majore.
II est facile de voir que 6 % sur le capital nominal de 1 90 . 000 contos au commencement, reduit plus tard a 1 5o.ooo et a 100.000 par la reception d'actions et la dispense des versements a effectuer encore, un tel dividende etait absolument impossible a obtenir avec un yvorking capital reduit en fait a un peu plus de 25. 000 contos. Cela exigeait des taux que le
marche ne pouvait payer, et ne pouvait etre obtenu que par de veritable j distributions du propre capital de la Banque.
En 15 semestres, de iSgS a 1900, 53.270:736$ furent ainsi distribues, ce qui correspond a 7. io2:764$8oo par an. Pour un capital efTectif de 25.000 coMtos environ, cela represente a peu pres 28 % ; pour celui de So.ooo coiitos (si on voulait donner cette valeur complementaire aux privileges du Republica)^ cela serait encore de 14%. Or, en pleine crise, la place de Rio et celles ou fonctionnaient les succursales ne supponaient pas de pareilles exigences .
II est done facile de comprendre qu'avec de pareils gernies en son sein, I'ceuvreprojetee par le malencontreux decret du 17 Decembre 1892 ne pouvait avoir qu'une seule issue : la crise des banques de 1900, qui fut essentiellement, nous ne cesserons de le repeter, une crise de retablissement d'equilibre, qui vint assainir le milieu commercial ou operaient des banques mal gerees et a noyaux avaries par les residus des folies de remission .
II s'ytrouvait encore le point de depart de nouvelles tentatives de developpement de la theorie funeste de Fetatisme intensif.
Fruit d'une intervention gouvernementale intempestive et mal etudiee, le Banco da Republka do Brasil portait en soi les cause; et les pretextes de la continuation de la meme politique, soudant indissolublement cet institut au Tresor. II fallut encore la crise de 1900, et la reorganisation de 1905 pour eclairer les horizons, et construire de facon logique et solide cet edifice de caractere mixte .
Independamment de I'impression causee chez les interesses, les actionnaires des deux banques, surtout le Banco do Brasil^ dont peu de personnes soupconnaient I'etat de faiblesse commerciale, etdu desastre financier qu'une fusion en de telles conditions representait pour la collectivite, la reforme avait provoque des critiques dont quelques unes ponaient juste.
Regler d'un trait de plume la situation contractuelle des banques d'emission ? Donner le privilege de battre monnaie a une banque resultant de la fusion de deux etablissements en tres mauvaise passe financiere ? Preferer ce plan a celui de la reprise par le Tresor des billets en cours, et de I'accord avec les instituts concessionaires pour le rachat de leurs concessions ? Vouloir combattre la speculation causee par les abus de credit decoulant de la fabrication de monnaie a jet continu, et simultanement la provoquer en creant un titre nouveau, le bonus, faisant office de numeraire ? Emettre d'une main, et ordonner le rachat du papier-monnaie de I'autre ? Telles etaient les critiques qui se faisaieni entendre et auxquelles la reponse donnee etait le classique salus populi supreina lex esto, quoique d'aucuns fissent remarquer que le salus populi nese trouvait pas exclusivement dans les solutions attenuantes des difficultes financieres des speculateurs de la Bourse de Rio, ou des folies et indelicatesses commises par les banques beneficiaires du droit d'emettre .
Aujourd'hui, lecalme etant revenu, ainsi que la possibilite de juger I'ensemble des faits avec la perspective du recul dans le passe, il est evident qu'une grande erreur futcommise en abandonnant le plan Rodrigues Alves. D'aucuns qualifient plus durement cette lamentable decision gouvernementale.
On devait y revenir, d'ailleurs, mais en situation plus grave, avec la surciiarge d'erreurs et de responsabilites due a la solution manquee du 1892 et aux expedients imposes par la revoke de 6 Septembre, I'autorite morale du ministre des finances diminuee, ne pouvant que suggerer et demander en 1895 ce qu'il eut pu imposer des 1892. 11 ne faut pas oublier, en effet, que le 7 Decembre de cette annee expirait le delai de deux ans fixe par la loi de 1890, sur la fusion du Banco Nacional et du Banco dos Estados Unidos do Brasil, pour que les banques d'emission completassent leur circulation.
EUes ne I'avaient pas fait ; un simple decret pouvait done et devait declarer leur decheance a ce point de vue.
Quant au Banco da Republican une politique, inipirce plus directement par les interers de la coUectivite que par ceux des responsables de la direction des etablissements de credit, eut avec plus d'autorite empeche la rechute dans les anciens errements du Gouvernement Provisoire.
II eut fallu elaguer, faire la part du feu, accepter les sacrifices necessaires et ne pas vouloir artificiellement donner la vie a des moribonds, avec le seul resultat de prolonger leur agonie et de faire peser sur la masse des contribuables les consequences et le prix, hors de toute raison, de la thsrapeutique appliquee .
Ce fut ainsi que I'on prepara la conservation et le developpement des causes de desastres que les consequences de la revoke du 6 Septembre iSgS devaient rendre infiniment plus graves, et qui firem explosion en 1900,3 I'occasionde ce qui fut appele la crise des banques.
Le plan Rodrigues Alves eut limite le mal. La fusion le rendit inevitable et plus vaste .