SI
allait eii cLiquant les portes. L'airolement prit iiaissance, la panique s'etablit et la Banque fut forcee a siispendre ses paiements.
Le meme jour, et en consequence de ce fait, lesbanques 7^Hi\3/ e Uypoihecario et Lavoiira e Commercio fermcrent leurs guichets ; le lendemain, ce fut le tour du Banco Commercial.
L'action du Gouvernementet des Chambres fut immediate. La crise s'etait declaree le 12 Septembre : en huit jours un plan de restauration financicre de cet institut de credit avait etc mis surpied et vote par le Parlement, et le 20 Septembre, la loi n. 689 etait sanctionnee par le president Campos Salles.
Dans ses lignes generales, elle autorisait le Tresor a dcposer a la Banque, en compte-courant, £ i. 000. 000 pris au fonds de garantie cree par la Ipi du aoJuiilet iSgg; pour payer les dettes de cet etablissement, le Gou\ ernement emettrait des apoHces speciales, 3 % papier, valant de 100$ a 1:000$, rachetables en cinq ans, par voie de tirage au sort si leurs cours ctaient superieurs au pair, par voie d'achat dans Fh^'pothese contraire ; les fonds pour le rachat seraient fournis par ia liquidation prudente des valeurs possedees par la Banque. Ces titres seraient recus au pair par celle-ci en paiement de dettes, non specialement garanties par h\'potht;ques ou gages ; pour les dettes de ces decix dernieres categories, les apolices speciales pourraient etre acceptees au taux exact de leur valeur, jamais au dessus du pair, toutefois . La somme de 25.000 conlos y serait encore deposee en compte-courant, portant 2 % d'interets, afin d'aider les operations legitimes d'escompte.
■ Pour que ces faveurs devinssent elfectives, les actionnaires du Banco da Republica devraient donner mandat au Gouvernenient pour gerer leurs capitaux par des directeurs nommeietmis apiedparlui: ce mandat devrait durer jusqu'ii Tamortissement complet des inscHpcoes (nom donne aiix apolices speciales de 3 "/<, ) et de la dette de la Banque envers
le Trcsor. Pour cela, les statuts devraient etre modifies, et la procedure pour y arriver etait stipulee par la loi.
Le mandat serait irrevocable , et la gestlon n'aurait pas a etre surveillee par ur; comite quelconque des actionnaires.
Cette delegation donnce, la Banquc aurait encore a convoquer ses creanciers pour les consultersur Pacceptation des inscripcoes en substitution de leur creances ; cette acceptation, pour etre valable et obligatoire, devrait avoir lieu pour les deux tiers, au moins, de la valeur totale des creances, et etre homologuee par le Pouvoir Judiciaire.
Toutes les formalites legales observees, d'accord avec les modifications speciales apportees par la nouvelle loi, I'accord serait obligatoire pour tous les creanciers sauf les creanciers hypothecaires et privilegies sur les immeubles, les privilegies et les porteurs de billets de I'ancien Banco do Brasil .
Le refus de I'accord entrainerait la liquidation forcee du Banco da Republica .
L'execution de la loi se fit aussi vite que son vote. Le 22 Septembre, la reforme des statuts fut votee par les actionnaires, etle Gouvernement nomma les deux directeurs ; le 27 Septembre, les creanciers accepterent I'ofFre de liquidation de leurs creances, et les representants officiels entrerent en fonction . La liquidation commenca, d'accord avec le reglement interne elabore pardecretdu 17 Octobre 1900.
Quant aux autres banques, qui avaient suspendu leurs paiements a cause de la faillite du Republica, le Congres vota une loi speciale, du 10 Octobre, modifiant la procedure en cas de liquidation forcee. II leur etait concede un delai de 60 jours pour declarer si elles voulaieiit se soumettre aux dispositions de la nouvelle loi, et celle-ci admettait un delai maximum de quatre mois pour permettre aux banques de celebrer avec leurs creanciers des accords extra-judiciaires, valables des qu'ils auraient reuni les deux tiers du chiffre total des creances. De la sorte, la reorganisation de ces etablissements de credit
pourrait se faire, avec I'avantage de jeter le lest des valeurs nuUes, qui pesaient sur les bilans de ces maisons de commerce .
Le nouveau regime fut accepte par les banques Rural e Hypothecario. Commercial do Rio dc./aneiro, Deposilos e Desconlos, Credito Movel, Franco-Brasileiro, Intermediaries Italia-Brasile.
Le Banco da Lai'oura e do Commercio, qui avail suspendu les paiements, les reprit quelques jours plus tard .
La crise etait vaincue , la vie normale recommencait sur des bases plus rapprochees de la realite des choses.
De cette periode date la reprise Tranche de I'essor economique du pays. Quelques consequences de I'ancienne situation et de la procedure nouvelle durent encore etre liquidees ; des proces et des embarras exigerent encore des soins et I'intervention discrete du Gouvernement, mais le mauvais pas etait franchi, et I'assainissement du marche definitivement obtenu.