‹ La politique monétaire du BrésilChapitre 72 sur 86 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

LA CR[SE DE SQRPRODUCnoM DU CAFE. LE « CONVENIO DE TAUBATlS ».

Les exportations du Bresil ctaat principalemcnt representees par le cafe', les crises de cet objet de consommation ont une repercussion immediate sur la circulation. Ce fut vers la fin de la piriode presidentielle de Mr. Rodrigues Alves que ces rapports d'interdependance arriverent a leur maximum d'intensite, et donnerent naissance a la malheureuse intervention officielle du Convenio de Taubale (du nom de la ville oil I'accord fut signe entre les presidents des Etats de Rio, de Sao Paulo et de Minas Geraes) et de la Caisse de' Conversion. Le Gouvernement Federal se desinteressa de la premiere des ces mesures, et ce fut un acte de faiblesse, et refusa definitivement de collaborer al'adoption de la seconde. Le Congres ne voulut pas accepter les excellentes raisons presentees pour ne pas faire du dilettantisme financier en matiere monelaire, et crea la Caisse de Conversion, sous I'inspiration de Mr. Affonso Penna, president nouvellement elu, dont les fonctions allaient commencer le i5 Novembre

Les engines en etaient lointaines, quant a la tentative de legiferer sur les cours du cafe : la hantise d'un minimum de prix de vente dominait depuis longtemps les cerveaux de tous ceux qui s''occupaient de ce commerce .

Les disponibilites creees par les emissions avaient ete employees, en partie, a I'achat ou a la formation de grandes cultures cafeieres ; la hausse des prix de cette utiliig et I'abon-

dance du papier-monnaie agirent dans le sens de faire monter le prix de la terre, et ainsi les proprietes agricoles (faienJas) furent acquises bien au dessus de leur valeur normale. Cela allait peser plus tard sur le prix de revient du cafe, jusqu^au retablissement de I'equilibre economique par la liquidation de la premiere operation ruineuse, et Tachat des terres, a leur juste valeur, par un nouveau proprieiaire .

La meme cause explique Tendettement de la propriete fonciere pour la creation de nouvelles cultures. Vers la fin dii siecle, la dette hypothecaire des producteurs de cafe etait evaluee a plus de 450.000 contos, dont la presque totaiite etait due par la culture de Sao Paulo.

Le cafe, en effet, semblant echapper au phenomene general de la baisse des prix, constituant une exception presque unique, au dire des economistes, continuait a augmenter de valeur, et montrait des cotes de i32 francs les 5o kilogrammes, au marche du Havre, au cours de I'annee 1S90, et se maintenait aux environs de 100 francs jusqu'en i8s)5.

La baisse du change, ne se refletant pas immediatement sur les salaires-papier, tandis qu'elle donnait de suite plus d'ampleur au nombre de re?'s-papier des ventes effectuees, donnait aux producteurs Tillusion d'une situation prospere, que le retablissement du rythme entre les salaires et I'or allait gravement compromettre .

La production du cafeier n'^est pas immediate. II lui faut en moyenne cinq ans pour atteindre sa productivity normale. Ainsi, le developpement des cultures' de 1890-1892 n'allait faire sentir son influence depressive des prix que vers 1897.

Voici, d'ailleurs, des chiffres qui Ife prouvent, et qui se rapportent aux marches de Rio (par i5 kilos)" et du Ha\Te (par 5o kilos).

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