‹ La politique monétaire du BrésilChapitre 85 sur 86 · I. I:COO«000 -I- l:120»000 ==2:220(1000 SOit · texte numérisé non relu

I. I:COO«000 -I- l:120»000 ==2:220(1000 SOit

II. i:ooo«ooo -I- i:o56>ooo = 2:056^000 • C 128-10-0! a 15 pence III. i:oootooo -1- i:o2<($ooo = 2:o24$ooo • £126-10-0)

I. Qsrfsoo -I- i:o74»8oo = 2:oi2»3oo SOit £ 134- 2-8 J II. 937*500 -f no2o;ooo = i:957f5oo . £ i30-io-o| i 16 pence IH- 937*500-1- 992*000 = i:929»50o • £128-12-8)

Com me il est facile de le calculer, le premier groups des importations, payant 20 7o de droits, n'aura une augmentation finale de prix, e.Kprime en or, unite des valeurs, que de o,5 %■ Celles payant 80 % verront cette augmentation varierde 1,2 %! pour les marchandises acquittant les imp6ts 5o °/o, en papier, et 50 % or, a 1,6 % pour celles les acquittant 65 7o, papier, et le complement en or.

Ce ne sont pas de telles differences qui peuvent produire de grandes oscillations d'offre et de demande.

D'un autre cote, noti-e endettement vis-a-vis de Tiitranger n'augmentera pas, car c'est seulement la partie afferente aux droits de douane qui croitrait, justement la parcelle eventuellement modifiable, s'il en ressortait quelque avantage pour les commercants.

Aucun danger n'est done a craindre, au point de vue protectionniste, pour les adeptes de cette ecole, quant au marche interieur reserve a la production locale. Comme corollaire, aucun danger pour la main-d'oeuvre dont les conditions n'auront pas a varier, puisque les conditions du marche seront les memes.

L'industrie nationale, par- consequent, n'aura rien a craindre de la hausse du change de i5 a 16 pence ; au contraire, elle aura tout a gagner de PelargissenTent du marche decoulant de Taugmentation de la puissance acquisitive de la

circulation, et de la croissance de la capacite de consommation de ses clients en general.

Insister, comme le font certains adversaires de cette mesure, a dire que la situation presente est artificielle et due a intervention gouvernementale est un non-sens. Personne ne complique les questions monetaires pour se creer des difficultes, que nul ne pent mesurer d'avance. La hausse est faite par le jeu naturel des facteurs economiques. Dejd, en 1906, le taux adopte pour I'emission de la Caisse de Conversion avait force le Tresor et le Banco do Brasil a agir dans le sens de la baisse, car le chiffre reel fixe par le marche libre etait superieur de a a 3 pence a celui dela loi. Des ce moment, il etait facile de prevoir que I'appareil compresseur des cours, par I'emission, cessant de fonctionner, I'essor ascensionnel se ferait senfir. Cefut, point pour point, ce qui arriva. Nousl'avons deja explique, d'ailleurs .

Et pour donner une preuve decisive de I'inanite de I'accusation, il suffit de rappeler que le Gouvernement ne pourraitagir que par I'intermediaire du Banco do Brasil . Or, celui-ci se limita a accompagner, et plus tard a prendre la direction du mouvement, dessine en premier lieupar les banques etrangeres. Cefureni celles-ci, entierement independantes de toute attache officielle, qui commencerent la hausse ; et elles le firent parce que les conditions du marche I'imposaient. Toute allegation en sens contraire est denuee de fondement et ne repose sur aucun fait.

Depuis lors, Paction du ministere des finances s'est bornee a surveiller les interets du Tresor, a ne pas se laisser surprendre par devolution monetaire et rien de plus. C'est perdre son temps que \'ouloir decouvrir n'importe quelle intervention officielle dans les cours que, seuls, les facteurs normaux du marche ont assignes a la valeur-or du papier-monnaie .

Une autre serie de considerations s'impose, en reflechissant sur les chiffres des interets lies a la variation du change

dans un sens ou dans I'autre. Soil comme nombre, soil comme valeiir, c'est indubitablement vers la hausse que doit se prononcer la tres grande majorite des habitants du Bresil.

Sous le premier aspect, le nombre, il suffit de considerer la. /agenda du cafe ou de n'importe quelle autre production. Pour un detenteur, ou une minorite de detenteurs du capital employe en teixes, machines, mecanisme d'echange, etc., se presentent des salaries en majorite ecrasante. Nous resterions au dessous de la realite en etabiissant le rapport de i : 20.

Gertes, en pratique, il n'est pas possible d'isoler ainsi les coUaborateurs de la production en deux groupes purs, I'un d'emploj'eurs et I'autre d'employes . II y a de nombreuses anastomoses entre eux .

Si I'on y ajoute, pour les grandes administrations publiques, officielles ou non, les chiffres des salaries, quel que soit le nom choisi pour les designer, ceux qui s'occupent du commerce, des transports, etc., I'on verra qu'il n'est pas exiigere de dire que sur cent habitants, quatre-vingt quinze sent interesses a la hausse contre cinq, qui b(fneficient sur la baisse aux depens des premiers.

Si nous passons en revue, maintenant, la valeur economique de ces interets, nous arriverons a des conclusions analogues.

Preliminairement, faisons remarquer que les statistiques du travail n'existent £ncore chez nous qu'a I'etat embryonnaire ; ce n'est que sur de certains points que des donnees exactes peuvent etre fournies, et non sur lageneralite de la production . L'eniploi et la citation de chilfres ne peuvent done signitier la pretention de donner des resultats, mathematiquement inattaquables . Leur seul but est d'indiquer I'ordre de grandeur des rapports etudies. Ces reserves faites, examinons la situation.

Les exportations representent, en papier-monnaie, un million de conlos environ, dont un bon tiers est paye en salaires aux colons, aux manoeuvres, au travail coUaborateur direct du

phenomene productif. Pour s'en convaincre, il suflit de calculer la part afferente a la main-d'oeuvre dans la production du cafe {2$ par arroba, ou 8$ par sac), du caoutchouc (2$5oo par kilogramme) et ainsi de suite.

Les transports par chemins de fer exigent one depense annuelle de plus de 100.000 contos, dont jb a 80 % payes en salaires. Le cabotage solde annuellement plus de iS.ooo contos de la meme facon.

Le budget federal papier s'eleve a 349.500 contos environ, dont 280.000 au moins represented des traitements, des honoraires, des commissions, des gratifications, des salaires ou des travaux, se resolvant en salaires dans le pays.

Les budgets des Etats s'elevent a igS.Soo corilos, ou 140.000 sont destines au meme but..

Rien qu'ici nous avons le resume suivant :

Valeur de la main-d'oeuvre dans les exportations. 3oo.ooo:ooo$ooo Valeur de la main-d'oeuvre dans les transports par

chemins de fer 75.ooo:noo$ooo

Valeur de la main-d'oeuvre dans les transports par

cabotatre i5.ooo:ooo$ooo

Traitements et autres salaires du budget federal,

papier 28o.ooo:ooo$ooo

Traitements et autres salaires des budgets des Etats i4o.ooo:ooo$ooo

Total 8io.ooo:ooo$ooo

Et a ce total il faudrait ajouter les salaires se rapportant aux utilites consommees dans le pays, le commerce d'importation en gros et au detail, les industries nationales et ainsi de suite. Le manque de statistiques nous empechent de supputer ces valeurs, mais il n'est pas excessif de penser que le grand total doit se rapprocher d'un million de contos depenses de la sorte.

En nous tenant aux chifFres precedents, nous arrivons a un rapport de Via 80% entre les paiements des utilites

vendues a Petranger etles salaires payes dans le paj-s pour leur production, leur transport et les garanties de securite que tout Etat doit donner. Si nous y ajoutons, comme nous devrions le faire, si les elements numeriques ne nous faisaient defaut, les consommations locales, le commerce interieur de distribution, les manufactures, etc., nous ne descendrions certes pas au dessous de 70'''„ pour les salaires. Le complement a looserait la part relative a la remuneration des capitaux engages.

Ces chiffres, repetons-le, n'ont aucune pretention a I'exactitude . En realite, ils ne peuvent que servir de base a des rectifications futures, desirables a tout point de vue, afin de provoquer I'etude plus minutieuse des phenomenes economiques dont le Bresil est le siege. Un merite, toutefois, peut leur etre reconnu : ils m.onirent a quel niveau s'eleve approximativement le rapport entre les salaires et la remuneration du capital .

Nous obtenons ainsi les deux pourcentages suivants : en nombre, les interesses a la valorisation progressive de la circulation de papier-monnaie sont 95 "/^ environ des habitants du pays ; comme parcelle economique de la production, ils representent 70 "/^ environ des valeurs mises en cours.

Peut-on, moralement, penser a les sacrifier a la minorite, au cas eventuelj qui peut et doit etre combattu, ou la hausse caiiserait une gene reelle aux detenteurs des capitaux ?

Passons maintenant aux engagements financiers du Bresil, au commencement de Pannee courante.

La Dette Exterieure monte a t: 137.024.807, se divisant de la forme suivante :

Dette federale (au 31 Mars 1910) .... £ 87.920.000 des Etats (au 31 D&embre 1909I . . 40.521.218 » des municipalites fau 3 1 D&embre 1 009) 8 . 583 . 649

Total * 137.024.867

Si8

La Dette Interieure s'eleve a ySo. 754:554$65o, ainsi divisee :

Dette federate (au 31 Mars 19 10) . . , 539.8i6.6oo$ooo

» desEtats (au 31 Dtombre 1909) . i48.030:268$288 1) des municipality (au 31 D6cembre

Total 75o.754:554$6So

La Dette Flottante attaint 343.816:3701878, se subdivisant comme suit, a la date du 3i Decembre 1909 :

Dette flottante f6d6rale 268.224:773$i89

>i » desEtats 75-59i:597$689

Total 343.816 :37o$878

Le papier-monnaie en circulation, au 3i Mars 191 o, s'elevait a 627.o75:26i$5oo. L'emission de la Caisse de Conversion vaut toujours £ 20.000.000, ou 320. 000 co«tos au change fixe pour son remboursement.

Les arrerages de la Dette Exterieure exigent environ £ 8.5oo.ooo.

La hausse du change de-ibpence a 16 produit done une economie de 8.5oo contos sur les sommes depensees pour acquerir les traites envoyees en Europe, pour solder le service annuel de la Dette .

Cette economie est reelle, puisque aucun reinaniement tributaire n'a ete fait, et se distribue entre tous les contribuables, comme disponibilite budgetaire .

La Dette Interieure, la Dette Flottante et le papier-monnaie montant a 1.730.000 contos, sont des creances de la population du Bresil sur le Tresor.

Les interets et I'amortissement ne varient pas, puisqu'ils continuent a etre stipules en papier ; mais comme celui-ci est valorise par la hausse, ces dettes, equivalant a £ 108. 126.000 au change de i5 jpe;^c^, passent a representer fii5.555.ooo

au taux plus eleve. De meme les arrerages, 5i .000 conios environ, valant £ 3.200.000 a pence, sVlevent a £ 3.400.000 a 16 pence.

Le meme raisonnement s'impose quant a tousles salaires et traitements.

La hausse est done I'enrichissement du pays, par la diminution des depenses en papier, et la plus-value de celui-ci.

Seuls, peuvent combattre cette afiirmation les tlieoristes d'unenouvelle unite de valeur, le papier au lieu de I'or. Mais, tant que celui-ci se maintiendra dans sa position actuelle d'etalon unique de mesure de richesse, I'observation estexacte et inattaquable, a moins que Ton veuille confondre les situations d'equilibre, foiidees sur le metal, avec les regimes transitoires des pays qui evoluent, du papier-monnaie vers la circulation en especes monnayees a valeur pleine.

Cette conviction est, d'ailleurs, tellement generalisee, que les propres auteurs de la loi de 1906 sur la Caisse de Conversion declaraient ne pas vouloir entraver la conquete de la parite legale de 27 pence, et desirer seulement reprimer les oscillations brusques des cours .

Maintenant encore, les representants les plus autorises du courant baissier ne parlent que d'augmenter la limite des depots a la Caisse, de C 20.000.000 a £ 40.000.000. Les extremistes sont les seuls a defendre I'illimitation du depot, ce qui equi\ audrait au changement d'etalon. Mais ce sont des voix sans echo, quelle que soit la haute valeur individuelle des defenseurs de ces idees .

De meme, le developpement des sommes deposees a r5 pence, surtout combine avec la mesure que d'aucuns pronent — de racheter le papier-monnaie courant — , ne servirait qu'a rendre plus facile le changement d'etalon. En efFet, tant que la limite ne serait pas atteinte, le change ne pourrait que se maintenir aux environs de la parite adoptee pour remission ; et si, d'un autre cote, le papier remboursable A

27 pence diminuait constamment, ce serait la preparation d'une conversion generale a la parite de la loi, d'ou le changement monetaire, auquel nous venons de faire allusion.

Cette nouvelle tendance, d'ailleurs, a deja ete repudiee par les interesses a la baisse . Les propres producteurs et intermediaires de la culture cafeiere de Sao Paulo, par I'organe d'une Commission speciale du grand marche de Santos, se sont montres d'accord avec la nouvelle parite fixee et maintenue exclusivement par les facteurs economiques du pays : 1 6 pence par mil rets.

Ce qu'ils plaident maintenant, c'est I'illimitation du depot a i6 pence., ou, en d'autres terme3,'le changement d'eialon a ce taux.

La chose est absolumenl impossible .

Nous en avons deja expose precedemment I'immoralite irremediable, les inconvenients pour tous les salaries, les dangers pour le pays, la decheance consecutive pour le Bresil sur le marche international, les embarras crees pour I'appel des collaborateurs etrangers.

Deux autres ordres de considerations corroborent cette maniere de voir.

Si, en 1906, avec un Gouvernement sans mauvais-vouloir contre les cours deprecies, la profonde modification du changement de parite n'a pas ete possible, comment I'obtenir aujourd'hui, que I'ancienne tradition des hommes d'Etat du Bresil a ete reprise, que tous les efforts sont tendus vers le retour au taux moyen, maintenu pendant presque un demi siecle par I'Empire, et auquel tous nos progres sont dus ?

Cette unite de vues, brisee ou tout au moins obscurcie pendant irois ans, s'est retablie, pour la plus grande force et le plus grand bien de I'essor politique et economique du pays. II n'y a done pas lieu de penser trouver, en 19 10, des facilites refusees quatre ans plus tot, en une phase moins caracterisee que la presente dans le sens du sound money .

Et alors, quand le Bresil se trouve en pleine maree montante de retablissetnent de ses forces, quand les amortissemenft suspendus par le Junding-scheme sont repris avec anticipation d'un an et demi sur les delais contractuels ; quand les conversions prouvent notre credit et attenuent nos charges financieres ; quand tout indique I'evolution progressive de la Nation; c'est en ce moment que I'on vient plaider une politique de faillite, de repudiation d'engagements, ou la signature du pays est attachee ?

Le renom du Bresil et sa reputation comme debiteur ne peuvent etre a la merci de pareilles aventures. Les partisans de la banqueroute officielle, partielle peut-etre, mais banqueroute tout de meme, ne triomplieront pas d'un passe de plus de soixante ans de labeur et de ponctualite, a travers les vicissitudes de toute sorte que les evenements nous ont prodiguees.

Contra ces partisans de la depreciation du papier-monnaie se dressent les adversaires de tous temps de la Caisse de Conversion, travaillant toujours au retour de la circulation metallique, selon les regies fixees en 1846, et maintenues jusqu'aujourd'hui .

Places a un point de vue doctrinaire, leurs critiques, parfaitement exactes, se montrent, touiefois, un peu oublieuses des contingences humaines, et sacrifient, peut-etre, a une logique orgueilleuse les temperaments que les nouveaux interets, crees par la loi de 1 906, viendraient exiger.

L'impossibilite, au point de vue abiolu, de fixer les changes a un taux donne a\ ec le mecanisme institue a la Caisse de Conversion, est soulignee par eux. Malgre tous les pronostics, la valorisation du papier-monnaie s'est faite, la Caisse ayant fonctionne comme appareil stabilisateur pendant une periode d'environ trois ans, laps de temps entierement comparable a celuides periodes de fixite des cours, sous la seule influence de la section des changes de I'ancien Banco da Republica.

Si I'on arrive a des resultats comparables par ces deux methodes, pourquoi s'obstiner a conserver la plus couteuse ?

Or, c'est la Caisse qui est la plus dispendieuse, par les frais de personnel et de materiel, et par les interets non percus sur des sommes qui devraient rapporter, si elles se trouvaieni en plein mouvement commercial.

Cette meme creation a engendre de nouveaux genres de speculation sur Tor, reserves aux possesseurs de grandes fommes en especes. Ainsi est-il arrive pour la rapide ascension des depots a la limite legale, sous Faction combinee du manque de resistance economique des producteurs de cafe et de caoutchouc (forces par la-meme a vendre leurs recoltes, et encore presses par les lois limitant I'exportation libre), des importations d'or faites dans le but de profiter de ce facteur favorable aux capitaux metalliques, et de la difference de cours entre les marches des produits et celui de remission des billets convertibles. Ainsi est-il encore arrive, pour profiter des cours du papier en marche libre et de celui de la Caisse de Conversion, pour toutes operations commerciales ou I'assimilation erronee des billets de la Caisse et du papier-monnaie' officiel a donne aux premiers le cours force, dont legalement ils ne jouissent pas. Comme consequence, non directe, mais indirecte de cette situation, les sommes arrivees trop tard pour etre deposees a cet instltut d'emission sont la base d'un afflux d'or a la douane, moins couteux a Timportation que les vales-ouro du Banco do Brasil, qui les emettait a un taux trop bas. Empressons-nous de dire, d'ailleurs, que les mesures recemment prises par la Banque ont retabli I'equilibre de la situation.

La solution proposee, parfaitement justifiee, en theorie, consiste en supprimer la Caisse, par I'appel au remboursement des billets emis.

Et deux arguments de grande valeur sont presentes pour defendre cette proposition : la solution serait definitive,

tandis que toute hausse fixee par la loi exigerait autant d'interventions des Chambres que I'on admettrait de degres ou d'echelons pour atteindre la parite legale ; ce serait le retour aux saines doctrines economiques, I'abandon de la politique d'intervenlion outranciere qui vient de faire ses preuves, si malheureusement.

Un inconvenient en resulterait. Ces Sao.ooo conlos limis par la Caisse se trouvent, surtout maintenant que le change est monte au dessus de 1 5 pence, entre les mains d'un grand noinbre de personnes, incorpores a la circulation ; de grandes sommes s'en trouvent sur les marches recules de I'Amazonie, par effet des achats de caoutchouc, et d'autres a Goyaz et Matto Grosso, pour les acquisitions de betail. Sur les places commerciales du littoral ces billets circulent preferentiellement, par application du principe deOresham. En parelUes circonstances, le retrait d'une masse aussi considerable pourrait jeter le trouble dans les rapports monetaires.

L'observation est juste, et indique que des precautions doivent etre prises pour ne pas provoquer de hearts dans le cycle des echanges. Et c'est pour cela que, depuis longtemps, des esprits eclaires redoublent d'efforts pour acclimater ou deveiopper au Bresil la circulation du cheque et les paiements par compensation. Le projet de modification des textes legaux sur le cheque est en instance devant la Chambre. Le fonctionnement d'une Clearing-house est a I'etude.

Si la rapidite avec laquelle la Caisse de Conversion s'est remplie avait permis d'attendre encore quelque temps, au lieu de forcer a solutionner le probleme a la fin d'une periode gouvernementale, un autre plan eut pu etre suggere, donnant satisfaction generale aux porteurs de billets convertibles, aux exigences du Tresor, a la reduction des charges provenantde nos engagements financiers. Seulement, un tel projet exigerait la continuile et la fermete qu'il est plus fa-

cile de trouver au commencement, qu'a la fin du delai de duree des pouvoirs presidentiels. Nous ne le developperons pas ici, pour ce motif.

Mais toutes ces solutions, theoriquement acceptables, les seules meme qui ne s'inspirent pas d'un empirisme redoutable en matiere financiere, ont, pour les milieux politiques, le grave tort d'etre absolues, de ne considerer que I'essence du phenomene, en negligeant les conditions accessoires, aussi importantes, parfois plus importantes que le but principal de rintervention sollicitee .

Or, gouverner, legiferer, et faire acte de pouvoir public ne correspondent point a etablir le developpement rigoureux et inflexible d'un theme logique : c'est trouver un juste equilibre entre les doctrines et les fails, appliquer les premieres de sorte a reduire au minimum les derangements indispensables pour la conquete de niveaux plus eleves. C'est toujours la loi de I'economie de I'effort, de Paction reciproque des actes et du milieu.

II est indiscutable que les inconvenients des oscillations des cours, graves comme nous les savons, ont cree une hostilite marquee contre toute mesure que I'on croit pouvoir, a tort ou a raison, rendre plus facile le retour des hauts et des bas du temps de la speculation sur I'or. Le desir de posseder de nouveau des changes plus hauts est, pour cela, naturellement tempere par la crainte des consequences ruineuses de la fluctuation des taux. II s'est meme etabli une sourde repugnance envers toute tentative, pouvant mener a une telle situation.

Au point de vue gouvernemental, peu importe raisonner etdiscuter si cet etat d'ame est justifie ou non. Tout en agissant dans le sens de persuader les incredules, le devoir de ceux qui dirigent les affaires est de compter avec cet element psychologique, pour ne pasle heurter et, de preference, I'avoir comme collaborateur.

C'est le but, tres conservateur, quoique passible de critique quant a son orthodoxie economique, des projets du Gouvernement et de la Commission du budget de la Chambre des Deputes.

La solution proposee par cette derniere est moins prompte, moins scientilique, plus transitoire, plus couteuse que la ligne droite, indiquee par la theorie : rabolition de la Caisse, par Tun quelconque des procedes acceptables, dans ce sens.

Mais elle a I'inappreciable avantage de rassurer lestimides, de tranquilliser ceux qui craignent le retour trop precipite des taux eleves, et la conquete anticipee de la parite legale. Elle substitue la collaboration conservatrice a un antagonisme de classes. C'est son tres haul merite, capable d'efFacer ce que le projet a de critiquable en theorie.

Adoptee, cette mesure permet d'arriver au meme but, mais en plus de temps, permettant ainsi I'ajustement progressif, et continu des conditions des salaires, et autres, a I'ensemble des facteurs du phenomene productif .

Sans revenir ici sur Pillimitation des depots — car il serait absurde de penser que I'etalon, inchange a 1 5 pence, viendrait a etre modifie un peim/ plus haut, quand les pseudoavantages de la mesure sont moindres — , occupons-nous d'une objection faite contra le projet de la Commission parlementaire, qui a maintenu le meme chiffre pour la limite des depots a la nouvelle Caisse, etablie a i6 pence.

Avec cette limite constante, remission cessera de suite, dit-on, car les 20 millions deposes a 1 5 pence seront transferes au nouvel institut. Ce fait n'est pas possible.

Des circonstances, etrangeres au fonctionnerrwnt de la Caisse a i5 pence, peuvent diminuer les dep6ts de celle-ci: ainsi agiraient des demandes d'or sur les marches des pays voisins, la hausse de Tescompte sur d'autres. Et ces sommes, .ainsi retirees, n'auraient aucune influence sur la nou\ elle Caisse a 16. Des billets emis actuellement, des sommes tres fortes se

trouvent hors de portee pour etre rapidement presentees aux guichets et soumises au transfert. De sorte que la nouvelle Gaisse a i6 p:nce, entierement vierge au moment ou ellecommencerait a fonctionner, ne se remplirait pas du produit de I'emission ancienne ; celle-ci ne se presenterait que lentement, laissant le temps au depot de somtnes nouvelles. Ainsi le courant de remplissage serait ralenti, et maintiendrait I'equilibre avec la poussee evolutive du pays vers un niveau economique superieur.

Mais il faut prendre une decision et agir, si I'on souhaite d'eviter des solutions plus violentes et plus radicales, imposees par revolution naturelle du probleme.

De quelque cote qu'elles viennent — mesures legislatives temporisatrices, ou pression formidable des fails — les nouvelles directions economiques ne permettent plus le retour en arriere, I'avilissement des cours, I'exploitation des salaries, la permanence des facteurs malsains d'une production artificiellement forcee.

L'avenir qui s'ouvre devant nous est celui de la valorisation des moyens d'echange, du juste equilibre entre employeurs et employes, de la protection a la main-d'ceuvre, de la hausse du standard of life pour tons les habitants du pays.

C'est vers la redemption economique que le Bresil est en marche.

, Et tons ceux qui coopereront a cette envolee vers la lumiere, aurontdonne a notre vieille tradition de politique monetaire une manifestation de solidarite a travers les temps, et a I'ancien ideal de nos ai'eux une preuve de fidelite tenace ,

3947 — Rio ds Janeiro — Imprensa Nacional — 1910

Pandlfi Calogeras, J*

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