CHAPITRE XXVII
ETUDE CKITIijUE DES, SULUTIONS PROrOSliES.
L'effet cause par ces discussions sur le public fut assez curieux. Depuis le mois de Septembre, la hausse des depots a la Caisse avait commence ; en Decembre, la necessite de se preoccuper de cet etat de choses etant demontree, le Parlement avaitrefuse de le faire ; la marce montante d'espices monnayees et^iit journellement prouvee par les chiffres donnes par la comptabilite de la Caisse, avec la plus ample publicite ; des Avril, le Gouvernement avail demande les moj'cns d'agir, en face de la situation creee par les phenomenes economiques naturels, compliques et si peu refrenes par I'entrave de la Caisse' de Conversion,
Ce futalors une veritable floraison d'opinions, se disputant le prix de sangrenuite. L'on entendit des directeurs de banques declarer que la crise monetaire representait la devalorisation de I'or — de I'or, unite de valeur dc toutes les utilites ! D'autres attribuaient la hausse du papier au Tresor, qui aurait specule en ce sens, le Tresor qui avait eu des difficultes financieres, en 1909, et dont la situation depuis iSggs'etait ameliore justement parcc qu'il n'avait plus a intervenir sur le marche des changes ! . . .
Les critiques et les protestations se divisaient en -deux grandes categories; les plaintes motivees par la perte due a la hausse sur les billets de la Caisse; les accusations contre Falteration du change, d'une facon generale, comme element desorganisateur de la production, desavantageuse, par consequent, pour la fortune publique.
La livre sterling valant i6$ au change de i5 pence et i5$, a peine, a celui de i6, la diflference de i$ par livre correspondait a 20.000 coH/os pour les £ 20.000.000 deposes.
Qui paierait cette perte ? exclamaieat les porteurs de billets de la Caisse. Or, en realite, cette perte n'existait pas intrinsequement. Le porteur de iD$ en billets de la Caisse n'avait droit qu'a une livre sterling et rfen de plus. Telle etait I'essence de cette emission, que les coupures emises n'etaient que des certificats de dep6t d'or, ayant cours legal et rien d'autre. Vouloir leur appliquer un raisonnenlent, seulement possible avec une circulation evoluant vers la parit^, k valeur changeante avec le cours du papier exprime en or, etaif positivement un non-sens.
Les arguments dont on se servait pour justifier cette pseudo-identite d'essence le prouvent clairement. Comment compfendre, disaient les ergoteurs, un papier-monnaie inconvertible, a cours force, avec une valeur plus forte que le papiermonnaie convertible en especes et a vue ?
La question etait specieuse. Avanl tout, les deux especes n'etant pas comparables, il etait peu logique d'appliquer, indistinctement, des observations et des lois seulement verifiees pour I'une d'elles. D'autre part, en admettant, pour argumenter, I'identite monetaire des deux circulations, dire que le papiermonnaie du Tresor est inconvertible est une part de la veritd a peine, et non la verite entiere. II est inconvertible au pair, au ehilTre legal de 27 pence, auqucl son remboursement a vue et en or est profhis ; mais il est convertible a terme en especes, moyennant transformation en traites sur I'etranger, a vue ou a terme ; arrives sur la place tiree, ces ellets se transforment a I'echeance en especes metalliques (selon les conditions financieres et monetaires du pays tire) , qui sonf I'equivalent du papier-monnaie depense pour leur achat. Done, a tout moment, le papier-monnaie a cours force est convertible aa change du jour, et sa valeur actuelle est celle que lui mar-
quent les cours du change, de IV-scompte, le laps du temps d'envoi des traites et du retour des especes monnayees, les fraisd'envoietd'assurance, les fr^is de recouvrement,
Meme en admettantcette assimilation des deux circulations, elles auraient, de toute evidence, deux valeurs dillerentes, celle du taux de la Caisse et celle calculee, pour le papier du Tresor, de la facon que nous venons d'indi-iuer. Les arbitrages entre ces deux sortes de monnaies se leraient comme pour les changes communs, ou comme pour des poids egaux d'or, de titres divers .
En admettant I'exactitude de la doctrine pour les deposants de metal, repliqaaient les contradicteurs, comment la rendre applicable aux tiers, ayant accepte en paiement, de bonne foi, les billets de la Caisse, circulant comme monnaie courante?
Le fait d'avoir recu en paiement un titre quelconque ne le bonifie pas, et le cedant ne pent transmettre, ni I'acquereur recevoir, plus de droits que n'en possede le titre echange. La regie constitutionnelle etablit qu'il n'est pas permis d'alleguer I'ignorance de la loi. Et si le tiers, porteur du billet de la Caisse, pourrait souvent prouver sa bonne foi, il est moins certain que les premiers possesseurs, les banques et quelques grandes maisons commerciales, pussent exciper de la meme excuse.
Des que la hausse du change s'accentua, la preoccupation generale fut de faire circuler ces billets, soigneusement gardes pendant la periode du change a 1 5 '/,., en moyenne, et de constituer Tencaisse avec du papier-monnaie du Tresor.
Envois de numecaire a Santos, pour les traites de cafe, en Amazonie, pour celles du coutchouc, d'une part ; mise en cours a outrance, et substitution par des billets inconvertibles d'autrepart : telle fut la regie suivie uniformement par les premiers possesseurs des billets de la Caisse, afin de faire retombersur des tiers les charges d'une devalorisation de la valeur nqminale de ces coupures. Ayant beneficie des diil'e-
rences de cours d'acquisition du metal, de sa transformation en papier a la Caisse et de Pachat des traites representant le renboursement definitif de Tor sur le marche d'ou il avait ete importe ; les banques et maisons de commerce avaient maintenant un second benefice dans la substitution d'une espece de papier par une autre, car la valeur nominale de leurs encaisses se maintenant constante, la hausse n'atteignait plus que pour augmenter leur valeur-or celles qui etaient constituees de billets du Tresor.
Seulement cette substitution n'avait pu etre complete, et les derniers arrivages d'or se faisaient a un moment, oil cette question brulante se trouvait en pleine discussion. Dela, la demarche de certaines banques, suggerant, comme solution des diflicultes creees par le conflit des deux circulations, Pidee de detruire 20.000 contos de billets de la Caisse. De cette facon, disaient-elles, la masse de S-zo.ooo co:dos^ representant 20 millions au cours de i5 pence, serait reduite a Soo.ooo coiilos, exactement les memes 20 millions au cours de 16 pence; zinsi personne ne soufl'rirait, et ce serait Papplication du principe qui avait valorise le papier-monnaie d'apres le plan du funding' loan. L'argument etait reellement bien faible, et, nouveau Mr. Josse, Pinteret de Tavocat se faisait trop facilement jour a travers les filigranes du plaidoyer.
En premier lieu, le fuKding-schcmc avait pour objet des emissions inconvertibles ; il se basait sur I'observation de ce que, le papier-monnaie etant une dette, sa diminution aug« mente la solvabilite du debiteur, le Tresor National. Or, le billet de la Caisse de Conversion etait un certificat de depot, representatif d'une emission a 100 % a un change donne, de valeur fixe a ce meme change, et de remboursement garanti par ce meme depot. Sa valeur, intangible, etait done parfaitement assuree.
Le mecanisme duretrait de remission a i5 d. fonctionnant parallelement avec la nouvelle serie a 1 6, quand les deux ope-
rations seraient terminees, la Caisse aurait recu et brule 320.000 contos et emis Soo.ooo, representatifs tous deux de la meme valeur-or, aux deux changes successifs, sans benefice d'aucune sorte pour elle. II etait done naif d'affirmer que la dillerence de 20 . 000 coH/os etant un benefice de la Caisse, elle pouvaitpor anticipation les bruler, afin dVriver au m£me but. Ce benefice n'existait pas. En fait, chaque porteur de billets, arrivant a la Caisse, recevrait son or, ou, ne le voulant pas, echangerait son papier contre une somme equivalente, mais au nouveau change. Chaque deposant, ou ayant-droit au depot, supporterait la difference de valeur nominaledes billets, ceux-ci augmentant de puissance acquisitive et representant le meme poids d'or au titre legal .
Ce que la suggestion des banques voulait, etait justement que cette quote-part individuelle fut substituee par une depense du Tresor, faisant retour, comme un benefice, aux porteurs de billets. Le Tresor, depensant 20.000 contos (d'ou les tirerait-il? Avec quelle autorisation legislative ?) transformerait ;^so;/'acto les billets de la Caisse, de certificats a 15 pence en certificats a 16 pence.
Or, comme des especes monnaj'ees venaient d'arriver a la Caisse, importees par ces banques, la difference de 1$ par livre sterling etait une-magnifique alTaire en perspective, i .000 conlos par million depose. Voila quel etait le veritable fond de I'idee suggeree : une affaire aux depens du Tresor.
Les doutes jetes ainsi sur Remission de la Caisse, I'incertitude generale sur la limite de la puissance liberatoire, commencerent a causer des troubles assez serieux dans la circulation . En de certains points de Tinterieur, les billets n'etaient recus qu'avec un pourcentage fixe de devalorisation, ce qui etait la sagesse meme. Mais dans d'autres endroits, ce papier etait bel et bien refuse. Spontanement, on chercha eton trouva une solution qui f t refluer sur le Tresor les consequences possibles de toutes les variations de valeur du billet convertible : on s'en servit
preferentiellement pour acquitter les impoti et taxes, pour les dep&ts aux Caisses d'Epargne, pour les comptes-courants au Banco do Brasil.
Get institut, par sa situation speciale sur le marche de Rio, etait le banquier naturel des autres etabUssements de credit. II etait elementaire d'y deverser en compte-courant la fractioi) de I'encaisse des maisons de commerce, banques et autres, constituee par du papier de la Caisse. La banque voulut empecher cette invasion, et publia un avis qu'cUe n'accepterait ces billets que pour paiements, et ep compte-courant, mais avec mention speciale de la nature du papier, afjn de lerembourser dans la meme espece, selon les termes de ses statuts. Cetait, en definitive, la creation de comptes-courants-or, \ai que le billet representait effectivement i5 pence par mil rets.
En procedant de la sorte, le Banco dQ firasil n'exercait que son droit le plus strict, et defeni^ait I'interet de ses actionnaires. En effet, tout depot est un acte bilateral : Paction de deposer, de la partdu deposant ; Pacceptatipp |4,u depot, de la part du depositaire. Ce dernier est bien maitre de stipuler le? regies, auxquelles il acceptera les operations proposees.
Cette decision, d'ailieurs, etait bien en deca de ce que la loi de 1906 avait stipule : elTet liberatoire, indissolublement lie au remboursement, cessant au change de i5 pe.ice par mil rets .
La solutipn legale, simple pt efficace, consisfait done 4 declarer ce que la loi etablissaif . Les billets continuerafent a circuler, mais avec une diminution den'aleur nominale fixee par le change sur le marche libre . Le phenomene n'etait pas iiopveau, et J'accoufumance jdu public s'ptait deja etablie : en pays de papier-monnaie, les retraits des series emises effectues avec un coetlicieat progressif de devalprisation (pour forcer les billets a se presenter a J'echange) sont chpse courante. Le meme phenomene se prpduirait pour la circulation de la Caisse.
II serait pueril de supposer le Gou\-ernenient dans I'ignorance de tous ces fails et ces donnees, exptrlmentales ou scientifiques. II .est fa,cile, d'auti-e part de deviner les hautes raisons d'Etat quilui inspirerentsa deliberation de ne passe prononcer pour le moment ; mais, p^r centre, il n'eit que juste de declarer que ces raisons ne reievaient ni du droit, ni dcs principes economiques.
Le Gouvernement ne repondit pas a la proposition d'incinerer 20.000 conlos, suggeree par quelques banqaos etrangeres d,e Rio. II intervint pres du Ba::co do Brasil pour lui conseiller de retirer son avis, qui avait cause une panique sur la place. Des paiements officiels furent elTectues en billets de la Caisse de Conversion.
Le probleme restait done entier, a I'attente de la decision des Chambres. Mais la situation, par un acte de collaboration generale, dev.enait iUegale : I'inilation, que la loi de 190G avait voulu eviter, allait commencer a se produjre par I'admission coiicourante des deux especes de monnaies aux memes fins de solder des engagenients ; }e cours force etait donne a des billets, auxquels la loi ne reconnaissait que le cours legal.
Le Congres National, selon sa competence constitutionnelle exclusive, aurait a solutionner ce premier aspect du probleme monetaire, cree pgr les faits,plus que par I'interpretation orthodoxe de la loi .
La seconde categorie de critiques, celles qui s''occupaient de I'aspect essentiel de la question — le ciiange de la Caisse, dans ses rapports avec Torganisation productrice du pays — ■, se divisait ei trqis courants de forces inegales.
L'un d'eux, partisan du statu quo, defendait le maintien de la situation pre'sente, avec des variations de degres, allant depuis I'elargissement des limites des depots a la Caisse, jusqu'au changement radical d'etalon afin de le fixer a 1 5 pence.
L'autre, ad\ ersaire inconciliable de la loi de igbb, voulait r^bplition de I'institut cree a cette date, le ni^rche libre ayant
comme organe regulateur le portefeuille des changes du Bimo do Brasil.
Le troisieme, opportuniste et plus puissant, plaidait I'application integrale de la loi de igob, en faisant coUaborerla Gaisse de Conversion et le Banco do Brasil a la hausse progressive des changes, jusquW la conqiiete definitive et stable de la parite votee en 184G, de -zyjce^ce par mil reis.
Les solutions presentees par le Gouvcrnement et par la Commission du budget de la Ghambre des Deputes se rattachaient toutes deux a ce dernier courant d'opinion. Mais d'autres plans etaient proposes, obeissant chacun d'eux a des conceptions economiques basees sur I'une quelconque des modalites des deux autres classes, d'adversaires de tout changement, ou d'abolitionnistes intransigeants de la Gaisse.
Le principal argument employe par les partisans de la consolidation definitive de la situation, essentiellement transitoire, creee par la loi de 1906, est que I'equilibre s'est etabli, que la propre duree d'un seul taux de change a permis I'organisation de tous les contrats sur cette base stable, et qu''il serait imprudent de rompre une telle harmonie economique.
Le mieux est Tennemi du bien, repetent-ils.
En effet, c'est I'objection classique de tous les adversaires des progres quelconques. Aucune conquete ne se fait, aucun pas en avant dans le sens du perfectionnement n'est possible, sans laisser en arriere, ou meme saris fouler aux pieds les debris et les mines des constructions 'de toute espece creees par la stabilite d'un stage, inferieur mais permanent. Tout avancement se fait aux depens des retardataires . Ce n'est pas parce que les capitaux engages dans I'industrie des transports par diligences seraient compromis, que les re^eaux de voies-ferrees ne se construiront pas , La ruine des maitres de forges travaillant au bas-foyer, n'a pas empeche I'erection des usines, dormant mille tonnes de fonte par haut-fourneau. Les derives
goudron de houille ont tue Pindusirie garanciere, et ainsi de suite.
Le probleme est ditfereat, et doit etre place en d'autres termes. II s'agit de voir ou se trouve la plus grande somme de bien, si dans le progres souhaitable, si dans Torganisation existante, et ne pas entraver Tcssor de developpement, s'il ne peutse faire qu'en produisant quelques victimes, bien moins interessantes, au point de vue collectif, que la masse, incomparablement plus grande, de ceux qui profitent ou peuvent profiter des bienfaits du progres realise.
Certes, le sort de ceux qui tombent en route est digne de pitie, et le devoir social oblige a les secourir ou a diminuer leurs souffrances. Mais il ne faut pas pousser trop loin ce sentiment, et, a cause dVne minorite, mettre en cause le mieuxetre materiel ou moral du plus grand nombre. La solidarite exige la marche en avant, la main dans la main, avec bienveillance etgenerosite pour ceux qui ne peuvent suivre la vitesse imposee par la force organique de revolution, mais sans sacrifier celle-ci.
Una armee ne s'arrete pas a cause des eclopes ; elle les fait soigner, mais va de Tavant.
C'est le cas general de tout progres, disionsnous. Mais a ce sujet, la controverse se rallume. Y a-t-il reellement avantage et progres pour le pays dans la hausse de change ? Non, proclament les adversaires de tout changement. Oui, disent les partisans de la valorisation progressive du papiermonnaie .
Et les arguments de s'aligner dans les deux sens ! .. . . Passons-les rapidement en revue.
Tous les contrats sont bases sur les cours de 1 5 pence^ aflirment les propagandistes du statu quo. L'observation est incomplete . Les plus grands engagements — la Dette Interieure, le papier-monnaie non remboursable en cet instant, les emprunts etrangers — sont fondes sur la parite legale de 27 pence.
Les transactions courantes jje prenaent la monnaie que comrrje denominateur commun pour egaliser et solder les deux courapts de I'echange.
Les tnarges ejxtre Ips vajeijrs du papier a deux t^x djfferents du change n'afFe.ctent que ceux qui speculent sur les dilTerences de rytlipies economiqucs cpn-espondant a ces deux CQ^rs : v^leur-papier des proAijits, aux deux changes : salaires a peu pres inyariables dans les delais plus ou moins courts de la pei-iode de vafiat^pn du papier ; engagements-papier, croissant en or avec I'augmentati.on valeur du papier ; engagements en or, constantJ en metal, mais diminuant dans leur equivalent-papier avec la hausse du cours de celui-ci. Or, comma nous I'avons deja etjiidi,e, c'est la minorite des producteurs, en nombre et en valeur, qui pourraient evejituellement souffrir de la hausse, si le rj'thnie ne se retablissait pas peu a peu entre la valeur du papier en or et les autres facteurs de la production : ce sont presque seulement les proprietaires oberes de dettes hypothecaires ; les patrons qui beneficient sur les salaires, non correspondants aux conditions du rpilieu econofnique .
La hausse serait pour cette categoric une operation d'assainj^sernent, spit p^r le tr^nsfert de prpprietes a de qouveaux possesseurs, miepx outilles economiquefnent pour prqduire a cout redult, soit par le retablissement logiqye et honnete de salaires, equilibres d'accord avec la situation generale du probleme.
Au point de vue coUectif, il ne s'agirait, en somme, que d'une substitution de personnes, ou d'une diminution de benefices individuels, illicites parce que faits en dehors de I'ethique economique. Lephenomene social (Je la production n'en serait, par consequent, que bienfaisamrnent influence.
La hausse ne serait point, part^nt, la ruine du pays, comine nous Pentendons repeter aux defenseurs des cpurs avilis du papier. II viendrait assainir , placer sur des bases plus
solides l,e credit et les facteurs fondamentaux de 1^ production. Et c',est cela qui impoite essentielLement aux imerets gcjicraux, les seuls que tout Gouvernement est appele a protiijger. II est possible qye quelques crises individuelles se declarent, qui se respudrofit par des tra;isferts, majs I'ensemble du pays continuera a travailler et a vendre, sous la seule reserve, eventuelle, du changemeiit de nom des vendeurs.
La baisse des salairps ^st un au:re argupient que I'on 6171ploie, pour simuler aux yeux du proletariat des consequences lunestcs de la valorisation du papier-monnaie, que les faits p,e semblent pas annoncer. II y aurait li,eu, tout d'abord, d'etudier par le^ variations du layer de la maiji-d'ceuvre d.epuis iSgo, a queltapx mqyen du cjiaoge correspondent les prix actuels.
De rneme que la chute des cpurs a ,6 et a 7 pence n'a pas quadruple les salaires paves au change de 2,6 et de 27, la hausse de J penny n''aura pas la repercussion que Ton suppose, a tnpins que, une lois encore, les enjployeurs veLiillent speculer sur Touvrjer. L'avilissement de la valeur du papier n'intlua que lentement sur la maip-dVeuvre, dans le sens de la l}auss,e, mais non proportionpHement au poprcentage de devalorisation du change . Le benefice du producteur se fais^it en grande partie sur cette'diffepence, comma nous avpifs ,ep I'occajion de le dire. Les nouveaux salaires ne sMtabliront que peu a peu, a ppins que I'on pe yeuille adopter u;ie modification brusque, qu'il est pr3.Uquemept imp.Qssifjle d'obtenir.
Les alterations lentes des prix d,e la main-d'"-'uvre se feront parallelement a celles du cout de I'existepce, de sorte a ne prqdijjrp aucun trouble dans reconorpje ouvriere. Dans ce sens, Ljp terrain d'action presque vierge s'opvre a I'initiative privep des producteurs, de sorte a eviter a tpus, aux proprieta}r,es cppitpe aux ppyrieis, Jes a-coqps desasjr.eujc sautes brusques de valeur de la ciivulation. ^\axs c'est upe zone dpnt Fentree est defendue ^ Tintervenrion oflicielle, tandis qu'elle est naturellement reservee a celle des jpter.ets priyes.. \\ est
grandement temps qu'en pareille matiere cesse la preponderance souveraine de la doctrine de I'Etat-providence. Aux interets particuliers de s'organiser, de lutter et de se defendre.
D'ailleurs, comment parler de crise de salaires, de manque d'ouvrage, de ch&mage d'ouvriers en un pays ou la maind'ceuvre est tellement recherchee, que le Gouvernement Federal, ainsi que celui de plusieurs Etats font las plus grands sacrifices pecuniaires pour etablir, et maintenir de facon permanente, un large courant immigratoire, avec le double but de pourvoir a la demande locale de main-d'ceuvre et de fixer dans le pays de nouveaux facteurs de peuplement ?
Cette action combinee des interesses pent et doit s'allier a celle des gouvernements. C'est tout un programme de collaboration feconde a instituer, en partani du vieil axiome : Aide-lot. C'est la transformation progressive et systematique des creances hypothecaires-papier en creances-or de la meme nature; les contrats de location de services stipules en reis, a etablir en monnaie metallique ; les transports a prix variables avec le change — choses faisables, qui ont deja recu un commencement d'execution, et se trouvent meme, quelques unes, en voie de franc developpement.
Surtout, agir de concert, initiative privee et appui officiel, et ne pas se reposer exclusivement sur I'omriipotence gouvernementale. Guerre a Petatisme intensif qui a domine jusqu'ici en cette matiere, et dont la lune des proprietaires ruraux, contra Tamelioration progressive de la circulation du Tresor, n'est qu'un des reflets !
C'est encore dans le sens de I'elargissement du marche des cafes qu'une action combinee est possible, afin de faire dispara-tre dans le courant de la consommation les stocks resultant de la surproduction, stocks qui alourdissent les cours, empechent I'etablissement de prix plus remunerateurs, et menacent toujours les producteurs d'une baisse, qu'ils ne pourraient que difficilement supporter.
C'est, dememe, Pindustrie du caoutchouc qui doit sortir de sa phase actuelle, purement extractive, pour devenir Pobjet de cultures scientifiques, d'exploitation raisonnee, de perfectionnements successifs ; c'est le precieux latex qu'il faudra ameliorer, dans ses transformations ulterieures, jusqu'a la manufacture dcs produits marchands.
C'est la culture des cereales, I'elevage en grand, auxquels il faut donner tout I'essor dont ils sont susceptibles, incalculable d'ailleurs dans les terres fertiles du pays , pour transformer le Bresil, de consommateur de bien des produits agricoles, en producteur de ces memes produits. Cela, bien entendu, sous la reserve evidente de ne pas penser a obtenir en serre, a des prix exorbitanls, les utilites que d'autres marches fourniraient a meilleur compte. En cela, comme en tout le restc, observer I'economie de I'efTort. Veiller a ce que, chaque fois de facon plus intense, la mecanique agricolc se substitue a I'emploi suranne, encore en vogue entre nous, des procedes culturaux manuels ; double avantage d'un travail plus parfait et moins couteux, et d'une economie de main-d'ceuvre, essentielle en pays d'immigration.
Tout en augmentant le rendement net des cultures actuelles, en perfectionnant les methodes d'utilisation des produits, il faudra se lourner vers la mise en valeur de nouvelles sources de richesses. La siderurgie doit etre creee, en vue des immenses depots de minerals de fer existant dans I'interieur. L'exploitation de I'industrie du thorium et des terres rares doit remplacer la simple exportation des sables monazitiques. L'industrie cotonniere doit prendre un essor insoupconne jusqu'aujourd'hui. Les applications industrielles de I'electricite doivent se multiplier, comme il est intuitif en une contree riche de force hydraulique et pauvre de combustible mineral.
Ce sont les procedes financiers et commerciaux qui doivent encore beneficier de la collaboration intime du Gouvernement
gio
ef de I'iriter^t pfive . Les frottemeflts excessifs des rouages du coirifnerce doivent eite attdriiles on SuppHmes : et nous faisoris allusiort au cfedit qtii doit etre organise sur des bases enti^rement differe'ntes de ceTles qui sorit adoptees aujourd'hui ; aux intermedialires tro'p tiOniBfeili interpo's'^s eritre !e prbductenr 6t le consommateur ; a I'eparpillement, a la presque pulverisation de I'effort prodcicteur au lied de I'action collective, de la syn6r^ie de I'association ; a la confiance soiidaire et cotpdrttive du groupe se substituant au credit r^el 6u personnel de I'individu — Viribus unitis .
Tout Ceta est juste ; les pfttiducteurs oiit rdison de le dfemandef , tout Gouvernemeftt, dighe de ce norm, se doit dfe' le realiser .
Mais, en tout cela, le principfe" regulierement suivi 6st d'intervenir sur le point essentiel du phenomene, d'agir topique-ment, de ne pas etablir d'heterogeneite entre le mal et son remede.
Jamais il ne s'agira de sauver le!s uns aux d^pfitftS d6s autres, de faire souffrir la collectivite pa:r amour d'un grotipe restreint, de retablir une situation privilegiee florissante, sur les ruines od sur la gene de la pr6sque' totalite de la population.
Or, c'est Ce qui arriverait si, pour augmenter les benefices Anfaieiideiro, I'on empechait la valorisation croissante du papier-monnaie, avec lequel se paieht les salaifes et se soldent les transactions.
II n'y a pas lieu, non pids, de craindre I'influence depressive de la hatisse du change sur les fecettes du budget federal, a cause de la rep6rcussiofl de cette nouvelle valeurordu papier sur les imp&ts douaniers.
D'apres le mecadisme institue par nos lois fributaifes, les droiits de douane sont f ayes, pdttie en papier, partie' in or : la proportion est de 5o "/o pour chaque espece, dans de certains cas, et de 65 "/„ papier et 35 "/„ or, dans d'autres. Le nouvciau projet de tarif — eiicofg e"fi voie d'dlaboration par
devant une Commission speciale composee de membres du Corps Legislatif, de commercants, d'industriels, de representants de Tagriculture et du fisc — unifie ces fractions en marquant les chilTres suivants : 60 " papier et 40 °/<, or.
Pour ioo$d'imp6ts exiges par le tarif, nous aurons les modifications suivantes, dues a la hausse du change :
5o "/„ papier, 50 ";„ or :
a 15 pence :
Papier 5o$ooo
Or (pay6 en papier) 9o$ooo
i40$ooo equivalant a £ 8.15.0
a lb pence:
Papier 5o$ooo
Or (payfi en papier) 84$35o
'34$35o equivalant a £ 8.19.1
Augmentation en or, 2,3 % 60 "jo papier, 40 "jo or :
a 1^ pence :
Papier
Or (paye en papier).' ^-'1^'^"
i32$iX)ij (iquivalanl a £ 8.5*0
a 16 pence:
Papier 6o$ooo
Or (paye en papier) ^^^S""
I27$5oo equivalant a £ 8.10.0
Augmentation en or, 3 %
65 °/o papier, 35 "/o or :
a 1 5 pence :
Papier
Or (paye en papier)
A 16 pence :
Papier
Or (paye en papier) ......
Augmentation cn or, 3,1 %.
6s$ooo 63$ooo
i28$ooo ^quivalant a £ 8.0.0
65$ooo 59$ooo
I24$00(3 6quivalant a f 8.5.4
Tels seraient les chiffres, papier et or, quant aux sommes payees a la douane ; il y aurail une legere augmentation de la valeur-or des impots, entre '2,3 et3,i %.
Pour le consommateur, I'alteration resultant de la hausse du change aurait une valeur diflerente. Prenons seulement le coijt c-i-f de la marchandise rendue au port et les droits de douane, en laissant de cote les depenses de transbordement et autres.
Les droits varient sur une tres grande echelle ; prenons comme extremes ao et 80 °/„, et supposons une importation de £ 62.10 correspondant a 1:000$ au change de 15 pettce sur lequel est base le tarif . Les droits seront de 200$ a 800$, et leur valeur en papier sera :
I (5c % papier, 50 % ur ) . a 15 pence 280)8, i:i2oJ a 16 pence 268/700, i:o74jyoo 11 (60 % » 40 % or ) . » • 26i|J, l:056j » » 255/000, l;o20Jooo 111(65 % » 35 % or) .. » » 256*, 1:024* » » 248*000, 992*000
Dans ces differentes hypotheses, nous aurions les resultats suivants : pour les marchandises, payant 20 % (el en nous souvenant que, a 16 d., £ 62.10 = 9371500.):