‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 10 sur 201 · SÉBASTIAN! AMBASSADEUR A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

SÉBASTIAN! AMBASSADEUR A CONSTANTINOPLE

Le traité de Presbourg avait abandonné à la France la Dalmalie et les bouches de Cattaro. Le commandant autrichien de Cattaro s’arrangea pour livrer la place aux Russes avant l’arrivée des Français. Le général Lauriston y répondit par l’occupation de Raguse. C’était une petite république, qui reconnaissait la suzeraineté de la Porte. Le gouvernement ottoman, excité sans doute par les ennemis de la France, protesta, parut craindre les entreprises de la France dans la péninsule des Ralkans. Ru Hin le rassura, par une note offi cicuse, du 17 juin, expliqua que l’occupation de Raguse n'était que momentanée : il fallait bien empêcher les Russes de s’en emparer ; d’ailleurs ceux-ci s’étant établis à Cattaro, les Français ne pouvaient y arriver pour les en chasser qu’en passant par Raguse ou par le territoire turc; il était fonde penser que Napoléon pût avoir de mauvais desseins sur la Turquie; si cela était, il n’aurait pas besoin de Raguse, la Dalmatie lui serait une base suffisante d’opérations b

Les Russes débarquèrent des troupes à Cattaro, se joigni rent à une bande de 1 200 Monténégrins et attaquèrent Lan l iston dans Raguse. Le général Molitor arriva avec des renforts, et infligea aux ennemis une défaite complète. « C’est une honte pour les Russes, écrivait à celte occasion le consul français de Raguse, de s’associer à de pareils brigands (les Monténégrins) ; la France ici encore représente la civil i sation contre la barbarie1 2 3. » El Talleyrand demanda à l’ambassadeur ottoman à Paris que son gouvernement prit des mesures énergiques contre les Monténégrins, destituât le pacha de Trébigne et le commandant du poste de Zarina qui les avaient laissés passer pour attaquer les Français ; il était de l’intérêt de la Turquie de détruire ce nid de bandits ; Napoléon l’y aiderait volontiers, paierait la solde des soldats turcs qu’on y enverrait, leur joindrait, avec le consentement de la Porte, quelques troupes françaises ’.

11 fallait aussi se bâter d’écraser l’insurrection serbe ; car

1. Affaires étrangères, Corr. de Turquie, note de Ruffln à la Porte (17 juin) ; — Ruffin à Talleyrand (2^ juin).

2. Id., id., Raymond, consul de Raguse, à Talleyrand, 8 juillet i8o(>.

Page 1