Id., id., Talleyrand à Muhib-effendi, 3o juillet i8o
('lie était favorable aux entreprises de la Russie et de l’Autriche. Un agent des administrations militaires au 7e corpsde la Grande Armée, d’Aubignosc, adressa à Talleyrand un mémoire sur ce sujet. Il convenait, disait-il, d’envoyer des officiers français pour commander les troupes turques en Serbie et pour empêcher les horribles massacres qu’elles ne manqueraient pas de commettre par esprit de vengeance. En échange de ce service, la France pourrait recevoir Rhodes et d’Aubignosc le vice-consulat de Belgrade. Talleyrand ne fit pas état de ces propositions ; mais Napoléon ne tarda pas à offrir le concours des troupes françaises au sultan '.
Déjà en prenant pour point de départ la Dalmalie et Venise, il opposait résolument l’influence française à l’influence russe. David, chargé d’affaires de France près de l’ordre de Malte à Rome, était nommé vice-consul à Traunik, alors résidence du pacha de Bosnie, invité à se rendre immédiatement à son poste, afin d’étudier les dispositions du pacha au sujet des opérations que l’on pourrait diriger contre les Serbes et les Monténégrins1 2. Parant était nommé sous- commissaire des relations commerciales, à Bucharest. Reinhard, ministre plénipotentiaire, conseiller d’Etat, était envoyé à Yassy, comme commissaire général des relations commerciales dans les provinces ottomanes au-delà du Danube. Napoléon aimait à cacher ses entreprises politiques sous les apparences de missions commerciales. Un jeune officier, Falcowski, originaire de Kaminiec, fut chargé d’explorer le Dniestr de la mer à Choczim, de se rendre compte de la situation des Russes dans ces régions et de l’état des défenses le long de cette rivière et le long du Pruth 3. U’action de la politique napoléonienne, de la Bosnie au Dniestr, s’opposait nettement à celle de la politique russe, dressait une barrière le long du Danube.
Mais il fallait surtout se mettre d’accord avec la Porte,
1. AfT. étr., Corr. de Turquie, Mémoire d’Aubignosc, 2 août; — Mémoire Du Bouchet, 16 août ; — Lettres d’Aubignosc, 28 août, 8 septembre.