Ici., id., Champagny à Sébastiani, 23 janvier
3. Id., ici.. Conférence du ii-23 janvier 1808 (vol. 21O, fu 5o).
LES FRANÇAIS SUR LA COTE DE l’ ADRIATIQUE 26“
L’ambassadeur ottoman ne manqua de renseigner son gouvernement sur tous ces faits, sur cette persistante mauvaise volonté à l’égard d’une paix définitive. La Porte s’impatienta, s’inquiéta de jour en jour davantage. Il lui parut clair que la Russie ne voulait pas plus de la paix que de l’armistice ; elle fut en droit de s’attendre à la prochaine ouverture de nouvelles hostilités ; elle en fut très troublée, n’étant pas prête à une résistance sérieuse. Il lui parut clair aussi que Napoléon ne voulait pas la défendre, garantir plus longtemps l’intégrité et l’indépendance de son empire ; elle dut se persuader qu’il y avait partie liée contre elle entre la France et la Russie, que des arrangements avaient été pris en ce sens dès l’entrevue de Tilsit, que sans doute le démembrement de son empire avait été résolu, que les deux alliés n’attendaient pour cela que le moment favorable, le retour de la belle saison, qu’ils l’avaient ensemble trompée depuis six mois pour l’empêcher de chercher ailleurs sa protection. Elle attendait le printemps dans la terreur; comme il arrive toujours, son imagination grossissait le danger.