‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 12 sur 201 · SÉBASTIANI AMBASSADEUR A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

SÉBASTIANI AMBASSADEUR A CONSTANTINOPLE

contracter avec elle une étroite alliance. Elle s’y montrait disposée, mais redoutait les colères de l’Angleterre et de la Kussie. Il lui était dillicile de se tenir en équilibre entre la France et les ennemies de la France. Cependant, après Austerlitz, il n’eùt pas été prudent de se refuser plus longtemps aux avances de Napoléon ; une ambassade extraordinaire lui fut envoyée, pour lui porter la reconnaissance officielle de son titre impérial par le gouvernement ottoman. On a vu plus haut que Napoléon affecta de donner une exceptionnelle solennité à cette cérémonie ; il voulait forcer la Porte à se prononcer franchement pour lui.

Les manifestations les plus cordiales furent alors échangées. Durand, porteur d’eau, demeurant Chaussée de l’Ecole Militaire, demandait l’intervention de Talleyrand pour être payé île l’eau fournie à l'ambassade ottomane pendant 12 mois 11 jours, à 80 francs par mois, soit 1289 fr. 6 s. 4 d., plus 3oo francs d’un ancien mémoire : il ne faut pas oublier que le Coran défend l’usage du vin1. On arrangea cette affaire et on évita des ennuis à l’ambassadeur. Le gouvernement de Constantinople annonçait le prochain envoi à Paris de treize portefeuilles en maroquin, trois grands avec leurs serrures pour l’Empereur, pour le prince Eugène et pour Talleyrand, les autres plus petits pour l’impératrice, les dames et les princesses de la cour2. Le 20 juin, Napoléon envoyait une lettre autographe à Sélim. En même temps Talleyrand adressait des lettres aimables au reis-effendi, au grand-vizir, au prince Alexandre Soutzo, au prince Callimaclii, premier drogman de la Sublime Porte. Ce sont là les principaux agents de la politique qui va se développer pendant quelques mois. Mais le véritable représentant de Napoléon en Orient, l’instrument spécialement choisi par lui pour poursuivre l’exécution de sa pensée, ce fut le général Sébastiani.

C’est pourquoi les instructions qui lui furent remises ont une importance particulière. Elles furent dictées par l'Empereur lui-même avant de prendre sous la plume de Talleyrand une forme plus correcte et plus diplomatique.

1. A (T. étr., Corr. de Turquie, Mémoire Durand, 8 septembre 180G.

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