‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 121 sur 201 · Ici., id., du même, 3o janvier · texte numérisé non relu

Ici., id., du même, 3o janvier

ne doutait de l’ouverture prochaine des hostilités, et chacun déjà prenait des précautions pour cette éventualité.

Quelques jours après, le caïmacan Suleiman qui se prétendait bien renseigné par des nouvelles officielles, interpellait rudement David : L’armée française de Dalmatie, lui disait il, vient d’être considérablement renforcée; on parle d’une expédition dans l’Inde ; mais ce n’est qu’un prétexte pour occuper la Bosnie. — Et comme David observait qu’une expédition dans l’Inde ne pourrait se faire sans rassentiment du Grand Seigneur: « L’assentiment du Grand Seigneur, répondit le caïmacan, ne suffirait peut-être pas; ses firmans n’empêcheraient pas les peuples de se soulever contre des armées européennes qui voudraient passer. L’empire ottoman possède la moitié du monde ; l’empire français est très puissant: Dieu veuille qu’ils soient toujours amis; nous le serons aussi. Mais dans le cas d’une rupture, les Français trouveront en moi un ennemi acharné. » El il soulignait celle déclaration de violents gestes de menace1.

Alors la résidence de Traunik perdit tous les agrémentsqu’elle avait au temps de Krousseref-Méhémet « qui bouillait d’impatience à la seule pensée cl’unir ses troupes avec | une armée française ». Les Bosniaques se félicitaient du rappel de Méhémet qu’ils appelaient « un traître », parlaient de forcer David à la fuite en mettant le feu à sa maison. Deux sapeurs français, laissés à Traunik depuis que le sultan Mustapha avait refusé de recevoir à Constantinople les soldats que Sélim avait demandés à Napoléon, étaient sans cesse outragés par une lâche et insolente populace ; on leur jetait des pierres et des ordures ; on faisait devant eux le signe de leur trancher la tète ; le consul les renvoya donc en Dalmatie.

Il commençait à regretter d’avoir avec lui sa femme et ses enfants ; il craignait d’en être moins libre pour répondre énergiquement à ses ennemis. Le 3 février, en l’absence du médecin du consulat, M. d’Avenat, son domestique fut assailli, accablé sous cent coups de bâtons, enchaîné et laissé expirant au fond d’un cachot, pendant que les bandits pii-

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