‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 141 sur 201 · I.ES TRAVAUX UE LA MISSION GARDANE · texte numérisé non relu

I.ES TRAVAUX UE LA MISSION GARDANE

bonne heure « en l'air », coupée pour ainsi dire de communications avec sa base, presque sacrifiée par l’Empereur, vouée à l’échec. Elle a donc pour intérêt unique de marquer le point extrême où quelque temps s’élail portée la pensée politique de Napoléon, un jalon lointain qu’il ne put pas atteindre, qu’il ne put même pas solidement fixer.

Gardane partit de Varsovie le 8 juin, au moment même où se dessinait la campagne de Friedland. Le 27, il était à Témesvar; il y fut retenu par les opérations des Russes aux environs des Portes de Fer. Il arriva à Widdin le 6 août, à Constantinople le 23. 11 y reçut de Talleyrand 1 des renseignements officiels sur le traité de Tilsil ; car le caractère de sa mission s’en trouvait quelque peu modifié : il faut qu’il assure aussi la paix entre la Perse et la Russie ; il n’a pas été question de la Perse au traité de Tilsit, parce que le traité de Finkenstein 11’est pas encore ratifié ni même connu du gouvernement de Téhéran, et qu’on 11’a pas voulu compliquer inutilement les négociations; d’ailleurs les différends sont faciles à arranger entre la Perse et la Russie. — Talleyrand en parlait un peu légèrement. — 11 ne s’agit donc plus que de la guerre contre l’Angleterre : tous les ports de l’Europe lui sont fermés ; il faut que la Perse observe aussi le blocus continental. Cela rapprochera l’époque de la paix maritime.

C’est à Constantinople que Gardane organisa définitivement sa mission2 3. Il emmenait avec lui son frère Ange Gardane comme premier secrétaire de la légation, Rousseau lils comme deuxième secrétaire, deux drogmans et notamment Jouannin, revenu depuis peu de Téhéran à Constantinople, l’archéologue Lajard et plusieurs officiers soigneusement choisis, les capitaines Bianchi d’Adda, Bontems, Lamy, Thuillier, Trézel, Verdier, les lieutenants Fabvier et Reboul \ Accompagnés de Mirza-Riza khan, qui regagnait son pays, ils partirent de Sculari le 10 septembre 1807, pour atteindre la

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