LES TRAVAUX DE LA MISSION GARDANE
de la perfidie, à la résidence du chef du siècle1 ». C’est le 4 décembre en effet que les Français firent leur entrée solennelle dans la capitale de Fcth-Ali, au milieu d’une affluence de peuple extraordinaire, escortés des plus brillants corps de la cavalerie royale.
La mission Gardane fut chaleureusement accueillie en Perse. Le général fut 1 hôte du grand-vizir Mirza-Chefy ; ses compagnons furent logés dans la maison d’un riche seigneur de Téhéran, qui dut leur laisser la place et chercher refuge ailleurs.
Tout réussit d’abord merveilleusement à l’ambassadeur de Napoléon. Le traité de Finkenstein fut ratifié aussitôt; sans doute, Feth-Ali tenait à s’assurer sans tarder les bénéfices de l’article 4 qui lui garantissait l’intégrité de ses Etats et notamment la restitution de la Géorgie. — Une convention militaire fut bientôt signée : le schah achetait à la France 20000 fusils, livrables à Bender-Bouchir, payables à la livraison, en argent ou en vivres selon les circonstances. Le schah demandait en outre à son illustre allié de lui envoyer des ouvriers drapiers, des peintres, imprimeurs, verriers, horlogers, menuisiers, etc. 2. — Un traité de commerce fut immédiatement négocié, confirmant les conventions de 1708 et de iyiS. L’ilot de Kharek dans le golfe Persique serait cédé à la France dès l’exécution de l’article 4 du traité de Finkenstein.
A la première audience où il fut reçu par Feth-Ali, avec des honneurs exceptionnels, Gardane fut décoré de l’ordre du Soleil de première classe; son frère, Rousseau, Lajard, Jouannin, Bontems, Verdier, Bianchi d’Adda, Fabvier, Beboul, eurent le Soleil de deuxième classe. « Sa llautesse, écrit à ce propos Fabvier, pour me faire connaître à quel point elle estime mon mérite, moi rayon de l’Occident qui vient briller jusqu’en Orient, a voulu, par cette faveur immense, m’élever des poissons à la hauteur de la Lune.
1. Lettre île Fabvier à son père, i5 décembre 1807. — Cf. A. Debidour, article cité, sur le général Fabvier,