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Gorr. de Perse, 3 octobre

la Perse que l’intégrité de son territoire actuel, cl qu’alors elle avait déjà perdu la Géorgie, que, du reste, depuis Tilsit, la France ne s’engageait plus qu’à de bons offices et ne garantissait pas l’évacuation des pays occupés par les Russes.

Le 2 novembre, au moment où les Persans adressent à Napoléon de si pressants appels, Champagny déclare encore que les négociations entre la Perse et la Russie ne peuvent pas être conduites à Paris ; les distances sont trop considérables, et l’ambassadeur russe en France, le comte Tolstoï, n’a pas d’instructions de son gouvernement : « Cherchez donc, écrit-il à Gardane, à rapprocher les deux puissances, sans charger la France de l’embarras d’une discussion qui ne peut point l’intéresser personnellement et qui, d’ailleurs, ne pourrait qu’affaiblir ses rapports d’amitié avec la Perse, si elle ne se terminait pas au gré de cette cour. » Il annonce en outre que l’empereur Napoléon n’a pas encore ratifié la convention d’achat de 20000 fusils par le roi de la Perse ; il attend l’avis du ministre de la Guerre. Il reproche à Gardane d’avoir signé un traité de commerce sans instructions suffisantes ; son projet d’ailleurs est moins avantageux que les traités de 1708 et de 1715.

Vraiment la mission de Gardane ne devenait point facile. Son ministre lui rejetait toutes les difficultés sur les bras avec une incomparable désinvolture.

Le même jour, Champagny adressait à Mirza-Chefy, à Abbas-Mirza, de banales assurances d’amitié qui ne pouvaient que les exaspérer. Le 5 novembre, il envoyait deux mots à Gardane au sujet de l’entrevue d’Erlurt, de l’harmonie de toutes les puissances de l’Europe, de la paix continentale, de la guerre maritime, de l’entreprise contre l’Espagne : « Toute l’attention de la France est tournée par là. » Le gouvernement français n’avait plus le temps de s’occuper de la Perse. Napoléon est obligé, pour l’instant du moins, de renoncer à son grand dessein sur l’Inde. Gardane se tirera d’affaire comme il pourra.

La guerre éclate de nouveau entre les Persans et les Russes '.

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