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Correspondance de Perse, i3 octobre 1808, Lamy à Gardane

ÉCHEC DE LA MISSION GARDANE

Le 2 octobre, Goudovitch lève son camp et se transporte à Pembek. Le 3, il est à Anamlou, le 4 à Ortnan sur la frontière. Le io, il établit ses troupes aux Trois Eglises, à trois lieues et en vue d’Erivan ; il prépare l’attaque de la place. \bbas-Mirza veut se battre ; il écrit à Napoléon : « Lorsque l’aigle du désert se livre au sommeil, le faucon se garde bien de venir troubler son repos, et lorsque le loup se sent pressé par une faim dévorante, il ne s’approche pas du lion. Cependant le maréchal Goudovitch vient d’attaquer soudain Erivan ».

Aussitôt Gardane envoie M. de Lajard au camp russe, porteur d’une véritable sommation ; il notifie officiellement au comte Goudovitch que la Perse est alliée de la Erance, que la France a garanti l’intégrité du territoire persan, que toute attaque sera considérée comme une provocation à la France, qu’il faut attendre les communications que l’empereur Napoléon adressera à Saint-Pétersbourg. Cependant, il ne veut pas que des officiers français se trouvent aux prises avec les Russes, et il rappelle d’urgence Verdier et Lamy à Téhéran. La cour persane en témoigne quelque étonnement.

Les hostilités s’engagent1. Erivan est investi. 2 ou 3oo ■cavaliers russes ont suffi à chasser tous les Persans delà rive gauche de l’Araxe. Le général-major Nebolsin se porte sur Nakc.hiwan, est attaqué par Abbas-Mirza ; les Persans sont battus, 3ooo sont mis hors de combat . Nakchiwan est enlevée. La consternation est générale au camp du prince ; Lajard y passe à ce moment, entend des paroles malsonnantes, sur la conduite de la France, les relève avec fermeté. Lajard offre à Abbas-Mirza de négocier une suspension d’armes avec les Russes, car il constate que l’armée persane est dans la plus déplorable situation.

11 est ainsi convenu. Lajard arrive au camp russe'2, est reçu par Goudovitch le 22 novembre, cause avec lui avant de lui remettre la sommation de Gardane. Le général russe ne veut rien entendre ; Erivan va être prise, et toute la gar-

1. Correspondance de Perse, 17 novembre 1808 : Lajard à Cliampagny, <lu camp de Caban-Bassan.

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