kl., Jouannin à Gardane, 1 G- 2 1 février, 5 mars
l'alliance quand il aurait succédé à son père. Le 17, Gardane quitta Tam is, en route pour Tiflis.
Cependant, Jones a de continuelles conférences avecMirza- Chcfy. Le vizir parait lutter vigoureusement contre les exi gences anglaises. « Mais il est sans force et attend tout de la France, écrit Jouannin le 12 avril; n’arrivera-t-il donc rien qui puisse le soutenir et le mettre à même de chasser nos ennemis, et d’écraser ses adversaires ? »
11 n’arriva rien. Jouannin et de Nerciat durent bientôt partir. La séparation ne fut pas cordiale, à en juger par le récit qu’en lit Jouannin à Gardane ‘. Il voulait, avant de quitter Téhéran, se faire rembourser 200000 tumans que lui devait la cour, et comme le vizir les lui refusait, il menaçait de s’en plaindre à Gardane. « Les discours sont inutiles, dit le vizir; le général a maintenant quitté Tauris et vous 11e l’y retrouverez pas ; vous ne devez donc pas craindre des reproches de sa part, et d’ailleurs nous vous donnerons des birmans et des pièces justificatives qui serviront à votre décharge. Il faut, au reste, vous accommoder des volontés de Sa Ilautesse, qui ne donnera point encore' cet argent, parce que rien ne presse: »
— « Le reste de celle réponse est si dégoûtant, continue Jouannin, que je n’ose le mettre sous les yeux de Votre Excellence, et j’y répliquai avec le ton de l'indignation où me jetaient l’injustice et la mauvaise foi de cette cour : « Je « ne conçois pas qu’un roi consente à se perdre d’honneur « aux yeux de l’Europe entière pour quelques milliers de tu- « mans. — Le roi, riposta le vizir, n'a pas besoin de l’opi— « nion de l’Europe pour conserver ou flétrir sa gloire; il « serait fort malheureux de la voir attachée aux discours des ci Frangins. »
C’était la fin : on ne disait même plus « les Français ».
Jouannin et de Nerciat quittèrent de la sorte la capitale de Feth-Ali. Ils arrivèrent à Tauris le i/j mai. A la même date, Gardane était à Tiflis, d’où il gagna la France, non par la Turquie — il y aurait eu du danger à prendre cette route
— mais par Moscou, Varsovie, Dresde et Mayence.