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testations amicales plus éloquentes que jamais : « Dès les premiers jours du printemps où naquit notre alliance, notre '■ cœur avait fait son plus doux plaisir de cultiver les bosquets f et les vergers de l’amitié, d’entretenir dans la plus grande fraîcheur le rosier de l’union en l’arrosant des ondes qui, j découlant de la plume, serpentent dans les canaux de la cor- ,i respondance ; ce cœur enfin avait formé sa volupté la plus grande de voir les envoyés des deux cours, semblables à des rossignols, moduler d’harmonieux accents de fidélité et de bonne intelligence. » Le schah, dans cette lettre, ne faisait aucune allusion aux dissentiments qui s’étaient produits, ni au départ de Gardane. 11 était lier seulement de dire les der- | nières « victoires » remportées sur les Russes : « Car les roses a du jardin de notre empire n’ont jamais à redouter les oura- J gans de l’automne. Ainsi la hache dévastatrice a tranché jusqu’aux racines l’arbre de la perfidie que la Russie nourrissait dans son cœur, et les champs de son âme ambitieuse, » dans lesquels cette puissance avait semé des graines de trahison, ne lui ont offert pour moisson que l’ivraie de l'opprobre , et du désespoir. » Pourtant Feth-Ali se plaignait encore du silence inexplicable de la France : « L’œil inquiet de l’attente : est fixé sur les chemins de l’Europe. » Il espérait que le bon accord persisterait cependant entre les deux puissances. L’espoir était vain, et sans doute peu sincère : Feth-Ali ne de- ] vait pas revoir Gardane ni aucun autre ambassadeur de Napoléon.
Presque tout à fait à la même date, le 3o janvier 1809, Asker-khan reçoit de Napoléon l’autorisation de retourner on Perse. Il perçoit qu’il s’agit d’une rupture ; il s’inquiète, supplie Champagny d’éviter ce malheur. « Avant la création du monde, lui écrit-il, lorsque les esprits innés reçurent de l’Etre suprême leur destination, la grande âme de Sa Majesté l’Empereur et Roi et celle de mon auguste souverain avaient déjà formé les liaisons de l’intimité. » Comment donc briser une aussi vieille alliance P Ce serait comme un effroyable sacrilège.
L’ambassadeur partit quelques jours après, laissant des dettes, 3 078 fr. 84 centimes, à plusieurs tailleurs, 60 francs
ÉCHEC DE LA MISSION GARDANE
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Feth-Àli et Napoléon n’avaient plus d’ambassadeurs accrédités l’un auprès de l’autre. Le grand plan de Napoléon sur l’Orient et l’Inde s’en allait en lambeaux.
Jones est arrivé à Téhéran le i4 février, le lendemain du départ de Gardane. Il est accompagné de 44 cipayes. 11 parle aussitôt très haut : il faut que la Perse rompe tout de suite toutes relations avec la France; il faut céder à l’Angleterre les îles du golfe Persique et des ports sur la côte ; des agents anglais seront établis à Chiraz, Téhéran, Caswin ; moyennant quoi, il chassera les Busses de la Perse et restera trois ans auprès du schah Feth-Ali. D’autre part, il faut que tous les Français soient expulsés ou même arrêtés, chargés de chaînes, envoyés à Bombay ; il faut que toutes leurs correspondances soient saisies. Le schah et le grand vizir ne sont pas disposés à de telles exécutions. Alors, écrit Jouannin, Jones soudoie sept brigands pour assassiner les deux Français; une autre fois, on leur adresse un livre dont les feuilles sont subtilement empoisonnées ; une nuit, de Nerciat est réveillé par un individu qui est monté sur le toit de sa chambre ; il le poursuit, et ne peut l’atteindre1 2.
Le 17 mars, Gardane envoie le sous-officier Finot à Téhéran. Il exige le départ immédiat des Anglais ; sinon, il quit- | tera Tauris dans les vingt-cinq jours. Le 28 mars, Jouannin sollicite une audience du schah pour tenter ce dernier effort. ■« Si la France nous fait restituer la Géorgie, déclare Feth-Ali, Jones est chassé avec ignominie, et l’instant où les Russes sc retireront sera celui où les Anglais sortiront pour jamais de notre empire. Sinon, nous serons forcés de ménager l’Angleterre, sans d’ailleurs jamais consentir à nous déclarer contre la France. » Finot rapporta celte réponse le 12 avril. Le 16, Gardane prit congé du prince Abbas-Mirza, qui protesta de son attachement à la France et de sa volonté de faire revivre