‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 16 sur 201 · Id., id., aSaoût i8o · texte numérisé non relu

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l.A POLITIQUE OHIENTALE DE NAPOLÉON

Le minisire do Russie, M . d’ilalinski, on Ira naturellement dans une grande colère, protesta contre la violation des traités antérieurs, menaça d’une prochaine déclaration de guerre, dépêcha un courrier extraordinaire à Saint-Pétersbourg. Le ministre anglais, Arbuthnot, crut de son devoir de parler du même ton, adressa à la Porte une « note fulminante », l’accusa de s’être entièrement livrée à l'influence de la France.

Le 28 août, le sultan reçut Sébastiani en audience solennelle ; contrairement à la coutume, l’ambassadeur eut la permission de conserver ses armes pour se présenter devant Sélim ; il fut accueilli par les plus significatives marques de faveur. L'audience fut longue, et, à cause de la gravité des circonstances, la conversation sortit des ordinaires banalités. Sébastiani annonça au sultan que l’Empereur Napoléon était disposé à renoncera l'institution des barats, ou des patentes de naturalisation accordées par les gouvernements étrangers à des sujets ottomans ; il encouragea Sélim à retirer cette faculté surtout à la Russie qui en abusait pour corrompre un grand nombre des habitants de l’empire turc. Sélim fut très touché de cette concession, comprit que Napoléon ne voulait en effet qu’écarter l’influence russe, et parut résolu à se donner tout entier à la politique française ; non seulement les hospodars étaient destitués ; mais Yousouf-aga, « le coryphée du parti russe » à Constantinople, était expédié à La Mecque. Le sultan savait bien qu’ainsi il allait exciter les colères de la Russie ; il était prêt à une résistance vigoureuse ; malheureusement, il ne pouvait pas avoir une confiance absolue dans ses troupes ; les désordres excités en Roumélie par les janissaires étaient à peine apaisés ; il avait conscience de l’insuffisance de ses ressources militaires ; il demanda le concours de Sébastiani ; il le pria de faire venir de France un ingénieur de marine et un officier cl’arlillerie. La Porte, comme au siècle précédent, se mettait à l'école de la France. Sébastiani pouvait se féliciter déjà d'avoir « rempli toutes les intentions de Sa Majesté ».

Son triomphe ne fut pas de longue durée. Le 29 septembre, Italinski, ayant reçu un courrier extraordinaire de son gouvernement, adressa à la Porte une note extrêmement

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