Moniteur du Ier avril
LES ANGLAIS DEVANT CONSTANTINOPLE
avaient aussitôt commencé. Mais cette rupture ne fut pas consommée, ni à ce moment, ni même dans tout le mois qui suivit, et ainsi il ne paraît pas que la dignité de l’ambassadeur britannique soit sortie intacte de toute cette affaire.
Certes, il affecta tout d’abord de ne plus pouvoir entretenir de conversation avec la Porte, et les pourparlers qui durèrent tout le mois de février, — avec quelques intermèdes de coups de canons, — furent conduits par le contreamiral sir Thomas Lewis ou ensuite par le commandant en chef de la flotte anglaise, l’amiral Duckworth. Mais ceux-ci expliquèrent maintes fois leur intervention par diverses indispositions de l’ambassadeur, et il ne se désintéressa nullement des négociations. Aussi bien ses instructions lui défendaient sans doute d’aller jusqu’à l’ouverture des bosti lités : les Anglais menacèrent sans cesse de la guerre sans s’y résoudre; ils pensèrent que la menace serait suffisante ; ils refusèrent d’affronter les conséquences d’une guerre déclarée. Les menaces auraient peut-être suffi en l’absence de Sébastiani ; comme elles furent inutiles, leur amour propre eut fort à souffrir. Mauvaise politique que celle des menaces sans effet.