‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 45 sur 201 · Id., ici., 2{) juillet 180O · texte numérisé non relu

Id., ici., 2{) juillet 180O

tenter au moins la victoire. Il marcha avec toutes ses troupes sur le Caire ; il fut repoussé. Quelques jours après, le 27 janvier 1807, il mourut, dans une de ces querelles de harem si fréquentes en Orient. Ivre un jour, il avait assommé un cheikh d'un coup de massue ; la nuit suivante, ses femmes l'empoisonnèrent : il y avait parmi elles la fille du cheikh qu’il avait tué h Ses derniers mots auraient été : « C’en est lait. Désormais, l’Egypte est à Méhémet-Ali. »

C’était exact. Méhémet n’avait plus d’ennemi redoutable. Chaïn-bey essaya de grouper autour de lui les Mameluks d’El-Elfy ; il fut battu, chassé loin de Damanhour dans la direction d’Alexandrie. Il se confia aux Anglais. Il sollicita leur appui pour obtenir le gouvernement de l’Egypte, leur demanda de l’argent pour recruter des troupes jusque dans le Darfour et le Sennaar, leur promit de vaincre s’ils l’aidaient, leur ollrit de reconnaître leur protectorat à n’importe quelles conditions.

L’Egypte échappait à leur influence. Ils se décidèrent à agir pour écraser Méhémet-Ali, venger l’échec qu’ils venaient de subir à Constantinople avant qu’il ne fût connu dans la vallée du Nil, fonder au Caire, à défaut du Bosphore, leur empire sur la Méditerranée.

On s’attendait en Egypte à celle attaque. Si on ignorait leur échec à Constantinople, on connaissait l’expédition de Duckworlk. Ils avaient fait grand bruit autour de celle affaire, et on Croyait qu’ils y consacraient plus de troupes. On imaginait de leur part un grand plan offensif à la fois sur Constantinople et sur Alexandrie, une gigantesque entreprise pour dominer ainsi tout le Levant, parallèle à la grande poussée de Napoléon sur le Danube et la Pologne. On n’imaginait pas qu’ils missent aussi peu de proportion entre l’effort et le résultat à obtenir.

Leur apparition en vue d’Alexandrie causa donc peu de surprise, encore moins d’elfroi. Car Alexandrie n’obéissait pas à Méhémet et refusait d’accepter une garnison d’Alhanais: elle les détestait pour leur cruauté.

1. Aff. étr. Carions du consulat d'Alexandrie, 2 février 1807.

LES ANGLAIS A ALEXANDRIE

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