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Correspondance, i5 mai

î 36 IA POLITIQUE ORIENTALE DE NAPOLÉON

Le i5 mai, quand il donne ses instruclions sur l’organisation de la maison d’Ecouen, il annonce à Jérôme la mort dui prince royal de Hollande ; il s’occupe avec Cambacérès du Code de commerce à présenter au Corps législatif ; il commande à Portalis un rapport sur les curés de Morra, de Sommariva del Bosco, de Cortemiglia, et sur M. de Trémoulet, curé de Mondalazac, dans l’Aveyron, qu’il est disposé à décorer ; il réprimande le général Beaumont qui a perdu une journée ; il ordonne à Clarke d’envoyer au plus vite les fusiliers de la garde à Bromberg, les marins du même corps à Danzig ; il surveille point par point tous les détails du siège de Danzig. Toutes ses journées sont ainsi remplies, sans qu’apparaisse jamais le moindre trouble dans cette merveilleuse organisation cérébrale : cet homme ne connut pas le repos, n’en sentit pas le besoin.

A Finkenstein en particulier, cette activité étonnante, toujours calme, sûre d’elle-même, sans hâte ni fièvre, se porta aux plus difficiles opérations militaires, aux plus délicates conceptions diplomatiques. Il faut, pour la clarté de l’exposition, les étudier séparément. Mais il faudrait, pour donner nue exacte idée du génie de l’Empereur, tout mener à la fois, entraîner dans le même mouvement de la pensée les affaires de la guerre et de la paix, de l’administration et de l’armée, des finances et des arts, le gouvernement de l’Europe et les. intérêts domestiques. Il n’y faut point songer. D’ailleurs le principal objet n’est pas ici de tenter un nouveau portrait de Napoléon, mais d’étudier seulement un des traits de son caractère politique, un des moments de son énergie.

Aussi bien ce moment est-il parmi les plus intéressants de sa carrière. C’est le lendemain d’Eylau. L’elfet moral de cette rencontre a été considérable ; on était si peu habitué à voir Napoléon ne remporter que de demi-victoires, et d’autre part on se persuadait si volontiers que sa grandeur aurait une limite et qu’un jour on apprendrait tout à coup la ruine du colosse, on le considérait si bien comme un extraordinaire météore dont l’éclat devait être aussi fugitif que brillant, que, l’imagination et l’espérance aidant, on traduisit en beaucoup d’endroits la bataille d’Eylau en un éclatant succès des Busses ;

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