‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 60 sur 201 · NAPOLÉON Y FINKENSTEIN. - OPÉRATIONS MILITAIRES · texte numérisé non relu

NAPOLÉON Y FINKENSTEIN. - OPÉRATIONS MILITAIRES

et bientôt on annonça, de-ci de-là, en Angleterre, en Italie, sur le Rhin et le Danube, la retraite de l’Empereur, l’entrée des Russes à Varsovie, leur marche en avant sur Rerlin, la prochaine déroute des Français et la délivrance des peuples. De tels bruits sont aussi funestes qu’une défaite réelle. Napoléon redoutait l’espérance et le courage qu’ils pouvaient rendre à ses ennemis, et il multipliait les mesures de précautions.

Il redoutait surtout l’ Angleterre. N’allait-elle pas profiter de cette crise pour soudoyer sur le continent quelque nouvelle alliance? Le blocus continental menaçait gravement ses intérêts : ne serait-ce pas le stimulant le plus énergique à sa haine un peu engourdie depuis la mort de Pitt? Son ennemi était loin, au fond de la Pologne : avec la lenteur eL l’inexactitude des courriers de ce temps, ne pouvait-on essayer de l’atteindre quelque part avant qu’il pût se mettre en garde? — En vérité Napoléon crut que l’Angleterre ne laisserait pas passer le printemps sans quelque grand effort, sans un débarquement quelque part, en Italie, en Hollande, en Allemagne, sinon en France. Car il fut tout l'été question, à Londres, d’une « grande expédition », de quelque formidable Armada, où se concentreraient pour une action décisive toutes les forces navales de la nation, avant que tous ses alliés du continent fussent écrasés les uns après les autres. 11 fallait se hâter ; car la querelle sans doute ne tarderait pas à être vidée entre la France et la Russie, sur les derniers débris du royaume prussien .

Mais l’année 1807 fut de tout point malheureuse pour les Anglais. Leur grande expédition était toujours prête à partir et ne partait jamais. Ils en épuisèrent les ressources en les dispersant sur l’océan Atlantique où ils assiégèrent Montevideo, sur les mers de l’Inde où ils surveillaient sans les pouvoir prendre les flibustiers intrépides que lançait Decaen sur leurs côtes, sur la Méditerranée où ils essayèrent de venger leur défaite des Dardanelles par la conquête de l’Egypte. Le succès de ces entreprises fut compromis par leur multiplicité même, et d’ailleurs aussi par les difficultés du gouvernement intérieur, suites naturelles de la mort de Nelson en octobre

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i8oô, de Pitt en janvier 1806, et de Fox le i3 septembre de la même année. L’Angleterre manqua d’hommes.

Le ministère Grenville, où Fox lut remplacé aux affaires étrangères par lord Hovick, ne survécut pas longtemps à son plus illustre membre. Depuis longtemps déjà, beaucoup d’hommes d’Etat anglais voulaient régler la question d’Irlande, pour recruter dans l’île des soldats bien nécessaires à la longueur et à l’ardeur des luttes engagées, et pour guérir une plaie où tout le Royaume-Uni se sentait gravement vulnérable. Déjà en 1793, sous Pitt, les catholiques avaient été autorisés à servir dans les troupes d'Irlande ; ils y pouvaient aspirer à tous les grades, jusqu’à celui de général d’état-major exclusivement ; mais un Irlandais catholique devenu colonel perdait son grade dès le moment où il était versé dans les troupes d’Angleterre. Lord Grenville résolut de proposer au Parlement l’extension du bill de 1793 à tout le royaume, à toutes les troupes anglaises. Le roi George III parut approuver cette intention, et le lord-lieutenant, d’Irlande, le duc de Bedford, en fut immédiatement informé. Les Irlandais demandèrent si, dans le nouveau régime, ils seraient admis au généralat ; le ministère, de l’aveu du roi, leur fit répondre par l’affirmative. Le bill fut déposé aux communes le 5 mars, et beaucoup de députés s’y montrèrent dès l’abord favorables. L’affaire paraissait bien engagée1.

Quelques jours après, le bruit court que le roi n’approuve pas du tout le projet de bill, qu’il ne consent pas à l’admission des catholiques à tous les grades militaires, qu’il y a eu malentendu entre lui et ses ministres. Ceux-ci retirent le bill avant que la discussion n’en soit entamée. Le roi exige d’eux qu’ils lui promettent de ne plus jamais proposer de nouvelles concessions à l’égard des Irlandais ; ils s’y refusent au nom delà responsabilité ministérielle, donnent leur démission, qui est acceptée.

Le nouveau ministère eut pour chef le duc de Portland, un vieillard de 70 ans, et non de 80, quoi qu’en dise Napoléon. L’administration de la guerre fut confiée à lord Castleireagh, les affaires étrangères à Canning.

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