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NAPOLÉON A FINKENSTEIN. - OPÉRATIONS MILITAIRES 1 4 I

premiers ordres : « Vous vous faites une étrange idée de vos devoirs et du service militaire. Je ne vous reconnais plus. » Il faut que les fortifications de l’ile d’Aix et de Cherbourg soient mises en état.

Il faut que les gardes nationales des départements du Nord, du Pas-de-Calais et des départements voisins, sous le commandement du général Rampon, soient tenues en haleine, « prêtes à défendre ce qu’il y a de plus précieux, à maintenir l'honneur et l’inviolabilité du territoire sacré ».

Il faut organiser un corps d’observation de l’Escaut, 7 à Sooo hommes solidement établis à Anvers, qui pourrontêtre, à la première alerte, renforcés par les troupes du camp de Boulogne ou par celles de la Hollande, et s’appuieront sur les places de Breda et de Berg-op-Zoom, bien approvisionnées. Le roi de Hollande est invité même à exagérer tous ces mouvements de troupes, à en remplir les gazettes, à leur fournir des détails sur les formidables camps de Cœverden, Anvers, Zeist. « Les Anglais ainsi ne se hasarderont peutêtre pas à une expédition continentale. »

Et, pour suffire à tout cela et aux renforts dirigés sur la grande armée de la Vistule, Napoléon appelle par anticipation la conscription de 1808. Ce fut l’objet d’un sénatus -consulte qui ne rencontra aucune opposition. Comme d’ailleurs l’intention de l’empereur « n’était pas de se jouer des lois, mais d’exécuter ponctuellement les sénatus-consultes antérieurs », les conscrits ainsi appelés furent répartis entre les garnisons de l’intérieur, pour y soulager les anciens de la garde nationale, sous le commandement de généraux sénateurs ; ils ne devaient être envoyés à l’armée qu’en janvier 1808. En attendant, ils pouvaient être utiles sur les côtes ; ils y faisaient une barrière imposante à toute tentative de débarquement. Toutes les réserves des conscriptions précédentes passèrent aussitôt sur le Rhin, en Allemagne, et, comme une gigantesque marée humaine, toutes les troupes de l’Empire se pressèrent les unes sur les autres, à l’est, pour remplacer les morts d’Eylau et battre plus fortement les frontières russes.

Kellermann commande une forte armée de réserve sur le Rhin; il a son quartier général à Mayence. 11 n’est pas

inquiété : tous les pays du Rhin sont tranquilles, et, sauf les passages tic convois militaires sur les grandes routes de France en Allemagne, d’Italie en Allemagne, ils jouissent d’une prospérité matérielle qu’ils ont rarement connue. L’armée du Rhin se tient donc l’arme au pied. Elle ne bou- i géra que si les événements deviennent graves, soit qu’elle revienne à l’ouest, soit qu’elle s’enfonce à l’est sur l’Elbe, si l'armée de l’Elbe fléchit ou si elle se déplace elle-même sur l’Oder.

Car le plus grand danger que court l’Empire, le point faible de cet énorme système militaire, c’est le centre de l’Allemagne. Napoléon le voit bien. Il n’est pas probable que j les Anglais tentent un débarquement sur les côtes françaises; seuls ils ne pourraient qu’y subir un échec dont l’Empereur tirerait vanité avec éclat. Aux bouches de l’Elbe, vers Hambourg, ils auraient aussi peu de chances de succès. Mais plus loin, sur la Raltique, ils ont les Suédois aux embouchures de l’Oder; ils ont Danzig qui tient toujours contre le maréchal Lefebvre et où un efl'ort vigoureusement poussé ébranlerait peut-être la rigidité des lignes françaises de la Yistule.

Les garnisons prussiennes tiennent toujours solidement les forteresses de Glatz, Kôsel, Neisse; celle-ci ne fut enlevée qu’à la fin de mai, après une très belle résistance de plus de deux mois. Jérôme Bonaparte, à la tête du 1X° corps, fait l’apprentissage du gouvernement des Allemands ; car son armée compte en grande majorité des Bavarois, des Wurtembergeois, des Allemands delà Weser et du Rhin. Celanehâle pas la soumission de la Silésie. Et Napoléon presse son frère d’agir, d’achever la conquête de cette province, de s’occuper moins des dames de Bresîau, lui indique les meilleures opérations, la meilleure conduite à tenir. La conquête de la Silésie est très urgente, et notamment celle des places de Glatz et de Neisse qui sont la route de la Bohême, car « les ■ Autrichiens peuvent faire la folie de se déclarer », quoiqu’on les endorme par des promesses de négociations générales et surtout qu’on attire leur attention ailleurs, sur le Danube inférieur et Constantinople.

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