Vffaires étrangères, Correspondance de Turquie
Mirza-Riza-Khan, et ne s’en montra point satisfait ; car Turcs et Persans ne s’aiment point, comme Talleyrand l’écrivait à l’Empereur ; il y avait de continuelles querelles sur leurs frontières, et les Persans ne cachaient pas leur ambition de reprendre Nrak-Arabi ou Mésopotamie. L’ambassadeur ottoman ne manquait pas de faire remarquer d’autre part que si les Persans ne sont pas les sujets de la Porte, ils sont au moins ses vassaux, et que l’empereur Napoléon accordait vraiment « trop d’importance à ces gens-là1 ».
El Napoléon cependant avait des égards particuliers pour Mirza-Riza-Khan.
En outre Yahid Effendi ne paraît pas avoir été un très chaleureux partisan de la France. Ménageait-il l’avenir?1 Avait-il des amis parmi les ennemis du sultan Sélim, les ulémas ou les janissaires? Sentait-il le trône de son souverain peu solide ? Et craignait-il de se compromettre dans le parti français ? Cela est possible : au milieu des désordres dont soull'rait l’empire ottoman, il jugea prudent de ne rien signer.
Dès que Napoléon le vit, il le pressa, le rudoya presque ; il se dit le meilleur ami des Turcs ; il leur garantit une indépendance absolue et durable : il les arrachera au sort de la Pologne ; il déchirera les articles onéreux que leur ont imposés les Russesau traité d’àassy ; il leur rendra la Crimée, il leur rendra la Géorgie : la mer Noire redeviendra « la fille des sultans ». Mais il faut qu’ils travaillent eux-mêmes à ce relèvement prochain, qu’ils le méritent, qu’ils opèrent de concert avec les Perses et les peuples du Caucase, que le pacha d’Erzeroum fasse sa jonction avec Abbas-Mirza, le fils du scliali, que la flotte turque, au lieu de s’immobiliser à l’entrée des Dardanelles, comme hypnotisée par les Russes de Ténédos, entre dans la mer Noire et porte des troupes de débarquement sur la côte de Crimée, que le grand-vizir franchisse enfin le Danube, et se hâte en Yalachie, en Moldavie, Arers le Dniestr, où les Français lui donnent rendez -
i. Affaires étrangères, Correspondance de Turquie : Yerninac à Talleyrand, i3 février.