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Archives Nationales, AF, IV, 1O

LE THAITÉ DE FENEENSTEIN

le patrimoine usurpé des enfants de Timour ; ce que les Persans ont fait tant de fois, ils peuvent le faire encore ; et qui pourrait leur résister s’ils avaient l’appui du héros de l’Occident? » Ces dispositions parurent à Napoléon des plus favorables, et il réserva à l’ambassadeur persan le meilleur accueil. Dès son passage à Vienne, Mirza-Riza était fêté par l’ambassadeur de France, Andréossy, et le Moniteur vantait « la justesse de ses observations, la vivacité de ses réponses et surtout la grâce et la politesse de ses manières1. » Il arriva àFinkenstein le 26 avril. Le lendemain, l’Empereur le reçut- Le surlendemain, il lui fit voir vingt bataillons d’infanterie de sa garde et différentes manœuvres dont cet ambassadeur ne pouvait avoir l’idée. Le 29, il lui accorda une nouvelle et très longue audience ; il l’entretint des antiquités de la Perse, des guerres des Parthes contre les Romains, de l’expédition d’Alexandre dans l’Inde, des vieilles capitales des Achéinénides. Le Ier mai encore, il fit manœuvrer devant lui trente escadrons de la garde à cheval avec trente pièces d’artillerie légère2. Jaubert n’avait pas été mieux traité par Fetb-Ali.

C’est que le besoin que la Perse avait de Napoléon répondait presque absolument maintenant au besoin que Napoléon avait de la Perse. L’accord était facile sur la plupart des points. L’Empereur était à la veille de faire contre la Russie un effort décisif: la résistance qu’elle lui avait opposée lui démontrait l’importance de l’entreprise, et il ne voulait négliger aucune précaution. La campagne qui allait s’ouvrir pouvait durer plusieurs semaines, plusieurs mois ; il convenait d’y concentrer toutes les ressources possibles. Or la Turquie faisait, selon ses moyens, une diversion sur le Danube ; la l’erse, au pied du Caucase, retiendrait une autre armée russe, et réduirait d’autant les contingents appelés par Alexandre Ier sur la Yistule. Elle serait l’extrême droite de la Grande Armée et achèverait vers la Caspienne le gigantesque croissant dont Napoléon enserrait la Russie depuis les côtes de la mer Baltique.

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