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Affaires étrangères, Correspondance de Perse, juin

rives du Don, qu’il faut que la Perse s’entende contre eux avec le sultan Sélim, qui est aussi leur ennemi, et qu’elle arrête toutes les communications des Anglais avec l’Inde.

Tl fait venir Jaubert à Finkenstein et lui demande un rapport circonstancié de sa mission1. Parti de Constantinople le i5 mai i8o5, Jaubert fut arrêté par les Turcs à la frontière persane, et retenu huit mois, très durement traité dans un cachot souterrain de Bayézid. La nouvelle de la victoire d’Austerlitz lui valut la liberté et la permission de passer la frontière. Il reçut en Perse l’accueil le plus empressé ; car « le nom de Bonaparte y est aussi grand déjà que celui d’Alexandre ; on ne l’appelle que le Grand Empereur ; on le croit destiné à changer la face de l’Orient ». Le schah lui accorda une audience solennelle, puis, Jaubert étant tombé gravement malade, lui donna les plus grandes marques d’intérêt, le prit souvent dans sa propre litière, l’entretint fréquemment.

L’ordre règne partout en Perse depuis l’avènement de Feth-Ali. L’armée principale, que commande Abbas-Mirza, est très mêlée ; elle compte les Kadjars de la garde impériale, des Awihars descendants des anciens Parthes, des Afghans, des Zend qui se vantent d’avoir compté dans leurs rangs le fameux Nadir-Schah ; mais elle est nombreuse et brave. Les Busses depuis trois ans n’ont fait aucun progrès sur la Koura et n’ont pu prendre Erivan, qui pourtant n’esl défendue que par des retranchements en terre et de mauvais fossés ; chaque hiver, ils s’en retournent prendre leurs quartiers à Tillis, « où ils ont transporté la dissolution de mœurs et le honteux libertinage qui à Pétersbourg passent pour civilisation et urbanité européenne ».

La Perse a de constantes relations commerciales avec Samarkand, Boukhara, le Thibet, avec Candahar et l’Inde. Il y a plus de 20000 Hindous dans les bazars de Téhéran, et ils sont tous remplis de haine contre les Anglais. Le sophi partage ce sentiment : « Si j’avais mis fin à cette guerre des Russes, rien ne m’empêcherait de reconquérir sur les Anglais

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