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II. — Le Traité de Tilsit

En vérité, il est difficile de croire que Napoléon ait jamais voulu fonder avec la Turquie une alliance solide et durable sans arrière-pensée d’ambition. Il y voyait, à ce moment, un moyen de guerre et ne l’utilisa que le jour où il voulut enfoncer contre la frontière russe une redoutable attaque. 11 avait envoyé Sébastiani à Constantinople au commencement de la campagne de 1806 ; il obtint la rupture entre la Porte et la Russie au moment où il entra en Pologne. Aussi bien n’eut-il pas non plus d’autre dessein à l’égard de la Pologne que de l’employer comme une avant-garde. Toute la tradition diplomatique de l’ancienne monarchie, fondée sur l’alliance de la Turquie et de la Pologne, entrait dans les combinaisons de la stratégie impériale. 11 n’en voulait pas, pour l’instant

1. Auguste Boppe, La mission de l'adjudanl-commnndant Mériarjeà Widdin (1807-1809). — Anna/es de l'Ecole libre des sciences politiques, i5 avril 188G.

du moins, tirer d’autre profit; il ne fut jamais, de son gré, un évocateur de nationalités anciennes ou nouvelles. Il avait d’autres pensées politiques, plus ambitieuses et plus chimériques.

Il trouvait que les Polonais n’avaient pas assez d’esprit politique pour mériter aussitôt l’indépendance ; il trouvait que les Turcs n’avaient pas les moindres qualités qui eussent permis la renaissance de leur grandeur, et sans doute il n’était pas dupe de sa propre éloquence quand il s’efforçait de « réveiller Sélim et l’Islam ». Comme la plupart de ses contemporains, peut-être tous, il croyait à la ruine prochaine de l’empire ottoman ; il ne le croyait même pas capable — et l’événement lui donnait raison — d’opposer une barrière solide aux empiétements de la Russie. Sébastiani, qui connaissait bien l’Orient, n’avait pas une opinion différente ; il écrivait au lendemain de la Révolution de Constantinople : « Mustapha n’a pas les lumières de son prédécesseur; il amènera la fin de sa maison. Mahmoud, le dernier rejeton delà famille d’Osman, est épileptique au dernier degré. La dynastie va s’éteindre naturellement h »

Jamais peut-être, depuis la campagne d’Egypte jusqu’à Sainte-Hélène, Napoléon ne pensa différemment au sujet de celui que les tsars allaient appeler « l’homme malade », à l’agonie si longue.

Certes, tant qu’il était en guerre avec la Russie et l’Angleterre, Napoléon mettait toute sa force à empêcher que la question ottomane ne fût posée : il ne fallait pas donner aux ennemis, mieux placés que lui pour en profiter, l’occasion de se partager l’héritage. 11 convenait, au contraire, de souffler un reste de vie à la Sublime Porte, pour la redresser un moment sur le Danube, pour empêcher la jonction des Anglais et des Russes vers les Détroits. Il fallait les empêcher de disposer de l’Orient comme il disposait de l’Occident. Il y réussit tant qu’il fut nécessaire et la mission de Sébastiani fut un des triomphes de la politique napoléonienne. Le

1. Archives Nationales, AF, IV, 1688, 5° dossier: dépêche du Ier juin

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danger passé, la Russie vaincue à Friedland, plus n’était besoin de cet effort ingrat.

Napoléon fondait de grandes espérances sur l’alliance russe: fallait-il les sacrifier à d’alliance turque? Il n’y songea point. Il n’avait point d’engagements fermes avec la Porte. Sébastiani avait heureusement obtenu une déclaration de guerre de la Porte à la Russie. La Turquie et la France étaient ensemble les ennemies de la Russie et de l’Angleterre. Elles n’étaient pas pour cela alliées, quelque subtil que paraisse ce raisonnement. Napoléon n’avait rien signé de décisif avec le sultan, ni avec l’ambassadeur ottoman qui suivait le quartier général de la Grande Armée, Emin-Vahid- Efl’endi. Celui-ci d’ailleurs, peut-être semblable à ces hauts fonctionnaires de Sélim qui n’étaient que les infidèles représentants de sa pensée et qui firent la révolution de Mai, était mal disposé à une alliance formelle avec la France, et les négociations qui s’étaient engagées entre lui et Caulaincourt à Tilsit, dans les premiers jours de juin, après la révolution de Constantinople encore ignorée, n’avaient pas abouti. La France et la Turquie ne s’étaient pas liées.

Si Napoléon avait adressé à « son ami Sélim » des lettres affectueuses qui pouvaient passer pour des engagements politiques entre loyaux souverains, elles ne pouvaient valoir autant dès que Sélim n’était plus sur le trône. Et même l’Empereur pouvait en quelque manière se sentir atteint par le malheur de son ami, et refuser d’aussi cordiaux sentiments à celui qui le tenait prisonnier, sous menace de mort. L’amitié pour Sélim pouvait avoir comme corollaire, en toute loyauté la rupture avec son successeur.

Cependant il est indéniable que Napoléon n'avait pas poui Sélim une amitié personnelle; il ne le connaissait pas; il ne prenait pas une grande part à son malheur. Il avait aimé en lui le sultan qui pouvait lui être utile contre les Russes, et Mustapha pouvait lui être aussi utile et ne lui donna que peu de raisons d’en douter. La Révolution de mai lui fut un prétexte commode pour expliquer la transformation de sa politique d’ailleurs beaucoup moins absolue qu’on ne le crut et qu’on ne l’a dit. Ce ne fut qu’un prétexte. L’entente

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avec la Porte avait tenu aux circonstances; les circonstances changées, l’Empereur y renonça sans vergogne, heureux de pouvoir sauver, tant bien que mal, les apparences.

La rupture ne fut pas complète aussitôt. Napoléon conserva, pendant plusieurs mois encore, des relations amicales avec la Turquie. 11 la sacrifia assez pour poi voir s’entendre avec la Russie, non pas assez pour donner libre carrière à l’ambition du tsar sur Constantinople et les 11 troits. Il contint les uns par les autres successivement se anciens et ses nouveaux alliés. 11 y fallut à sa diplomatie d'os prodiges de souplesse. Sans doute la fortune y contribua plus que son habileté même ; il n’en est pas moins remarquable que la Turquie, moribonde déjà, militairement plus faible que jamais, ait pu traverser ces années tumultueuses, pleine de terribles bouleversements pour les puissances les mieux assises, sans y périr, sans y laisser même un important lambeau de territoire. S’il est difficile d'excuser moralement l’abandon que Napoléon fit de l’alliance turque à Tilsit, il n’est que juste d'autre part de ne pas exagérer les conséquences de cette déloyauté dont la Porte d’ailleurs s’est amèrement plainte. Il n’est pas sûr que le traité de Tilsit n’ait pas été le salut de la Turquie.

Les contemporains s’y trompèrent. Bien peu connurent la pensée de Napoléon sur la question ottomane, et c’est un des points les plus délicats oit la postérité, mieux éclairée peut-être, ait à se prononcer. Beaucoup crurent, songeant à l’expédition d’Egypte et voyant l’Empereur s’attacher à l’alliance russe, qu’il était décidé à permettre, à hâter le démembrement de l’empire ottoman. On citait de lui quelques paroles qui semblaient ne laisser aucun doute sur sa volonté de renverser cet empire, de prendre une part de ses dépouilles ; on rattachait à cette intention l’annexion de la Dalmatie à la Erance et les instructions données au duc de Raguse. On aurait pu citer aussi des paroles non moins impériales sur la nécessité d’assurer l’intégrité de l’empire ottoman, de contenir par lui les Russes de la mer Noire, les Anglais de la Méditerranée. Mais lors de l’entrevue de Tilsit, on crut généralement que le moment du

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partage turc était venu, que c’était le fond de la pensée napoléonienne. ,

Le ministre de Frédéric-Guillaume III, M. de Hardenberg, espéra même trouver le salut de la Prusse et l’occasion pour lui de jouer un grand rôle. Dès le 23 juin, avant la première entrevue du tsar et de Napoléon, il remit à Alexandre I"r un plan général de pacification, dont il ne doutait point « \’il serait la base des négociations 'prochaines1. C’est un exenn j nouveau du cynisme inconscient des hommes d'Etat prussien, qui proclamaient volontiers l'incomparable grandeur de la politique de Frédéric II et la prenaient toujours pour modèle. De même, avant Iéna, ils affirmaient la supériorité de l’armée qu’il avait formée. La Prusse avait été vaincue, presque tout entière conquise; la Turquie était l’alliée du vainqueur: il convenait que la Turquie payât les frais de la guerre, que la Prusse eut une part du butin.

En effet, comme sanction des batailles d’Iéna et d’Auerstœdt, d’Eylau et de Friedland, Hardenberg proposait le démembrement de l’empire ottoman : la Russie prendrait les principautés de Moldo-Yalacbie, la Bulgarie, la Roumélic d’Andrinople, Constantinople et les Détroits; — l’Autriche aurait la Dalmatie, la Bosnie, la Serbie; — la France aurait la Grèce et les îles. De la sorte, l’Autriche et la Russie, ainsi que la Prusse, pourraient renoncer à leur part de Pologne ; la Pologne serait refaite et donnée au roi de Saxe. — Hardenberg se persuadait qu’il allait au-devant de l’un des plus chers désirs de Napoléon. — La Prusse enfin aurait la Saxe, et aussi les Villes Hanséatiques, avec la permission de fonder sous son hégémonie une Confédération de l’Allemagne du Nord.

« Frappant exemple de l’obstination tenace d’un homme d’Etat prussien ne songeant, au milieu des plus grands revers, au moment même où l’existence de la Prusse était mise en question, qu’à assouvir les appétits territoriaux, la rage d’expansion de la monarchie des Ilohenzollern2. »

i. A. Vandal, Napoléon et Alexandre Ier, I, [>. 71. — Cf. Ranke, llardenberg’s Denkwlirdiglceiten, III, 458-464.

a. S. Tatistcheff, Alexandre Ier et Napoléon, i32.

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Ce n’est pas que le plan de Ilardenberg manque de logique. 11 s’accordait assez bien avec les traits essentiels que l'on imaginait à la politique de Napoléon. Il s’inspirait •directement de la tradition diplomatique du grand Frédéric: lui aussi en 1772, il avait détourné Catherine II de la Turquie sur la Pologne et avait eu ainsi sapait des victoires russes ; Ilardenberg pensait détourner Napoléon de la Prusse sur la Turquie. Mais en 1772 Frédéric II était puissant et pouvait dicter ses conditions à l’impératrice de Russie; en 1 807, Frédéric-Guillaume III n’avait plus ni armée ni royaume.

Alexandre 1e1' prêta peut-être quelque attention à ce plan audacieux ; il n’eût point été fâché sans doute que la bataille de Friedland eût de telles suites. Il le communiqua peutêtre à Napoléon ; mais celui-ci ne paraît pas en avoir goûté les beautés. Dans l’un des premiers entretiens qu’il eut avec le roi de Prusse, il déclara, avec sa brièveté ordinaire, que M. de Ilardenberg n’avait pas sa confiance, qu’il désirait que le roi fût représenté aux négociations de Tilsit par un autre plénipotentiaire, qu’il conviendrait même, dans l’intérêt de la Prusse, qu’elle eût un autre premier ministre. Non seulement M. de Hardenberg n’eut aucune part aux délibérations de Tilsit, mais il abandonna bientôt le pouvoir pour quelques mois. Juste récompense du plan sur lequel il avait fondé tant d’espérances.

Il semble qu’au moment de l’entrevue de Tilsit, le gouvernement russe ait admis volontiers la nécessité pour lui de l'aire des sacrifices, de payer de quelques concessions la défaite de Friedland. 11 ne songea point d’abord à en tirer du profit ; car il ne put songer aussitôt à la possibilité d’une alliance intime avec la France. La plupart des conseillers cl’ Alexandre s’y refusaient même absolument.

C’est pourquoi le tsar, désirant avant tout le rétablissement du roi de Prusse, se montrait prêt à s’accommoder avec la Porte : il abandonnerait quelques-uns des avantages assurés à la Russie par les derniers traités ; il renoncerait au droit de passage pour ses vaisseaux de guerre à travers les Détroits ; il renoncerait à intervenir dans la nomination des hospodars

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de Moldavie et de Valachie ; il évacuerait les deux principautés, les îles Ioniennes, les bouches de Cattaro ; il rappellerait toutes ses flottes de la Méditerranée1. A ce prix, il n’eût pas trouvé la dernière guerre trop coûteuse. À ce prix, il eût évité l’alliance française, à laquelle il répugnait encore, à laquelle répugnait surtout son chancelier, le baron de Budberg, et avec lui presque toute la noblesse russe.

Curieux pourtant des secrets desseins que Napoléon nourrissait peut-être à l’égard de la Turquie et que chacun lui attribuait généreusement, Alexandre ne se refusait pas d’avance à entretenir la conversation sur la situation de l’empire ottoman et sur son démembrement éventuel. Il attendait Napoléon à ses offres, disposé, si elles étaient alléchantes, à sacrifier à son alliance ses propres répugnances et celles de son entourage.

Or Napoléon voulait l’alliance de la Russie. Il ne voulait pas signer avec elle un traité quelconque qui la laisserait au rang de ses ennemis, comme la Prusse ou comme l’Autriche. 11 voulait une entente cordiale avec elle contre l’Angleterre. 11 voulait la tenir dans son « système ». Le baron de Budberg ne pouvait être l’homme d’une telle négociation. Le tsar satisfit aux désirs de Napoléon et à sa propre curiosité en confiant les fonctions de plénipotentiaire au prince Ivourakine. Aussi bien les négociations lurent-elles en réalité conduites par les deux souverains eux-mêmes ; les ministres ne furent en cette affaire que leurs secrétaires. Il est bien des paroles même, entre eux, qui n’eurent aucun témoin.

Il n’y a pas lieu de redire ici tout au long les entretiens de Tilsit dont plus tard le tsar fit confidence aux ambassadeurs que Napoléon accrédita auprès de lui : on ne saurait refaire le magistral récit de M. Albert Vandal. Tout de suite Napoléon, négligeant les bagatelles, parla de l’Orient, de l’empire ottoman, de la nécessité d’y porter une attention constante, de la mission civilisatrice à y accomplir en chassant de l’Europe la barbarie turque. Ce n’était pas uniquement jeux d’imagination et d’éloquence ; l’Empereur

i. S. Talistchef, Alexandre Ier et Xapoléon, p. i44> note.

était sincère quand il parlait de régénérer l’Orient. Mais surtout il voulait gagner le jeune tsar ; il voulait l’attacher à sa fortune ; il voulait le tenir par la perspective des plus brillantes conquêtes. Il lui montrait Sainte-Sophie au bout de la voie où il voulait l’entraîner avec lui ; mais il ne reconduirait pas aussitôt : il fallait que la Russie donnât des gages incontestables d’amitié ; il fallait qu’elle méritât cette merveilleuse récompense. Le tsar et ses conseillers avaient méconnu la valeur de l’alliance française ; on leur en disait le prix ; à eux de se décider ; à eux de comparer les déboires de leur politique précédente avec les profits qu’une autre politique leur réservait.

Napoléon avait connu la révolution de Constantinople dans les derniers jours de juin ; il l’avait apprise par la voie de son ambassadeur à Vienne. Il en ignora d’abord le caractère exact, l’attribua à bon droit, en sa pensée, à des querelles intérieures, pensa qu’elle ne modifierait en rien la politique de la Porte à son égard. C’est pourquoi il n’en parla point tout de suite au tsar ; il était encore obligé à la réserve.

Les premières dépêches de Sébastiani l’irritèrent, tout en lui fournissant le prétexte dont il avait besoin pour se délier de ses engagements avec la Porte : la Révolution avait été accueillie avec enthousiasme par tous les ennemis de l’influence française en Turquie ; les Français en maintsi endroits avaient été insultés ; le nouveau sultan avait négligé de faire connaître son avènement à l’ambassadeur de France, lui reprochant sans doute l’amitié particulière dont Sélim l'avait honoré ; sur la demande de Sélim, quelques centaines de canonniers étaient en route de Dalmatie à Constantinople; le nouveau gouvernement les avait invités à retourner sur leurs pas, et ils avaient été l’objet, au milieu des provinces turques, de quelques mauvais procédés. Cela ne prouvait pas évidemment de mauvaises dispositions de la Porte à l’égard de la France ; car ces manifestations étaient le résultat naturel du fanatisme excité en général contre tous les chrétiens. Mais Napoléon était en droit de s’en inquiéter. Il était en droit du moins de constater qu’il ne pouvait faire

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fond sur l’alliance ottomane et qu’elle n’était plus pour être mise en balance, dans ses conceptions, avec l’alliance russe qui maintenant s’offrait.

Un jour qu’à Tilsit il passait avec Alexandre une revue de troupes, il reçut des dépêches de Constantinople et les montra à son nouvel ami : « à oilà, dit-il, un décret de la Providence, qui me dit que l’empire turc ne peut plus exister. »' Et ce soir-là, ils causèrent longuement de Constantinople et des grandes choses qu’un jour ils y pourraient accomplir. Alexandre fut définitivement conquis : la question de Constantinople était posée et il ne pouvait la résoudre sans Napoléon. Il se donna de tout cœur d’abord à l’alliance française. L’œuvre de séduction entreprise par Napoléon était achevée.

On a fixé à cette confidence théâtrale de l’Empereur le moment précis du revirement de sa politique. On a dit : avant ce moment, il ne voulait pas entrer dans la voie du partage turc ; à partir de ce moment, il y fut décidé1 2.

Il est bien difficile d’admettre que Napoléon ait bouleversé aussi complètement tous ses plans, qu’après avoir éloquemment dénoncé les dangers de la barbarie russe, il se soit tout d’un coup, sur une dépêche d’un ambassadeur, résolu à lui livrer une part de l’Orient, le chemin de la Méditerranée. Ce serait lui attribuer un tempérament politique singulièrement capricieux, ou une étrange facilité à donner son amitié à un ennemi jusque-là acharné ; ce serait affirmer qu’en quelques heures il a été aveuglé, séduit par les gracieuses manières de son interlocuteur. Napoléon ne paraît pas avoir été si facile à séduire par qui que ce fût.

Bien plutôt, la scène du « décret de la Providence » a tous les caractères d’une scène arrangée. Il savait admirablement ménager ces coups de théâtre pour forcer l’intérêt. Il sentait évidemment chez le tsar une défiance naturelle à l’égard de toutes ses alléchantes promesses sur l’Orient : il avait lié partie avec le sultan, obtenu à Constantinople d’éclatants

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