DROIT DE RÉUNION
M. Eugène Pelletan. Et TAngleterre, et la Suisse, et la Belgique?
M. Jules Simon. Vous dites que ce ne sont que des mots. C'est là une injure, ce n'est pas une réponse, je ne puis l'accepter; c'est manquer à un député qui dis^ cuteson opinion; c'est le droit de la tribune qui est compromis. (Bruits divers.)
M. LE président Jérôme David. Permettez-moi de vous faire observer, Monsieur Jules Simon, que votre insistance à répéter au gouvernement qu'il a peur est nécessairement mal acceptée par ses représentants dans cette Chambre. (Très-bien I Très-bien ! — C'est vrai!)
M. Jules Favrb. Nous ne sommes pas ici pour nous faire des compliments.
M. Jules Simon. Je demande des raisons, et je ne puis pas trouver bon qu'on dise que mes arguments ne sont que des mots.
M. LE PRÉSIDENT JÉRÔME David. Le gouvernement de son côté peut être blessé qu'on dise avec insistance qu'il a peur.
M. Paul Bethmont. Mais c'est le président qui interrompt au lieu de présider! (Murmures et cris : A V ordre ! sur divers bancs.)
M. LE PRÉSIDENT JÉRÔME David. Je présido comme il convient, sinon à votre gré. (Très-bien I Très-bien!)
M. Jules Simon. C'est un incident sans importance.
M. LE ministre d'État. Je déclare à l'honorable M. Jules Simon que je n'ai entendu ni son observation ni les interruptions qui l'ont suivie; elles se sont perdues dans le bruit, et je ne puis y répondre.
Quand j*ai dit, à propos de quelques-unes de ses paroles : « Ce sont des mots et non pas des arguments, » ce n'est pas une injure que je lui adressais, c'est une appréciation que je faisais de son raisonnement.
M. Jules Simon. Peu importe I je n'attache pas d'im-
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portaDce h cela. J'ai dit un mot qui était tombé et tout était fini; mais ce mot a été relevé et est devenu la cause de Tincident.
Tout 06 que je désire, c*6st que vous vouliez bien ré- ))ondre é. T^rgumentation que je viens de faire, et je verrai et on verra aussi par la réponse si cette argumentation ne contient que des mots; ou si» par hasard, elle contenait des faits. Pour moi, je crois qu'elle contient des faits, et je suis convaincu que, si la loi passe telle que vous la voulee, cette argumentation reviendra plus d'une fois à l'esprit de ceux qui la liront. (Vive approbation et appUudistfements à la gauche de l'orateur.)