PREFACE XXIX
gné tout ce que le libéralisme a perdu de contact et de liaison avec Vespril de notre temps, (.'est un autre fait historique : la superstition des idées de 1789 s'est évanouie. Hors d'un très petit monde fort restreint à gauche et à droite, les libéraux vivaces forment une race oubliée. Et même parmi ceux qui s'imaginent y croire encore, ces idées prennent figure de corps morls et de survivances. Nos contemporains, fussentils sillonnisles, auraient quelque peine à concevoir l'ancienne puissance du verbiage libéral. Mais, il n'y a pas plus de cinquante ans, en 1862, un homme aussi intelligent et aussi détaché qu'Adolphe Thiers, pouvait écrire sans plaisanter : « Napoléon n'avait que l'instruc- « tion qu'il est possible de recevoir dans une « bonne école militaire, mais il était né au « milieu des vérités de 1789, et ces vérités, « qu'on peut méconnaître avant qu'elles fus- « sent révélées, une fois connues deviennent « la lumière à la lueur de laquelle on aperçoit « toutes choses l. »
Ainsi, en 1862, les idées de la Révolution française faisaient office de soleil, elles donnaient encyclopédiquemenl la « lumière », une lumière « à la lueur de laquelle » le Napoléon de Thiers avait découvert le grand Tout.