‹ La Politique religieuseChapitre 18 sur 92 · XXXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXII PRÉFACE

existent et elles ont été comblées. Double fait qui mérite que l'on ij prenne garde quand on veut méditer sur les difficultés et les facilités de la réunion des Français.

Du point où vous étiez placé vers la dixseptième ou la dix-huilième année de voire âge, toutes les apparences devaient vous porter à concevoir l'action du clergé catholique comme une immense fourbe organisée pour conspirer successivement avec les puissants et avec les faibles pour les exploiter tour à tour. Un autel catholique pouvait et devait vous apparaître alternativement comme le perturbateur de l'État et b'. somnifère du peuple. Sans doute, une raison et un jugement exercés pouvaient aussi tirer des spectacles politiques passés ou contemporains des objections embarrassantes pour celte doctrine : l'Étal s'appelle assez fréquemment Henri VIII; le peuple affiche parfois des goûts de septembriseur; ni l'Étal ni le peuple n'apparaissent toujours à l'esprit réfléchi dans une majesté supérieure à toute censure. Calmer le peuple ou braver l'État ne pouvaient vous sembler nécessairement criminel. De plus, dès l'aurore de l'affaire Dreyfus, vous suiviez de fort près les manœuvres de deux ou trois clergés qui n'avaient rien de catholique, et cela proposait un élément nouveau à votre réflexion.

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