PRÉFACE XLVI
liques pour cette compagnie ne vient pas seulement du sentiment de la faiblesse de leur effectif ou de leur solitude, ni de celle illusion qu'en appuyant à gauche, ils auront davantage ce qu'ils appellent bonnement « l'oreille du public »; ces catholiques libéraux ont aussi un instinct très juste : ôlés ces Juifs et ces Protestants, ces Métèques et ces Maçons, ôtée leur clientèle, ôtée l'oligarchie étrangère ou demiétrangère aujourd'hui maîtresse de tout, et la République actuelle se trouve décapitée de tous ses grands et petits chefs; le personnel de la République s'évanouit! Aynard est peu de chose sans Siegfried et Reinach; mais Pion diminué d' Aynard n'est plus rien qu'une âme sans corps. La bonne République a besoin des pires républicains, juifs, protestants, maçons, métèques; en les caressant, en s' alliant à eux ou à leurs alliés, la bonne République avoue son sentiment secret que l'oligarchie étrangère ou demi-étrangère doit aussi demeurer son « ossature », comme elle est déjà l'ossature de la République de Reinach et de Steeg.
Encore si l'on pouvait penser que la mauvaise République aura toujours besoin du concours, des suffrages ou même de l'argent de ces républicains de droite! Mais elle ne s'adresse jamais à ces Messieurs que dans les jours diffi-