XLVIII PRÉFACE
ciles el quand il s'ayil de la soustraire à un péril pressant. Une fois le pas franchi, serviteur ! Ceux qui ont tendu la main la retirent, ceux qui ont ouvert la porte la referment en ayant soin de rejeter les intrus au dehors. Les protestants de l'espèce des Spuller el des Pressensé, qui avaient tant parlé de l'esprit nouveau en 1894, furent les plus prompts en 1898 à dénoncer le pacte, en criant que les catholiques antidreyfusards le rompaient.
Et ces cris n'étaient même pas soufflés par la mauvaise foi. En voyant des conservateurs adhérer à la République, ces vieux républicains avaient facilement prêté aux nouveaux venus leurs vieilles rêveries contre la patrie ou l'armée cl sur le primat de l'individu : lorsque quatre ans plus lard, ils virent l'état d'esprit nationaliste et traditionnel, l'état d'esprit vieille France, de néo-républicains tels que M. de Mun, les Spuller ou les Pressensé purent se croire trahis. Leur scandale, parfois sincère, était ressenti et manifesté avec d'autant plus de vivacité et de force qu'il s'accordait avec l'intérêt. L'intérêt du vieux parti républicain en 1894, après Panama et l'Anarchisme, avait été de s'ouvrir el de s'étendre, mais, en 1898, à l'affaire Dreyfus, il était de se resserrer el de s'épurer.
Depuis, selon l'expression d'un publicisle