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PREFACE XLIX

libéral (Junius de /'Écho de Paris), qui voit le phénomène et ne l'explique pas, il arrive que les plus braves gens du monde, quand ils s'affirment et se croient bons républicains, s'entendent répondre par les membres du Vieux Parti : — Non, pas du tout, vous n'en êtes pas... Et le ton même de la réclamation de Junius indique bien que les républicains de sa sorte ne sont pas des sectateurs bien farouches du gouvernement collectif ni du régime électif :

« Vainement, ces exilés de l'intérieur s'in- « terrogent, s'examinent. S'ils ne sont pas, « peut-être, des républicains d'enthousiasme, « ils sentent bien qu'ils sont des républicains « de raison ou de résignation. S'ils ne le sont « pas tous parce qu'ils sont convaincus que « la République est toujours, quels que soient « les temps et les hommes, le meilleur des « gouvernements, ils le sont parce qu'il leur « semble qu'en ce temps-ci et dans ce paysce ci, ils n'ont pas beaucoup de choix et que « le meilleur des gouvernements est le gou- « vernement possible, un gouvernement. S'ils « ne proclament pas la forme républicaine « supérieure à toutes les autres, ils ne sau- « raient lui contester cette espèce de supé-

L PRÉFACE

« riorité que la dernière des haridelles a, en « définitive, sur la jument de Roland, d'être « en vie lorsque l'autre est morte 1. »

Ce sophisme du gouvernement existant peut échapper parfois à Vèlourderie de quelques bons Français, inailentifs à celle vérité évidente que la bonne République, restant à établir, n'est pas plus « en vie » que la Monarchie. Mais un Français normal ne saurait pas plus jurer la haine des rois, qui ont fait la France, que la haine de l'Église, qui a civilisé la pairie. Un Français normal ne nourrit pas contre les rois les passions historiques, les rancunes héréditaires ou traditionnelles du Vieux Parti Républicain — juif, protestant, maçon, métèque. En ce sens, le minisire Chaumel a eu raison de dire, selon le mol de Gambella, que c'était là question de « tripe » et « de tripe démocratique ». N'entendons point : tripe populaire ou populacière. On a tripe démocratique et, avec elle, les autres viscères, et le sang qui y circule, dûment prédisposés à la démocratie quand on n'a participé à l'histoire de France que depuis 1789, ou quand on s'en est séparé entre 1560 et 1685, ou quand on est arrivé de Francfort et de Hambourg depuis deux ou

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